Syrie-Al Nosra songe à changer de nom, rompre avec Al Qaïda

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par Mariam Karouny BEYROUTH, 4 mars (Reuters) - Les dirigeants du Front al Nosra, groupe rebelle syrien ayant prêté allégeance à Al Qaïda, envisagent de rompre leurs liens avec l'organisation djihadiste et de former une nouvelle entité afin d'obtenir le soutien financier de pays du Golfe comme le Qatar, indiquent des sources au sein et en dehors du groupe. Des agents de renseignement du Golfe ont rencontré le chef de Nosra, Abou Mohamad al Golani, plusieurs fois au cours des derniers mois afin de l'encourager à lâcher Al Qaïda et à discuter du soutien qu'ils pourraient fournir, disent-elles. "Une nouvelle entité va bientôt voir le jour, qui comprendra Nosra, Djaich al Mouhadjerine wel Ansar, et d'autres petites brigades", déclare Mouzamjer al Cham, un proche de Nosra et d'autres groupes islamistes en Syrie. La brigade mentionnée par Mouzamjer al Cham est un petit groupe djihadiste composé de combattants locaux et étrangers et dirigé par un Tchétchène. "Le nom de Nosra sera abandonné. Il se désengagera d'Al Qaïda. Mais les émirs de Nosra ne sont pas tous d'accord, c'est pour cette raison que l'annonce est retardée", explique-t-il. De source proche du ministère qatari des Affaires étrangères, on confirme que le Qatar souhaite que Nosra devienne une force spécifiquement syrienne sans lien avec Al Qaïda. "Ils promettent à Nosra plus de soutien, c'est-à-dire de l'argent, de l'équipement etc... une fois qu'ils auront rompu les liens avec Al Qaïda", indique-t-on de même source. Le Front al Nosra est classé par les Etats-Unis comme une organisation terroriste et a déjà été sanctionné par le Conseil de sécurité des Nations unies. Mais pour le Qatar, un changement de nom lèverait les obstacles juridiques qui empêchent de soutenir l'organisation. Grâce à cette aide, le nouveau groupe espérerait se renforcer face à son concurrent l'Etat islamique, dirigé par Abou Bakr al Baghdadi, qui a participé à la création de Nosra avant de rompre avec Golani. De nombreux chefs et combattants du Front ont alors rejoint les rangs de l'EI. En cas de dissolution et de rupture des liens avec Al Qaïda, l'organisation ne changerait pas pour autant d'idéologie. Golani a combattu avec Al Qaïda en Irak et d'autres commandants sont des vétérans de la guerre d'Afghanistan et sont proches du chef d'Al Qaïda, Ayman al Zaouahri. "Nosra a dû prêter allégeance à cheikh Zaouahri pour éviter d'être obligé de se ranger derrière Baghdadi mais ce n'était pas une bonne idée, il est temps de l'abandonner. Cela n'a pas aidé Nosra qui est maintenant sur la liste des groupes terroristes", déplore une source proche de Nosra à Alep. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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  • M3484495 le mercredi 4 mar 2015 à 11:13

    Le terrorisme se met au marketing !