SYNTHESE-Ukraine-Intensification des combats avant le sommet de Minsk

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par Aleksandar Vasovic DONETSK, Ukraine, 11 février (Reuters) - Les dirigeants français, allemand, ukrainien et russe participent mercredi soir à Minsk, en Biélorussie, à un sommet en vue de ramener la paix dans l'est de l'Ukraine, où les combats entre l'armée gouvernementale et les séparatistes se sont intensifiés ces dernières heures. Kiev a annoncé que 19 de ses soldats avaient été tués et 78 blessés en une journée lors des assauts menés par les rebelles pro-russes près de la ville stratégique de Debaltseve, entre Donetsk et Louhansk. C'est l'un des bilans les plus lourds subis par l'armée gouvernementale en neuf mois de guerre. ID:nL5N0VL1D2 L'Ukraine est prête à instaurer la loi martiale sur tout le territoire national en cas d'escalade du conflit, a averti le président ukrainien Petro Porochenko. François Hollande et Angela Merkel sont attendus à Minsk pour tenter de trouver une solution au conflit, sur la base des négociations menées par leurs conseillers et ceux des présidents russe et ukrainien. Le président français et la chancelière allemande se sont entretenus dans la matinée pour faire "un point rapide de la situation" et décider de façon définitive de participer à un sommet avec l'Ukrainien Petro Porochenko et le Russe Vladimir Poutine. "Il y a encore pas mal de problèmes qui restent à régler", a prévenu le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, même si l'Elysée assure que les conseillers diplomatiques ont avancé mardi et si de nouvelles discussions sont prévues ce mercredi. "PROGRÈS NOTABLES", DIT MOSCOU "Le premier, c'est: que deviennent les provinces de l'Est ? Le gouvernement ukrainien accepte une décentralisation qui est absolument légitime, les séparatistes et les Russes voudraient aller plus loin", a précisé Laurent Fabius. "Il y a un deuxième problème qui est extrêmement important, c'est la garantie de la frontière. Non seulement qui surveillera la frontière mais comment elle va être respectée et là, les Russes, pour le moment, mettent toute une série de conditions (...); on n'a pas encore débouché", a-t-il ajouté. D'autres questions restent en suspens concernant le cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes des zones de combat. Moscou se veut pourtant optimiste. "Il y a 70% de chances qu'un accord soit trouvé à Minsk", dit-on de source diplomatique russe. "Les présidents ne se déplacent pas (à Minsk) sans raison." Lors d'une conférence de presse à Moscou avec son homologue grec Nikos Kotzias, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé qu'il y avait eu des "progrès notables" dans la préparation des discussions. Un accord sur l'Ukraine devra protéger les droits de tous les citoyens vivant dans le pays, a-t-il souligné. Les résultats de ces discussions à quatre seront présentés jeudi à Bruxelles par le président ukrainien Petro Porochenko lors du Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne. En l'absence de progrès, un renforcement des sanctions contre la Russie est probable. BOMBARDEMENTS La guerre dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 5.000 morts depuis avril dernier. Kiev accuse la Russie de fournir des armes, des troupes et de l'argent aux séparatistes, ce que dément le Kremlin. Les rebelles tentent depuis plusieurs jours d'encercler la ville de Debaltseve, important noeud ferroviaire et routier entre leurs deux bastions de Louhansk et de Donetsk. Dans ce secteur, ils ont réussi à prendre la petite ville de Vouhlehirsk. Forts de leur avancée, certains chefs militaires séparatistes ne semblent guère intéressés par un cessez-le-feu. Dans la nuit, Petro Porochenko a visité le quartier général de l'armée ukrainienne à Kramatorsk, à une cinquantaine de kilomètres de la ligne de front, où sept civils et quatre militaires ont été tués mardi par des tirs de roquettes. Le président ukrainien a dénoncé un "crime contre l'humanité". A Donetsk, tenue par les rebelles, un obus a tué un homme mercredi matin à un arrêt d'autobus. (Avec Alessandra Prentice, Margarita Chornokondatrenko et Elizabeth Pineau; Guy Kerivel pour le service français)

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