SYNTHESE-Violents combats à la veille d'une trêve incertaine en Ukraine

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* Poursuite de l'offensive autour de Debaltseve * Les deux camps s'accusent de manière réciproque * Porochenko doute de la possibilité d'une trêve * Contact téléphonique à quatre prévu samedi soir par Richard Balmforth et Pavel Polityuk KIEV, 13 février (Reuters) - De violents combats continuaient d'opposer les forces ukrainiennes et les rebelles pro-russes autour de la ville ferroviaire de Debaltseve vendredi au lendemain de l'annonce d'une trêve obtenue grâce à la médiation de la France et de l'Allemagne et dont l'entrée en vigueur est prévue dimanche à 00h00. Cet accord conclu à Minsk après seize heures de discussions entre Angela Merkel, François Hollande, Petro Porochenko et Vladimir Poutine n'a apporté aucun apaisement sur le terrain. L'état-major ukrainien a indiqué que onze soldats avaient été tués et 40 autres blessés au cours des dernières 24 heures dans la région du Donbass. "L'ennemi continue à renforcer ses positions dans les principales zones de conflit", a déclaré Andriy Lissenko, le porte-parole de l'armée. "Dans le Donbass, la nuit n'a pas été calme. L'ennemi a bombardé des positions des forces antiterroristes avec la même intensité qu'avant", disait l'état-major dans un communiqué diffusé un peu plus tôt faisant alors état de huit soldats tués en 24 heures. Les combats se concentrent sur la ville de Debaltseve, carrefour ferroviaire reliant les deux régions tenues par les séparatistes, celle de Donetsk et celle de Louhansk. Deux personnes ont été tuées et six blessées par des obus qui ont touché un café dans la localité de Chtchastia contrôlée par les forces loyalistes près de Louhansk. "Les obus se sont abattus sur un café où il y avait beaucoup de monde", raconte le chef de l'administration fidèle à Kiev dans un communiqué diffusé sur internet. "Le système de chauffage de la ville est hors service, des lignes électriques sont endommagées tout comme le circuit d'eau (...) Voilà comment on se prépare au cessez-le-feu général." Face à cette situation, le président ukrainien Petro Porochenko a estimé qu'il n'y avait aucune garantie que l'accord conclu dans la nuit de mercredi à jeudi dans la capitale biélorusse soit effectivement appliqué. "Que personne ne se fasse d'illusion et je ne veux pas être considéré comme quelqu'un de naïf. La paix est encore très loin", a-t-il dit lors d'une visite sur un champ de manoeuvres de l'armée. "Personne n'est fermement convaincu que les accords de paix signés à Minsk seront strictement appliqués." MOSCOU APPELLE AU RESPECT DE L'ACCORD L'accord prévoit notamment l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dimanche à 00h00, le retrait des armes lourdes par les deux camps et la création d'une zone tampon de 50 km de large sous contrôle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les rebelles, de leur côté, accusent les forces loyalistes de bombarder Donetsk ainsi que le fief séparatiste de Horlivka où trois enfants auraient été tués, selon une déclaration sur leur site internet. Des tirs d'artillerie résonnaient dans la banlieue de Donetsk vendredi et des panaches de fumée noire s'élevaient au-dessus de certains faubourgs de la ville. Un feu nourri provenant des positions ukrainiennes sur la route entre Kramatorsk et Donetsk a été signalé. Des séparatistes ont annoncé qu'un de leurs points de contrôle près de leur fief avait été touché par des tirs de mortier. Un porte-parole du Kremlin a déclaré vendredi qu'il attendait que toutes les parties en présence respectent les termes de l'accord de Minsk. "Cette fois, l'accord a été approuvé au plus haut niveau et nous espérons que toutes les parties respecteront leurs engagements", a dit Dmitri Psekov devant la presse. Vladimir Poutine doit avoir un entretien téléphonique samedi soir avec François Hollande, Angela Merkel et Petro Porochenko, a ajouté le porte-parole. Dans le camp occidental, et malgré un nouvel appel du ministre russe de l'Economie, la levée des sanctions contre la Russie n'est pas à l'ordre du jour. Les Européens devraient mettre en oeuvre comme prévu des restrictions visant 19 personnes physiques ou morales russes et séparatistes lundi. (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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