Syrie-Fillon presse Hollande de sortir du "déni des réalités"

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PARIS, 14 septembre (Reuters) - François Fillon, partisan avec d'autres responsables de la droite française de frappes aériennes contre Daesh, presse François Hollande de bombarder sans délai les centres névralgiques de l'Etat islamique et de faire cause commune avec la Russie et l'Iran pour une solution diplomatique. Dans une lettre ouverte au Premier ministre Manuel Valls, diffusée sur son blog à la veille d'un débat à l'Assemblée sur l'engagement militaire de la France en Syrie, l'ancien Premier ministre dénonce les revirements et les "demi-mesures" du président français. "Le président Hollande est en retard par rapport à l'Histoire. En temps de guerre, le temps perdu est une faute grave", souligne le député de Paris (Les Républicains). François Fillon déplore "un débat surréaliste" sur de simples vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie alors que "l'ennemi se tient droit face à nous, il nous a déjà frappé, il nous annonce encore des coups". François Hollande a annoncé le 7 septembre des vols de reconnaissance en prévision d'éventuelles frappes contre Daesh et jugé "inconséquent et irréaliste d'envoyer des troupes au sol", ce que certains à droite, comme Bruno Le Maire, réclament. "A l'évidence, l'action engagée par la France et ses alliés n'a pas changé la donne. Il est temps de sortir du déni des réalités", estime François Fillon. "Maintenant, Daesh est aux portes de Damas. Ne sous-estimons pas les risques d'une chute de la capitale syrienne", prévient-il, en évoquant "un embrasement de toute la région". L'élu, candidat à la primaire à droite pour l'élection présidentielle de 2017, demande au chef de l'Etat de "sortir de la diplomatie virtuelle" et de réintégrer dans le jeu les Iraniens et les Russes, "que la France a stupidement méprisés ces dernières années". "Le 'tout sauf Bachar' ne suffit pas à faire une ligne diplomatique. En multipliant les préalables quant au départ d'Assad, on en a fait un point de blocage interdisant, avec nos partenaires, toute discussion sérieuse sur la transition politique", juge François Fillon. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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