SYNTHESE-Voix discordantes sur la situation à Alep

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    * Les frappes aériennes sur Alep-Est sont peu efficaces, 
selon un groupe rebelle 
    * Le camp gouvernemental assure lui que l'offensive se 
déroule comme prévu 
    * La pénurie de fioul menace les boulangeries 
 
    par Tom Perry et Ellen Francis 
    BEYROUTH, 14 octobre (Reuters) - Les insurgés et les forces 
armées syriennes qui s'affrontent à Alep ont fait entendre des 
voix contradictoires vendredi, les premiers affirmant que le 
pouvoir ne parviendrait jamais à reprendre Alep, tandis que 
l'armée estime que l'offensive sur la partie est de la ville se 
déroule comme prévu. 
    La bataille d'Alep est d'autant plus féroce que la 
diplomatie est impuissante. La Russie, qui soutient le président 
syrien Bachar al Assad, a dit n'attendre "rien de spécial" de la 
réunion sur la Syrie qui se tiendra samedi en Suisse au niveau 
des ministres des Affaires étrangères et ne prévoit pas de faire 
de nouvelles propositions pour résoudre le conflit.   
    Selon le vice-commandant du groupe rebelle Fastakim pour 
Alep, Melhem Akidi, les frappes aériennes russes ne s'avèrent 
pas très efficaces pour appuyer les forces gouvernementales 
syriennes sur le terrain. Et de souligner que si les bombes 
pleuvent sur une grande partie de la ville, elles évitent de 
cibler la ligne de front où les ennemis s'affrontent de près. Il 
s'agit apparemment pour les avions russes et syriens d'éviter de 
toucher leur propre camp au sol. 
    D'ailleurs, affirme Melhem Akidi, les rebelles étaient tout 
à fait préparés au siège d'Alep-Est qui leur est imposé depuis 
l'été, et les préparatifs d'une contre-attaque sont en cours. 
    "Militairement, il n'y a pas de danger pour la ville 
d'Alep", affirme-t-il. "Le plus dangereux, ce sont les massacres 
quotidiens de la part du régime qui visent non seulement la 
population, mais aussi les fondations de la vie à Alep." 
    A l'opposé, un militaire syrien, ainsi qu'un autre 
militaire, non syrien mais allié au régime de Bachar al Assad, 
disent que la grande offensive lancée le 22 septembre sur 
Alep-Est avec l'appui de l'armée russe et de milices irakiennes, 
iraniennes et libanaises se déroule comme prévu et réaffirment 
que les civils ne sont pas visés. 
    "Ce qui est réalisé pour l'instant se déroule conformément 
au plan et nous travaillons étape par étape", a dit le second. 
    L'assaut sur Alep-Est a fait plusieurs centaines de morts et 
détruit de nombreux bâtiments. Des hôpitaux ont été touchés, ce 
qui a fait dire à la France et aux Etats-Unis que la Syrie et la 
Russie était coupables de crimes de guerre. 
    Moscou et Damas affirment qu'ils ne visent que les insurgés. 
     
    BRISER LE SIÈGE 
    Selon Mohamed Sandehoun, du conseil municipal d'opposition à 
Alep, le combustible pour faire tourner les boulangeries 
pourrait venir à manquer d'ici un mois si le siège persiste. En 
outre, un moulin a été bombardé mercredi, ajoute-t-il. 
    Pour l'heure, l'avancée la plus notable des forces 
gouvernementales syriennes et de leurs alliés s'est faite au 
nord d'Alep, avec notamment la prise du camp de réfugiés 
palestiniens d'Handarat.  
    L'armée a également fait état d'avancées dans le 
centre-ville, que les rebelles disent avoir repoussées. 
    De source militaire syrienne, on indique que l'armée a pris 
le contrôle de plusieurs sites industriels et d'un établissement 
d'enseignement agricole vendredi dans le nord-est d'Alep. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
une ONG basée à Londres qui fait un point quotidien sur la 
guerre, les avancées revendiquées pour l'instant par le 
gouvernement ne correspondent pas à l'intensité de la puissance 
de feu déployée. 
    Le vice-commandant de Fastakim à Alep note aussi la 
proximité des places fortes tenues par la rébellion à l'ouest 
d'Alep et dans la province d'Idlib ainsi que la position qu'il 
qualifie de "fragile" du gouvernement sur un point d'accès 
important à la périphérie sud d'Alep. "Je n'exclus pas que les 
révolutionnaire soient capable de briser le siège sous peu", 
déclare Melhem Akidi.  
    D'après les chiffres publiés jeudi par le Bureau de la 
coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha), 406 
personnes sont mortes et 1.384 ont été blessées dans la partie 
est d'Alep entre le 23 septembre et le 8 octobre. Dans la partie 
ouest tenue par le gouvernement, elle aussi visée par les obus 
des insurgés, 91 personnes, dont 18 enfants, ont été tués dans 
le même temps. 
    Selon l'Ocha, la situation s'est un peu améliorée après 
l'accord trouvé lundi par les parties pour préserver les 
stations d'épuration. 
    Mais, précise Ibrahim Abou al Laith, du service de 
protection civile, même après la remise en service des stations, 
l'eau n'a pas pu atteindre les habitants en raison du manque de 
combustible. 
    Le fuel est vital pour les quartiers est, souligne-t-il. 
    "Le nôtre est en train de s'épuiser", ajoute-t-il. 
     
    VOIR AUSSI   
    CHRONOLOGIE de l'accord de cessez-le-feu de Genève à la 
bataille d'Alep   
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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  • delapor4 il y a 8 mois

    Si le fuel manque pour les boulangeries, c'est que les terroristes le réquisitionne pour commettre leurs crimes de guerre.