Syrie-Kerry juge possible plus de coopération avec Moscou

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ABOU DHABI, 23 novembre (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a estimé lundi qu'il était possible d'élargir la coopération avec la Russie sur la Syrie, tout en ajoutant que cette perspective ne devait pas dissuader les groupes rebelles de tenter de renverser le régime de Bachar al Assad. John Kerry a été reçu lundi par le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Mohamed ben Zaïed al Nahayan, avant de s'entretenir avec le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al Djoubeïr, des moyens de fédérer les organisations de l'opposition lors de la conférence qui se tiendra en décembre à Ryad. Aux yeux du chef du département d'Etat, une plus grande coopération est possible avec Moscou si les circonstances s'y prêtent, et elle pourrait déboucher sur des "possibilités constructives". Il a assuré aux journalistes qu'il était toutefois erroné de penser que les décisions prises par Washington contribuaient à maintenir au pouvoir le président Bachar al Assad. "Si certaines entités se disent que ce que nous faisons va aider Assad à se maintenir, cela complique la situation", a dit John Kerry. "Aussi devons-nous agir de manière à rassurer ceux qui combattent Assad depuis quatre ans", a-t-il continué. Khaled Khodja, président de la Coalition nationale syrienne (CNS, opposition soutenue par l'Occident), a déclaré lors d'une conférence de presse lundi à Istanbul que son organisation avait reçu une "invitation verbale" de l'Arabie saoudite à participer à la conférence de l'opposition en décembre à Ryad. "Nous espérons que nous repartirons de cette conférence (...) avec un résultat qui permettra d'accélérer la mise au point d'une solution politique", a dit Khaled Khodja, en ajoutant que la CNS se félicitait de l'initiative de l'Arabie saoudite. Il a réaffirmé en outre la position de son organisation, à savoir qu'il ne pourrait y avoir de solution de paix en Syrie sans un départ d'Assad. De leur côté, le président russe Vladimir Poutine et le guide suprême de la Révolution iranienne Ali Khamenei, cités par un porte-parole du Kremlin, ont estimé lundi à Téhéran que les grandes puissances ne pouvaient pas imposer leur volonté politique à la Syrie. Pour l'ayatollah Khamenei, la politique menée par les Etats-Unis dans la région est une menace à la fois pour l'Iran et pour la Russie. "Les Américains ont de longue date le projet de dominer la Syrie et ensuite l'ensemble de la région. C'est une menace pour l'ensemble des pays, notamment la Russie et l'Iran", a-t-il déclaré à Vladimir Poutine. (Sylvia Westall; Eric Faye pour le service français)

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