Syrie-L'armée avance au nord d'Alep, les hôpitaux près du chaos

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    * Des dizaines de raids aériens au cours de la nuit 
    * L'armée appelle les rebelles à quitter la ville 
    * La situation sanitaire est désespérée 
    * L'Onu demande un arrêt des combats 
 
    par Lisa Barrington 
    BEYROUTH, 2 octobre (Reuters) - L'armée syrienne et ses 
alliés ont poursuivi dimanche leur progression au nord d'Alep, 
profitant de bombardements intensifs toute la nuit sur les 
quartiers est de la ville, rapportent les médias gouvernementaux 
et l'OSDH. 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme et la télévision 
syrienne ont indiqué que les soldats soutenus par des milices 
iraniennes et libanaises ont progressé en direction du sud à 
partir du camp d'Handarat, situé au nord d'Alep, dont ils ont 
repris le contrôle en début de semaine. 
    Les forces pro-Assad ont commencé à pénétrer dans la zone 
industrielle de Choukaïf où des affrontements se sont produits 
dans l'après-midi, a précisé Zakaria Malahifdji, membre du 
groupe rebelle Fastakim, retranché dans la ville. 
    L'OSDH fait état, pour sa part, de violents combats le long 
de la ligne de front qui sépare l'agglomération en deux. 
    La partie orientale d'Alep, assiégée depuis le mois de 
juillet après la fermeture de la route du Castello par laquelle 
transitaient les ravitaillements, est l'objet d'une campagne de 
bombardements aériens sans précédent de la part de l'aviation 
russe et de l'armée de l'air syrienne. 
    Des dizaines de raids ont été menés au cours de la nuit et 
ils se poursuivaient dans la journée de dimanche. 
    Accentuant sa pression et comme il l'a fait dans d'autres 
centres urbains, le régime syrien a appelé les rebelles à 
quitter la partie orientale de la ville, leur promettant 
d'assurer leur passage et de leur fournir l'assistance 
nécessaire. 
    "Le haut commandement de l'armée appelle tous les 
combattants armés dans la partie orientale d'Alep à quitter ces 
quartiers et à laisser les civils vivre normalement leur vie", 
indique un communiqué diffusé par l'agence de presse syrienne 
Sana. 
    "Les Russes et la direction militaire syrienne garantiront 
un passage sûr des combattants et leur fourniront l'aide 
nécessaire", poursuit le texte. 
     
    SITUATION AU-DELÀ DE LA DÉSOLATION 
    Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'Onu en 
chargé des affaires humanitaires, s'est dit "profondément 
inquiet face à la férocité des bombardements sur l'est d'Alep" 
et a renouvelé l'appel en faveur d'une pause dans les combats. 
    "Les infrastructures sanitaires sont au bord de 
l'effondrement avec des patients qui ne peuvent être soignés et 
une absence de médicaments pour traiter les maladies les plus 
bénignes", a-t-il dit. 
    "Les faibles réserves en eau potable et alimentaires font 
que le nombre de personnes nécessitant une évacuation médicale 
d'urgence risque de s'accroître de manière spectaculaire dans 
les prochains jours", a-t-il poursuivi. 
    Le principal centre de soins d'Alep-Est a été gravement 
endommagé samedi par des frappes aériennes et a été contraint de 
fermer. Deux patients ont été tués. 
    Touché à plusieurs reprises par des bombardements depuis le 
mois de juillet, l'hôpital a été frappé par trois fois cette 
semaine, rapporte la société médicale syro-américaine (SAMS). 
    "La situation à Alep est au-delà de la désolation. Des gens 
sont prisonniers sous les décombres et nous ne pouvons pas les 
secourir en raison de l'intensité des bombardements. Nous 
implorons de l'aide pour que cesse le pilonnage", a déclaré 
Mohamed Abou Radjab, infirmier de la SAMS. 
    Sur le terrain diplomatique, le ministre russe des Affaires 
étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry 
se sont de nouveau entretenus au téléphone d'une éventuelle 
"normalisation" de la situation à Alep. 
    Les Etats-Unis ont menacé ces derniers jours de suspendre 
les discussions visant à ranimer l'accord de cessez-le-feu 
conclu le mois dernier entre Washington et Moscou tant que les 
bombardements se poursuivent. 
     
 
 (Lisa Barrington; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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