Syrie-32 personnes seraient mortes de faim en un mois à Madaya

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    BEYROUTH/GENEVE, 15 janvier (Reuters) - Le Fonds des Nations 
unies pour l'enfance (Unicef) a confirmé vendredi plusieurs cas 
de grave sous-alimentation parmi les enfants de la ville 
syrienne de Madaya, assiégée depuis plusieurs mois par les 
forces gouvernementales. 
    Selon des travailleurs humanitaires, 32 personnes sont 
mortes de faim au cours du mois écoulé dans cette ville de 
42.000 habitants située près de la frontière libanaise, dans le 
sud-ouest de la Syrie. 
    Un hôpital de campagne et une équipe du Croissant-Rouge 
arabe syrien font route vers Madaya après avoir obtenu le feu 
vert du gouvernement de Damas et une campagne de vaccination est 
prévue dans la ville la semaine prochaine, a déclaré pour sa 
part l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 
    Deux convois d'aide ont déjà pu atteindre la ville cette 
semaine. L'Onu a annoncé qu'un autre convoi devrait gagner la 
semaine prochaine Madaya et que les villages d'Al Foua et de 
Kefraya, assiégés par les rebelles dans la province d'Idlib, 
seraient aussi ravitaillés. 
    L'Unicef, dans un communiqué, confirme que "des cas de grave 
sous-alimentation ont été constatés parmi les enfants" de 
Madaya.  
    Le porte-parole parole de l'Unicef, Christophe Boulierac, a 
précisé lors d'une conférence de presse à Genève que son 
organisation et l'OMS avaient pu ausculter 25 enfants de moins 
de cinq ans et que 22 d'entre eux montraient des signes de 
sous-alimentation grave ou modérée. Tous suivent actuellement un 
traitement. 
    Sur dix autres enfants âgés de six à 18 ans, six montraient 
des signes de grave sous-alimentation, a-t-il poursuivi. 
    L'Unicef a également assisté à la mort d'un adolescent de 16 
ans, gravement sous-alimenté, et un autre de 17 ans est dans un 
état qui fait craindre le pire, a ajouté Christophe Boulierac. 
     
    "ACTES ATROCES"  
    "Les enfants sont tous pâles et maigres, ils ne marchent et 
ne parlent qu'avec difficulté, leurs dents sont noires, leurs 
gencives saignent, ils ont des tas de problèmes avec leur peau, 
leurs cheveux, leurs ongles, leurs dents", a témoigné Abeer 
Pamuk, de l'organisation SOS Villages d'enfants.  
    "Ils ont survécu en mangeant de l'herbe. Certaines familles 
nous ont dit avoir mangé des chats", a-t-elle poursuivi. 
"Beaucoup de gens ont donné des somnifères aux enfants qui 
avaient faim et n'arrêtaient pas de pleurer." 
    Elle a ajouté que son groupe allait tenter d'évacuer les 
enfants de Madaya livrés à eux-mêmes vers des centres de soins 
près de Damas. 
    La porte-parole du Programme alimentaire mondial (Pam), 
Bettina Luescher, a indiqué que la commission de secours de 
Madaya avait fourni des chiffres sur les conséquences de la 
famine à Madaya, chiffres que le Pam n'a pu vérifier. 
    "Notre nutritionniste (...) dit qu'il est clair que la 
situation au point de vue alimentation est très mauvaise, que 
les adultes sont très émaciés. Selon un membre de la commission 
de secours, 32 personnes sont mortes de faim depuis un mois", 
a-t-elle dit. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
trois personnes dans un état critique ont été évacuées vendredi 
de Kefraya et d'Al Foua vers Lattaquié, ville contrôlée par le 
gouvernement sur la côte méditerranéenne. 
    Jeudi, le secrétaire général de l'Onu a accusé les 
belligérants en Syrie, notamment le gouvernement de Bachar al 
Assad, de se livrer à des "actes atroces" contre les civils. 
    Lors d'un point de presse vendredi à Genève, Rupert 
Colville, porte-parole de l'Onu pour les droits de l'homme, n'a 
pas exclu que certains de ses actes puissent éventuellement 
relever du crime contre l'humanité. 
 
 (John Davison et Tom Perry à Beyrouth; Stephanie Nebehay à 
Genève; Guy Kerivel pour le service français) 
 
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