SYNTHESE-Une partie de l'opposition syrienne se rallie au cessez-le-feu

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    * Le HCN, soutenu par Ryad, pour une trêve de deux semaines 
    * La milice kurde YPG prête à respecter la trêve sous 
condition 
    * Barack Obama prudent sur la mise en oeuvre de l'accord 
    * Les parties doivent donner leur accord définitif vendredi 
midi 
 
    par John Davison et Jeff Mason 
    BEYROUTH/WASHINGTON, 25 février (Reuters) - Plusieurs 
groupes de l'opposition syrienne se sont ralliés au projet de 
cessation des hostilités présenté lundi par les Russes et les 
Américains, le Haut conseil pour les négociations (HCN) 
soutenant une trêve de deux semaines tandis les milices kurdes 
YPG a également dit être prêt à respecter le projet sous 
condition. 
    Le HCN, qui représente l'opposition syrienne soutenue par 
l'Arabie saoudite, a indiqué mercredi être favorable à l'idée 
d'une trêve temporaire de deux semaines afin de vérifier le 
sérieux de l'engagement des autres parties prenantes dans le 
conflit en Syrie. 
    Les YPG (unités de protection du peuple), qui constituent un 
partenaire important pour la coalition internationale contre 
l'Etat islamique conduite par les Etats-Unis, se réservent 
toutefois le droit de riposter si elle était attaquée. Ses 
combattants ont affronté au cours des dernières semaines 
certains groupes d'insurgés près d'Alep dans le nord-ouest du 
pays.  
    Chaque partie au conflit doit préciser si elle est d'accord 
pour une "cessation des hostilités" vendredi à midi (10h00 GMT) 
pour un arrêt des combats prévu à minuit, dans le cadre du plan 
proposé par les Etats-Unis et la Russie. 
    Dans son communiqué, le HCN explique qu'il "voit une trêve 
de deux semaines comme une chance de s'assurer du sérieux de 
l'autre camp dans son engagement aux dispositions de l'accord". 
    Le HCN se dit cependant opposé à ce que la Russie soit 
considérée comme garante de la trêve, en faisant valoir que 
Moscou est directement impliqué dans le conflit et que le projet 
passe sous silence le rôle joué par la Russie et l'Iran, les 
deux grands alliés du président syrien Bachar al Assad. 
    L'intervention de l'aviation russe en Syrie a permis au 
gouvernement de Bachar al Assad de regagner du terrain, tandis 
qu'au sol, des combattants iraniens, aux côtés d'autres chiites, 
ceux du Hezbollah libanais, épaulent les forces armées 
syriennes. 
     
    TOURNÉE DIPLOMATIQUE 
    Le plan présenté avec la Russie ne concerne pas les 
opérations contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et du 
Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda.  
    L'opposition a dit craindre que les forces gouvernementales 
syriennes ne poursuivent leurs attaques contre les rebelles sous 
couvert de viser le Front al Nosra. 
    Le gouvernement syrien a annoncé mardi avoir accepté de 
suspendre les "opérations de combat" et a dit qu'il se 
coordonnerait avec Moscou pour définir les zones et les groupes 
concernés par la trêve. 
    Bachar al Assad a déclaré mercredi à Vladimir Poutine qu'il 
était prêt à aider à la mise en oeuvre de l'accord de trêve. 
    Le président russe a entamé cette semaine une "tournée" 
diplomatique, essentiellement au téléphone. Il s'est entretenu 
avec le roi Salman d'Arabie Saoudite, le président iranien 
Hassan Rohani et le Premier ministre israélien Benjamin 
Netanyahu.  
    Le ministère russe de la Défense a pour sa part annoncé 
avoir réduit l'intensité des frappes aériennes en Syrie ces deux 
derniers jours, dans les zones où les rebelles ont exprimé leur 
volonté de participer à la trêve. 
    Mais le projet ne fait pas l'unanimité, le rôle de la Russie 
suscitant notamment de vives critiques de la part de la Turquie, 
qui accuse Moscou de continuer à violer son espace aérien. 
    "Si c'est un cessez-le-feu dépendant du bon vouloir de la 
Russie, qui attaque brutalement l'opposition modérée et s'aligne 
sur le régime d'Assad sous prétexte de combattre l'Etat 
islamique, nous craignons que l'incendie qui s'abat sur les 
innocents ne s'arrête jamais", a dit le président Erdogan dans 
un discours télévisé.   
    A Washington, Barack Obama s'est dit "très prudent" pour ne 
pas, a-t-il dit, susciter des espoirs trop importants. 
    Cinq ans de guerre en Syrie ont causé plus de 370.000 morts, 
selon le dernier rapport de l'Observatoire syrien des droits de 
l'homme (OSDH). L'Onu estime à 4,5 millions le nombre de civils 
ayant besoin d'aide humanitaire dans des secteurs difficiles 
d'accès. 
 
 (Eric Faye, Guy Kerivel et Julie Carriat pour le service 
français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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