Syrie-A Genève, les rebelles disent croire encore aux discussions

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    par John Irish 
    GENEVE, 15 avril (Reuters) - Les commandants rebelles 
syriens venus à Genève pour participer aux discussions de paix 
sous l'égide de l'Onu ont dit vendredi croire encore au principe 
de tels pourparlers tout en étant convaincus que le gouvernement 
de Bachar al Assad cherche à les torpiller. 
    L'aviation syrienne a bombardé les zones insurgées au nord 
de la ville de Homs pour le deuxième jour consécutif vendredi, 
rouvrant un nouveau front après avoir lancé une double offensive 
dans la région d'Alep qui a rendu pratiquement caduque l'accord 
de "cessation des hostilités" partielle conclu en février. 
    Cette intensification des combats coïncide avec l'ouverture 
de la deuxième session de pourparlers de paix à Genève, où la 
délégation gouvernementale syrienne s'est entretenue vendredi 
avec l'émissaire de l'Onu, Staffan de Mistura. 
    Le chef des négociateurs syriens, Bachar Djaafari, a indiqué 
qu'il avait soumis à Staffan de Mistura des amendements aux 
"principes fondamentaux" proposés par ce dernier pour "faciliter 
une solution politique en Syrie", et qu'il attendait désormais 
sa réponse et celle des autres parties au conflit. Il n'a voulu 
répondre à aucune question. 
    La délégation de l'opposition syrienne, arrivée mercredi à 
Genève, accuse le gouvernement de Bachar al Assad de chercher à 
gagner du temps pour pousser son avantage sur le plan militaire 
et compléter l'encerclement d'Alep. 
    Malgré leur défiance, les commandants rebelles participant 
aux discussions ont assuré vendredi qu'ils adhéraient toujours 
au processus politique. 
    "Si nous, en tant qu'Armée syrienne libre, n'y croyions pas, 
nous ne serions pas ici", a déclaré Abou Ossama al Djolani, un 
commandant du mouvement rebelle dans le sud de la Syrie. 
    "Nous sommes ici, à Genève, pour participer au processus 
politique", a-t-il poursuivi, flanqué d'autres commandants de 
l'Armée syrienne libre (ASL) et de Mohamed Allouch, le chef 
politique de Djaïch al Islam, un groupe islamiste soutenu par 
l'Arabie saoudite. 
     
    RISQUE DE TRAGÉDIE HUMANITAIRE À ALEP 
    L'ASL est la première alliance rebelle à s'être constituée 
au début du conflit, en grande partie autour de déserteurs de 
l'armée gouvernementale choqués par l'ampleur de la répression 
des manifestations, et la principale force non islamiste encore 
présente dans le nord et le sud du pays. 
    "Nous sommes favorables à une solution politique, mais le 
régime essaie de détruire la trêve" négociée par la Russie, 
principal soutien militaire de Bachar al Assad, et les 
Etats-Unis, a accusé Mohamed al Djolani. 
    "Nous attendons toujours que (les grandes puissances) qui 
ont pris des mesures en faveur de cette trêve prennent une 
décision à ce sujet", a-t-il répondu à la question de savoir 
s'il y avait encore lieu de parler de "cessation des hostilités" 
en Syrie. 
    Un commandant de l'ASL dans la région d'Alep, Iyad Chamsi, a 
déclaré que ses troupes étaient attaquées sur trois fronts par 
l'armée gouvernementale, les djihadistes de l'organisation Etat 
islamique (EI) et les combattants kurdes des milices YPG. 
    "La bataille est féroce et cela pourrait conduire à la plus 
grande tragédie humanitaire au monde", a-t-il dit évoquant le 
risque d'encerclement d'Alep, qui priverait près d'un million 
d'habitants de toute source d'approvisionnement.      
     
 
 (Tangi Salaün pour le service français) 
 
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