Syrie: Discussions programmées vendredi, invitations envoyées

le , mis à jour à 19:03
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    * Les pourparlers inter-syriens doivent préparer une 
transition politique 
    * La présence de certaines personnalités soutenues par la 
Russie pourrait compliquer les choses 
    * Washington appelle l'opposition syrienne à se rendre à 
Genève 
 
 (Actualisé avec démenti du dirigeant kurde syrien Saleh Muslim, 
§ 5-6-7) 
    par Stephanie Nebehay et Tom Miles 
    GENEVE, 26 janvier (Reuters) - Les Nations unies ont 
formellement invité mardi le gouvernement syrien et l'opposition 
aux discussions qui doivent s'ouvrir vendredi à Genève mais les 
opposants à Bachar al Assad, soutenus par l'Arabie saoudite, 
entretiennent toujours le doute sur leur présence. 
    Les services de Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de 
l'Onu pour la Syrie, n'ont pas publié la liste des participants 
conviés, au centre de vives controverses.  
    Mais plusieurs personnalités soutenues par la Russie, alliée 
de Bachar al Assad, ont annoncé à l'agence Reuters qu'elles 
figuraient sur la liste.  
    Leur présence pourrait envenimer davantage encore les choses 
alors que les négociations, qui auraient dû débuter lundi, ont 
déjà dû être repoussées de quatre jours. Car le Haut conseil 
pour les négociations (HCN), créé le mois dernier avec l'appui 
de l'Arabie saoudite par des groupes de l'opposition politique 
et armée, refuse la participation de plusieurs de ces 
personnalités.  
    A commencer par Saleh Muslim. Le coprésident du Parti de 
l'union démocratique (PYD), la principale formation kurde 
syrienne, a déclaré à l'agence Reuters qu'il n'avait pas reçu 
d'invitation et qu'il ignorait si des représentants kurdes 
syriens avaient été conviés. 
    "Bien sûr nous aimerions sincèrement y participer, et nous 
pensons aussi que si nous n'y participons pas, ce Genève 3 est 
voué à l'échec comme Genève 2, quand ils avaient exclu certaines 
parties", a-t-il dit. 
    Mais Randa Kassis, présidente du Mouvement de la société 
pluraliste, retenue par l'Onu, a affirmé que Saleh Muslim était 
bien au nombre des participants invités par l'envoyé spécial de 
l'Onu, de même que la militante kurde Ilham Ahmad, coprésidente 
du Conseil démocratique syrien (CDS). Formé en décembre dernier 
dans le nord-est de la Syrie, le CDS, auquel est associé le PYD, 
défend une vision laïque et démocratique. 
    Réuni à Ryad, le Haut conseil pour les négociations n'a pas 
encore réagi. Mais l'un de ses membres, Asaad al Zoubi, qui doit 
diriger l'équipe des négociateurs de l'opposition, avait prévenu 
dans la matinée que Staffan de Mistura, troisième envoyé spécial 
nommé par l'Onu depuis le début du conflit, en mars 2011, "ne 
peut pas imposer de conditions" à l'équipe des négociateurs de 
l'opposition. 
    Pour l'opposition sunnite syrienne, le Parti de l'union 
démocratique (PYD), qui chapeaute la puissante milice des Unités 
de protection du peuple (YPG), devrait plutôt siéger dans le 
camp du gouvernement. 
     
    "SAISISSEZ CETTE OCCASION" 
    La Russie soutient fermement la présence des Kurdes syriens 
à Genève. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a 
réaffirmé mardi matin qu'il ne serait pas possible de parvenir à 
un accord de paix en Syrie s'ils ne participaient pas aux 
négociations. Exclure les Kurdes de la table des négociations, 
a-t-il jugé, serait "injuste" et "contre-productif". (voir 
 ID:nL8N15A24N ) 
    Sur le terrain, les YPG contrôlent de vastes territoires 
dans le nord et le nord-est de la Syrie et se sont imposées 
comme une alliée importante des Etats-Unis dans la lutte contre 
l'Etat islamique (EI). 
    Les Etats-Unis, accusés par les opposants réunis à Ryad 
d'avoir cédé aux pressions de Moscou, les ont exhortés pour leur 
part à participer aux discussions de Genève.  
    "Notre conseil à l'opposition syrienne est de saisir cette 
occasion de mettre à l'essai les intentions du régime et de 
montrer à l'opinion publique internationale quelles sont les 
parties qui veulent sérieusement un règlement politique en Syrie 
et quelles sont celles qui n'en veulent pas", a dit Michael 
Ratney, représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie. 
    En France, interrogé sur l'insistance des Russes à intégrer 
la formation kurde syrienne aux discussions de Genève, le 
ministère des Affaires étrangères a rappelé que "le groupe de 
l'opposition issu de la conférence de Ryad rassemble pour la 
première fois un large spectre de politiques et militaires non 
djihadistes qui se sont engagés autour d'un projet commun pour 
une Syrie unie, libre, démocratique et respectueuse de tous". 
    "C'est donc à lui qu'il revient d'être l'interlocuteur du 
régime dans les négociations", a ajouté le porte-parole du Quai 
d'Orsay. 
    Le processus de transition politique, fruit de l'initiative 
diplomatique menée par les puissances du Groupe de soutien 
international à la Syrie, a été validé par la résolution 2254 
adoptée à l'unanimité le 18 décembre par le Conseil de sécurité 
des Nations unies. 
    Il prévoit la mise en place dans les six mois d'un 
gouvernement de transition puis la tenue dans les dix-huit mois 
d'"élections libres et régulières (...) qui seraient conduites 
sous la supervision de l'Onu".     
 
 (avec Suleiman Al-Khalidi à Amman, Tom Perry à Beyrouth, John 
Irish et Marine Pennetier à Paris et Vladimir Soldatkin à 
Moscou; Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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