Syrie-Kerry, en visite à Moscou, réclame des "initiatives concrètes"

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    MOSCOU, 15 juillet (Reuters) - Vladimir Poutine a reçu jeudi 
le secrétaire d'Etat américain John Kerry, venu à Moscou lui 
proposer un renforcement de la coordination militaire en Syrie, 
malgré les doutes que le projet suscite à Washington.  
    Le Pentagone et la Maison blanche ont invité la Russie à 
faire la preuve de sa détermination à combattre les djihadistes 
de l'Etat islamique (EI) et à démontrer que son engagement en 
Syrie ne vise pas seulement à soutenir Bachar al Assad.  
    Le chef de la diplomatie américaine s'est lui aussi montré 
ferme à l'issue de son entretien avec le président russe. "Le 
secrétaire (d'Etat) Kerry a souligné qu'en l'absence 
d'initiatives concrètes à court terme, les efforts diplomatiques 
ne pourraient se poursuivre indéfiniment", a averti son 
porte-parole John Kirby.  
    John Kerry propose la création d'un centre où les Etats-Unis 
et la Russie pourraient partager leurs informations et 
coordonner les raids aériens contre l'EI et le Front al Nosra, 
aile syrienne d'Al Qaïda, ce qui n'est pas du goût de 
l'état-major ni des services de renseignement américains. 
  
    Le secrétaire à la Défense Ashton Carter a exprimé son 
soutien aux efforts du secrétaire d'Etat pour encourager Moscou 
"à faire ce qu'il faut" en Syrie, mais s'est également dit "très 
sceptique" quant aux intentions russes. 
    "Si les Russes sont prêts à faire ce qu'il faut en Syrie, le 
secrétaire à la Défense sera ouvert à cette conversation. Mais 
nous attendons de voir la suite (...) Nous ignorons encore si 
nous parviendrons à un accord", a souligné Peter Cook, 
porte-parole du Pentagone. La Maison blanche a elle aussi réagi 
avec prudence.  
    "Le moment est venu pour la Russie de prendre des décisions 
sérieuses sur la façon d'user de son influence en Syrie, tant 
sur le plan diplomatique que sur celui de ses capacités 
militaires", a estimé Josh Earnest, lors de son point de presse 
quotidien.  
    "Ils (les Russes) doivent décider s'ils veulent utiliser des 
moyens militaires pour soutenir le régime d'Assad ou pour lutter 
contre les extrémistes. Selon nous, on ne peut pas faire les 
deux", a ajouté le porte-parole de la présidence.  
    Elizabeth Trudeau, son homologue du département d'Etat, a 
reconnu que les projets de John Kerry avaient donné lieu à "une 
conversation très vive et énergique" entre représentants des 
instances gouvernementales. 
 
 (David Brunnstrom, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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