Syrie-Hollande n'a pas de "retour" sur une responsabilité de la France

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    * Cinquantaine de civils tués dans des frappes de la 
coalition 
    * Damas accuse la France d'être derrière une frappe 
    * Paris ne prête "aucun crédit" aux propos de Damas 
 
 (Actualisé avec précisions, déclarations) 
    DUBLIN, 21 juillet (Reuters) - François Hollande a déclaré 
jeudi ne pas avoir de "retour" sur une éventuelle responsabilité 
de la France dans des frappes menées près de la ville de Manbij, 
dans le nord de la Syrie, qui ont tué mardi plus d'une 
cinquantaine de civils. 
    Selon le ministère syrien des Affaires étrangères, la frappe 
de mardi, qui a touché le village de Toukhan, au nord de Manbij, 
a été menée par les forces françaises et celle de lundi par les 
forces américaines.   
    Au total, 21 civils ont trouvé la mort lundi et au moins 56 
autres mardi dans les frappes aériennes de la coalition 
internationale contre ce fief de l'Etat islamique, selon 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).  
    "Je n'ai pas d'informations précises sur ce qu'auraient pu 
faire les avions français", a dit le chef de l'Etat français 
lors d'une conférence de presse à Dublin.  
    "Nous agissons dans le cadre d'une coalition, nous faisons 
très attention à nos frappes et je n'ai pas aujourd'hui de 
retour sur la responsabilité qu'auraient des avions français 
dans l'éventuel drame en Syrie", a-t-il ajouté.  
    Le porte-parole du ministère français des Affaires 
étrangères a fait savoir que la France n'apportait "aucun crédit 
aux déclarations émanant du régime de Bachar al Assad." 
    L'ouverture d'une enquête, annoncée par le secrétaire d'Etat 
américain à la Défense mercredi lors d'une réunion de la 
coalition, "déterminera si les frappes de la coalition contre 
Daech ont causé des victimes civiles à Manbij", a dit jeudi le 
porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point presse. 
     
    "LA FRANCE VA CONTINUER A AGIR CONTRE DAECH"  
    Engagée en Irak au sein de la coalition internationale 
emmenée par les Etats-Unis depuis septembre 2014, la France a 
étendu sa zone d'intervention à la Syrie en septembre 2015.  
    Les dernières frappes dont a fait état l'armée française ont 
été menées en Irak dimanche et lundi, contre "des sites servant 
à commander, entraîner et équiper les combattants" de l'EI.  
    Le conflit syrien, qui a fait plusieurs millions de déplacés 
et plus de 280.000 morts, a commencé en mars 2011 sous la forme 
d'une contestation pacifique et s'est transformé 
progressivement, sous l'effet de la répression, en rébellion 
armée, rejointe par la suite par des groupes djihadistes.  
    "Dois-je rappeler que les drames sont quotidiens en Syrie, 
dois-je dire que ce que fait quotidiennement le régime syrien va 
au-delà de l'ignoble ?" a demandé François Hollande.  
    "Voilà pourquoi il faut traiter politiquement la situation 
de la Syrie même si nous devons agir contre Daech et je vous 
l'affirme ici. La France va continuer à agir contre Daech", 
a-t-il ajouté.  
    Dans un communiqué publié mercredi soir, la Coalition 
nationale syrienne (CNS), principal groupe d'opposition en 
Syrie, a demandé la suspension des frappes aériennes de la 
coalition en attendant les conclusions de l'enquête.  
 
 (John Irish à Dublin et Marine Pennetier à Paris, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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  • aerosp il y a 5 mois

    quel désastre