SYNTHESE-Ukraine-Démission de chefs rebelles, Donetsk frappée

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par Thomas Grove DONETSK, Ukraine, 14 août (Reuters) - Deux chefs militaires séparatistes ont démissionné jeudi, alors que les forces gouvernementales continuent de reprendre du terrain aux rebelles dans l'est de l'Ukraine et que des obus sont tombés pour la première fois près du centre de Donetsk. Igor Strelkov, chef militaire des séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, a démissionné et sera remplacé par Vladimir Kononov, a annoncé jeudi la République autoproclamée de Donetsk sur son site internet. Il s'agit de la troisième démission en une semaine parmi les cadres de l'insurrection. Valery Bolotov, chef des séparatistes de la région de Louhansk, avait annoncé la sienne quelques heures plus tôt en raison de blessures l'empêchant d'assumer ses fonctions. Le 7 août, Alexandre Borodaï, son homologue à Donetsk, avait lui-aussi renoncé. Des obus d'artillerie sont tombés jeudi près du centre de Donetsk, grande ville de l'est de l'Ukraine où sont retranchés des séparatistes pro-russes, faisant au moins un mort. Les employés du centre administratif de la ville se sont précipités hors de leurs bureaux en raison des alarmes déclenchées par de puissantes explosions à proximité. Peu après, deux autres explosions ont retenti près du centre de Donetsk alors qu'on avait pu entendre juste auparavant le sifflement d'obus, selon un journaliste de Reuters sur place. Novorossiya, site internet des séparatistes, rapporte que les forces ukrainiennes ont bombardé le faubourg de Leninski après avoir déjà frappé les jours précédents des secteurs à l'est et au sud-ouest de Donetsk. Le revers subi par les rebelles pourrait forcer le président russe Vladimir Poutine à repenser sa stratégie, alors que les relations diplomatiques entre Moscou et les grandes puissances occidentales sont extrêmement tendues en raison du conflit ukrainien. CONVOI UKRAINIEN Le chef d'État a déclaré jeudi que la Russie était prête à se défendre mais que cela ne devait pas se faire au prix d'une confrontation avec le reste du monde, une annonce qui tranche avec les déclarations de ces derniers mois sur le dossier ukrainien. ID:nL6N0QK3SD Il a également souligné que Moscou ferait tout son possible pour que le sang cesse de couler en Ukraine, où les forces gouvernementales combattent des séparatistes pro-russes. Selon certains de ses détracteurs occidentaux, le président russe a déjà tenu ce genre de propos apaisants qui n'ont pas eu d'effet sur le terrain. Kiev et ses alliés occidentaux craignent que l'envoi du convoi humanitaire russe en Ukraine ne soit qu'un prétexte trouvé par le Kremlin pour mener une opération armée dans l'est de l'Ukraine où se poursuivent les combats entre forces gouvernementales et séparatistes pro-russes. Les ministres des Affaires étrangères russe et ukrainien se sont entretenus à propos du convoi, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères, précisant que l'entretien téléphonique entre Sergueï Lavrov et son homologue ukrainien Pavlo Klimkine entrait dans le cadre "de discussions permanentes et intenses" auxquelles participent également le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). "Ils ont discuté des modalités de l'exécution rapide d'une initiative visant à fournir une assistance humanitaire à la population du sud-est de l'Ukraine", a précisé le ministère. Laurent Corbaz, directeur du CICR en Europe et Asie centrale, est arrivé à Kiev et rencontrera les autorités ukrainiennes vendredi, a annoncé jeudi une porte-parole du CICR. Le responsable de l'ONG discutera également d'un autre convoi humanitaire, ukrainien, avant de se rendre à Moscou pour s'entretenir avec les autorités russes, a ajouté Anastasia Isyuk. "Les deux convois sont deux questions d, qui sont discutées avec les intéressés", a-t-elle déclaré à Reuters, ajoutant que lors de ces rencontres, Laurent Corbaz soulignerait le rôle "strictement humanitaire" du CICR et le fait que "la distribution n'aide ne devrait pas être politisée". Moscou et Kiev doivent toujours se mettre d'accord sur le passage du convoi de 280 camions russes à la frontière ukrainienne. (Maxim Shemetov et Dmitry Madorsky dans le sud de la Russie, Martia Tsvetkova, Dmitry Zhdannikov et Katya Golubkova à Moscow, Alexei Anishchuk à Yalta; Agathe Machecourt pour le service français, édité par Myriam Ribet)

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