Syrie-Comment un général iranien a préparé les frappes russes

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par Laila Bassam et Tom Perry BEYROUTH, 7 octobre (Reuters) - Lors d'une réunion à Moscou en juillet, le général iranien Qassem Soleimani, commandant de la force d'élite Al Qods, a déployé une carte de la Syrie et expliqué à ses hôtes russes comment les revers du président Bachar al Assad pouvaient être transformés en victoire - avec l'aide de la Russie. La visite du général à Moscou a été la première étape préparant la récente intervention militaire russe qui a rebattu les cartes dans la guerre en Syrie et donné naissance à une nouvelle alliance russo-iranienne en soutien au président Assad. La Russie a mené ses premières frappes aériennes en Syrie mercredi dernier à partir d'une base aérienne à Lattaquié, tandis qu'une offensive au sol des forces pro-gouvernementales syriennes et de leurs alliés iraniens et du Hezbollah libanais est semble-t-il en préparation. ID:nL5N1212VI Qassem Soleimani est le commandant de la force Al Qods, le force spéciale extraterritoriale des Gardiens de la révolution islamique (GRI) qui reçoit ses ordres directement du Guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei. Des sources dans la région indiquent que le général a déjà supervisé des opérations au sol contre des insurgés en Syrie et qu'il est maintenant au coeur des préparatifs pour la nouvelle offensive soutenue par la Russie et l'Iran. Son rôle dans la région comme commandant du champ de bataille s'en trouve accru. En Irak, il a aussi dirigé les combats, contre l'Etat islamique, des milices chiites soutenues par l'Iran. Le général Soleimani est arrivé à Moscou alors que la situation se détériorait en Syrie : l'avancée des rebelles vers la côte constituait un danger pour le bastion des Alaouites, la branche chiite à laquelle appartient la famille Assad. C'est aussi le secteur où se trouve Tartous, la seule base navale de la Russie dans toute la Méditerranée. "Soleimani a mis la carte de la Syrie sur la table. Les Russes étaient très inquiets et ont eu le sentiment que les choses étaient en net déclin et qu'il y avait un réel danger pour le régime. Les Iraniens leur ont affirmé qu'il était encore possible de reprendre l'initiative", raconte un haut responsable régional. "OK, NOUS INTERVIENDRONS" Selon trois hauts responsables dans la région, le voyage de Soleimani en juillet a été précédé par des contacts à haut niveau entre Russes et Iraniens qui ont été d'accord sur la nécessité de renouveler le soutien à un Bachar al Assad en mauvaise posture. Selon le récit de ces trois personnes, la planification de l'intervention était dans l'air depuis plusieurs mois. Cela veut dire que pendant que les Occidentaux notaient ce qui leur semblait être une nouvelle souplesse de Moscou sur l'avenir du président syrien, Téhéran et Moscou discutaient de la manière de renforcer Bachar al Assad. La décision d'un effort russo-iranien conjoint en Syrie a été prise lors d'une réunion entre le ministre russe de Affaires étrangères Sergueï Lavrov et l'ayatollah Khamenei il y a quelques mois, explique un haut responsable d'un pays de la région, versé dans les questions de sécurité. "Soleimani, chargé par Khamenei de diriger la partie iranienne de l'opération, s'est rendu à Moscou pour discuter des modalités. Et il s'est aussi rendu en Syrie plusieurs fois depuis", a dit ce responsable. Le gouvernement russe affirme que son déploiement en Syrie s'est fait à la demande de Bachar al Assad, qui a lui-même présenté sans ambages les problèmes auxquels était confrontée l'armée syrienne, notamment en terme d'effectifs. L'ayatollah Khamenei a également envoyé un émissaire spécial à Moscou pour y rencontrer le président Vladimir Poutine, a déclaré un autre responsable régional. "Poutine lui a dit :'OK, nous interviendrons. Envoyez Qassem Soleimani'. Il y est allé pour expliquer la carte du théâtre." L'intervention militaire en Syrie est décrite dans un accord entre Moscou et Téhéran qui dit que les frappes aériennes russes viendront en soutien aux opérations au sol par les forces iraniennes, syriennes et du Hezbollah libanais, explique un des responsables régionaux interrogés. L'accord prévoit aussi la fourniture d'armes russes plus sophistiquées à l'armée syrienne et l'établissement de salles d'opérations conjointes, qui regrouperaient ces alliés ainsi que les représentants du gouvernement irakien, qui est allié à la fois à l'Iran et aux Etats-Unis. Une des salles d'opérations est à Damas et l'autre à Bagdad. "Soleimani habite pratiquement à Damas, ou disons qu'il y va beaucoup. On peut le trouver entre deux réunions avec le président Assad et des visites sur le théâtre des opérations comme n'importe quel soldat", dit l'un des responsables régionaux. (Danielle Rouquié pour le service français)

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