Syrie-Combats entre Kurdes et djihadistes à la frontière turque

le , mis à jour à 00:01
0

(Actualisé avec réouverture de la frontière turque, dernier §) BEYROUTH/ISTANBUL, 14 juin (Reuters) - Les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) affrontaient dimanche l'Etat islamique (EI) près de la ville de Tel Abyad, tenue par les djihadistes à la frontière turque, ont rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et un responsable kurde. La progression des combattants kurdes dans le nord de la Syrie, près de la Turquie, inquiète le président turc Recep Tayyip Erdogan qui y voit à terme une possible menace pour son pays. Garder le contrôle de Tel Abyad revêt une importance stratégique pour l'EI car c'est la ville frontalière la plus proche de son bastion de Rakka, chef-lieu de la province du même nom. Quant aux peshmergas kurdes, s'ils prennent Tel Abyad, ils pourront assurer la liaison entre les zones qu'ils contrôlent dans la province syrienne de Hassaka et la ville de Kobani. Les Kurdes affrontent les djihadistes dans les faubourgs est de Tel Abyad, a précisé dimanche à Reuters un porte-parole de l'YPG, Redur Xeili, qui a salué l'"excellente" coopération entre son groupe et les avions de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis. "La route entre Tel Abyad et la ville de Rakka est à portée de nos tirs", a-t-il ajouté. Selon l'OSDH, quelque 150 hommes de l'EI se trouvent à Tel Abyad. Selon des témoignages locaux, les djihadistes ont vidé un hôpital de la ville de tous ses équipements pour les envoyer à Rakka. L'EI ordonnerait aussi à la population de s'éloigner de la frontière turque. L'YPG, appuyé par des groupes rebelles syriens et par les frappes aériennes de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis, avait encerclé samedi la ville de Soulouk, à 20 km au sud-est de Tel Abyad, où des hommes de l'EI sont retranchés, avant de poursuivre son avance vers la frontière. Les combats ont conduit plus de 13.000 civils syriens à se réfugier en Turquie depuis le début du mois. Quelque 2.000 personnes attendent toujours du côté syrien de la frontière que les autorités turques les autorisent à passer. La Turquie voit d'un mauvais oeil les gains enregistrés par les forces kurdes et dénonce les liens supposés de l'YPG avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui combat depuis plus de trente ans le pouvoir d'Ankara. Le président Erdogan, dans des déclarations publiées dimanche, accuse de nouveau les Kurdes de chercher à chasser les Arabes et les Turkmènes du nord de la Syrie et évoque une "menace" possible, à terme, contre son pays. Les autorités turques ont annoncé dimanche qu'elles avaient rouvert leur frontière avec la Syrie fermée pendant plusieurs jours. Selon une source au sein des services de sécurité au moins 10.000 réfugiés sont attendus. (Tom Perry et Humeyra Pamuk, avec Seyhmus Cakan à Diyarbakir et Naline Malla à Beyrouth; Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant