Syrie-Assad parade avant le cessez-le-feu, l'opposition réservée

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    * Le président syrien assiste à une prière près de Damas 
    * Il promet de continuer le combat "indépendamment des 
circonstances" 
    * Le cessez-le-feu doit commencer à la tombée de la nuit 
    * L'opposition promet de respecter la trêve, "avec de fortes 
réserves" 
 
    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 12 septembre (Reuters) - Sûr de sa force, Bachar 
al Assad a promis lundi de reprendre le contrôle de l'ensemble 
du territoire syrien, à quelques heures de l'entrée en vigueur 
d'un cessez-le-feu négocié entre Moscou et Washington qui laisse 
l'opposition circonspecte. 
    Dans une initiative lourde de symbole, le président syrien 
s'est rendu lundi matin à Daraya, un quartier de la périphérie 
de Damas longtemps tenu par les rebelles, qui se sont résignés à 
l'évacuer le mois dernier après cinq années de siège total. 
    Il a participé dans ce quartier "martyr" à la prière de 
l'Aïd el Kebir, la grande fête musulmane, dans une mosquée où 
seuls des fidèles du régime avaient pu prendre place. 
    "L'Etat syrien est déterminé à reprendre chaque parcelle de 
son territoire aux terroristes", a déclaré Bachar al Assad aux 
médias officiels à la sortie de la mosquée. 
    Le président syrien n'a fait aucune allusion à l'accord de 
cessez-le-feu mais assuré que son armée continuerait son oeuvre 
"sans hésitation et indépendamment des circonstances intérieures 
ou extérieures". 
    La cessation des hostilités, qui doit entrer en vigueur à la 
tombée de la nuit lundi, prévoit la livraison d'aide humanitaire 
et des opérations militaires communes russo-américaines contre 
les groupes djihadistes, qui ne sont pas concernés par la trêve. 
    Mais alors qu'un précédent cessez-le-feu avait tourné court 
en février dernier, l'application du nouvel accord promet de 
poser aussi de grandes difficultés, notamment pour distinguer 
les différents rebelles sur le terrain. 
    C'est le cas notamment dans la région d'Alep, où la plupart 
des groupes insurgés ont fait cause commune avec le Djabhat 
Fateh al Cham, l'ex-Front al Nosra anciennement lié à Al Qaïda, 
et à ce titre exclu du cessez-le-feu, pour tenter de briser le 
siège des quartiers rebelles de la ville. 
    L'opposition estime en outre que l'accord sert les intérêts 
d'Assad, conforté par ses récents gains territoriaux et par le 
soutien indéfectible de ses alliés russe et iranien. 
    L'intervention militaire russe entamée il y a un an a 
inversé le rapport de force sur le terrain, à un moment où le 
régime de Damas semblait sur le point de s'effondrer. 
    Il a aussi placé Moscou au centre du jeu diplomatique en vue 
des négociations de paix que l'Onu espère pouvoir prochainement 
relancer. 
     
    LES COMBATS CONTINUENT 
    Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl 
Bogdanov, a évoqué lundi une possible séance de discussions 
entre le gouvernement syrien et l'opposition début octobre, 
selon des propos rapportés par l'agence de presse russe RIA. 
    "Je pense que, sans doute au tout début octobre, (l'envoyé 
spécial des Nations unies sur la Syrie Staffan) de Mistura 
lancera une invitation à toutes les parties", a dit Mikhaïl 
Bogdanov, qui est aussi le représentant spécial du Kremlin pour 
le Moyen-Orient et l'Afrique. 
    En attendant le cessez-le-feu, les combats continuaient à 
faire rage lundi sur plusieurs fronts, notamment au sud-ouest 
d'Alep où les forces gouvernementales s'efforcent de repousser 
les rebelles pour les empêcher de relancer une contre-offensive 
comme celle qui leur a permis de lever brièvement le siège de la 
ville au mois d'août.   
    Des affrontements se déroulaient également dans la province 
de Lattaquié, bastion du régime sur la côte méditerranéenne où 
les forces d'Assad tentent de reprendre des villages le long de 
la route qui va à Alep, et dans celle de Kouneïtra, dans le sud 
du pays. 
    La plupart des mouvements rebelles, dont les islamistes 
d'Ahrar al Cham, le plus puissant groupe insurgé syrien en 
dehors de l'ex-Front al Nosra, vont néanmoins annoncer leur 
adhésion à la trêve, a assuré lundi à Reuters un responsable de 
l'opposition. 
    "La décision a été prise", a dit ce responsable. "Dans les 
prochaines heures, nous le confirmerons dans un communiqué, même 
s'il y aura aussi de fortes réserves et observations concernant 
le plan dans son ensemble. Mais au bout du compte, nous donnons 
notre accord." 
    Les milices kurdes des YPG ont également salué l'entrée en 
vigueur de la trêve, disant espérer qu'elle permettra de mettre 
l'accent sur la lutte contre l'organisation Etat islamique (EI) 
et servira de prélude à une transition politique. 
    Mais signe de la prudence de l'ensemble des acteurs, les YPG 
ont précisé qu'elles se réservaient le droit de "résister aux 
actions offensives" de leurs ennemis.   
 
 (Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane 
Brosse) 
 
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