Syrie, Iran et évasion fiscale au menu du sommet des pays du G8

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LE SOMMET DU G8 S'OUVRE SUR LA SYRIE, L'IRAN ET L'ÉVASION FISCALE
LE SOMMET DU G8 S'OUVRE SUR LA SYRIE, L'IRAN ET L'ÉVASION FISCALE

par Guy Faulconbridge et Kate Holton

ENNISKILLEN, Irlande du Nord (Reuters) - La guerre civile en Syrie, la nouvelle donne en Iran après l'élection du modéré Hassan Rohani et la lutte contre l'évasion fiscale sont les principaux dossiers au programme du sommet du G8 qui s'ouvre pour deux jours lundi en Irlande du Nord.

En ce qui concerne le dossier syrien, le président américain Barack Obama tentera de convaincre son homologue russe Vladimir Poutine d'amener le président syrien Bachar al Assad à la table des négociations pour mettre fin à deux années d'un conflit qui a fait plus de 90.000 morts.

Les chefs d'Etat américain et russe, qui ne se sont pas rencontrés en tête à tête depuis un an, doivent se rencontrer à partir de 18h30 (17h30 GMT) au golf de Lough Erne situé à une dizaine de kilomètres d'Enniskillen.

Leurs retrouvailles s'effectuent dans un climat tendu, alors que Washington, convaincu du recours aux armes chimiques par les troupes syriennes, a promis un soutien militaire aux rebelles syriens et veut créer une zone d'exclusion aérienne en Syrie, idée formellement rejetée par la Russie.

Etroitement lié au dossier syrien, le dossier iranien sera également évoqué après l'élection du religieux modéré Hassan Rohani à la présidence de l'Iran. Les combattants du Hezbollah libanais chiite, soutenus par Téhéran, interviennent aux côtés de Bachar al Assad dans la guerre en Syrie.

Washington s'est empressé de saluer le résultat de la présidentielle iranienne après huit années de règne de Mahmoud Ahmadinejad. Les Etats-Unis se disent prêts à trouver une "solution diplomatique" au contentieux entourant la nature exacte du programme nucléaire iranien.

Hassan Rohani a déclaré lundi qu'il souhaitait renouer des relations constructives avec le reste de la planète.

Le Premier ministre britannique David Cameron, hôte du sommet, sera par ailleurs vraisemblablement interrogé sur les allégations du quotidien The Guardian selon lesquelles la Grande-Bretagne a intercepté des conversations téléphoniques et espionné les ordinateurs de participants à deux réunions du G20 à Londres en 2009.

OPTIMISATION FISCALE

En dehors de la diplomatie proche-orientale, les pays du G8 espèrent aussi avancer sur les questions économiques et financières et notamment sur le dossier de l'évasion fiscale.

Ensemble, les huit (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon plus la Russie) représentent un peu plus de la moitié de l'économie mondiale estimée à 71.700 milliards de dollars (53.700 milliards d'euros).

Selon un projet de communiqué obtenu par Reuters, les chefs d'Etat et de gouvernement les plus puissants de la planète devraient se montrer insatisfaits de l'état de leurs économies qui ne sont pas encore remises des conséquences de la crise économique et financière. Ils devraient donc se prononcer en faveur de nouveaux efforts de relance.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe devrait profiter de l'occasion pour expliquer à ses partenaires les diverses mesures mises en place pour relancer la croissance dans son pays, les "Abenomics", au moment même où la planète financière se prépare à être sevrée des politiques généreuses mises en place par les banques centrales pour stimuler la liquidité.

La Réserve fédérale des Etats-Unis, dont le président Ben Bernanke ne sera pas présent en Irlande du Nord, a en effet laissé entendre fin mai qu'elle pourrait progressivement renoncer à faire jouer la planche à billet.

Quant à l'évasion fiscale dont David Cameron a souhaité faire une partie importante de l'ordre du jour à Enniskillen, le Premier ministre britannique a pris les devants en annonçant samedi avoir convaincu dix territoires d'outre-mer ou dépendances de la Couronne considérés comme des paradis fiscaux, dont les îles Vierges et les Caïmans, de signer un traité international sur la transparence bancaire.

Toutefois, le G8 ne devrait pas aboutir à l'adoption d'une mesure commune visant à contraindre les entreprises à rendre publics leurs profits, leurs chiffres d'affaires et leurs impôts sur une base pays par pays malgré les pratiques d'"optimisation fiscale" auxquelles se livrent les grands groupes internationaux pour payer moins d'impôt.

Enfin, les dirigeants de l'Union européenne et des Etats-Unis devraient lancer officiellement les négociations sur le traité de libre échange entre les deux blocs, le TIIP, après le compromis trouvé vendredi excluant les questions culturelles des discussions.

Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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