SYNTHESE-Turquie-Les purges s'étendent à d'autres secteurs après le putsch avorté

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    * Trente-cinq mille personnes suspendues ou interpellées 
    * Des décision "importantes" annoncées pour mercredi 
    * Une demande officielle d'extradition de Gülen en 
préparation 
    * Hollande juge la peine de mort incompatible avec une 
adhésion à l'UE 
 
    par Humeyra Pamuk et Ercan Gurses 
    ISTANBUL/ANKARA, 19 juillet (Reuters) - Le pouvoir turc a 
promis mardi d'éradiquer le mouvement du prédicateur en exil 
Fethullah Gülen, tenu responsable du putsch manqué du 15 
juillet, et les purges déjà lancées dans les forces armées, la 
police et l'appareil judiciaire se sont étendues à 
l'enseignement, aux renseignements et aux instances religieuses. 
    Les autorités ont à ce jour suspendu ou placé en détention 
provisoire près de 35.000 soldats, policiers, juges et 
fonctionnaires depuis l'échec du putsch, qui a fait au moins 232 
morts et 1.400 blessés. Plus de 9.320 personnes font l'objet 
d'une procédure pénale pour leur lien avec le putsch, a dit à la 
presse le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus. 
    Mardi, les autorités ont annoncé la fermeture des médias 
considérés favorables à Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis, 
et le renvoi de 15.000 agents dépendant du ministère de 
l'éducation. Le Conseil supérieur de l'enseignement a d'autre 
part exigé des 1.577 doyens des universités du pays, publiques 
et privées, qu'ils renoncent à leurs fonctions. 
    Ont été également mis à pied 492 employés de la Direction 
des Affaires religieuses, la plus haute autorité musulmane du 
pays, ainsi que 257 fonctionnaires travaillant au cabinet du 
Premier ministre et 100 responsables des services de 
renseignement. 
    Les alliés occidentaux d'Ankara ont exprimé leur solidarité 
avec le gouvernement turc après l'échec du putsch mais ne 
cachent pas leur inquiétude face à l'ampleur et la rapidité de 
la réaction des autorités, qu'ils appellent à respecter les 
valeurs de la démocratie. 
    Ancien allié politique du président turc Recep Tayyip 
Erdogan, Fethullah Gülen, qui à 75 ans vit en exil en 
Pennsylvanie, nie tout rôle dans le coup de force de vendredi et 
a laissé entendre que le pouvoir turc avait peut-être fabriqué 
de toutes pièces un faux putsch pour justifier la répression. 
    Le Premier ministre, Binali Yildirim, a assuré que la 
Turquie se débarrasserait du mouvement de Gülen. 
    "Nous allons l'éradiquer, de sorte qu'aucune organisation 
terroriste clandestine n'ait le courage de trahir de nouveau 
notre peuple béni", a-t-il dit devant les parlementaires. 
    Le chef du gouvernement a annoncé qu'il adresserait sous peu 
aux Etats-Unis les preuves de l'implication de ce prédicateur en 
exil dans la tentative de coup d'Etat et a redit que la Turquie 
réclamait son extradition. 
     
    DECISIONS "IMPORTANTES" MERCREDI 
    Binali Yildirim a accusé les Etats-Unis de tenir un double 
langage sur le terrorisme et rappelé que la Turquie s'était 
tenue au côté des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 
2001. Ankara, a dit de son côté le porte-parole d'Erdogan, 
prépare actuellement une demande d'extradition en bonne et due 
forme visant Gülen. 
    "Si les Etats-Unis insistent pour le garder, les gens 
commenceront à se dire qu'ils le protègent", a dit le 
porte-parole, Ibrahim Kalin, à la presse à Istanbul. 
    "Nous avons plus de preuves qu'il n'en faut, plus que vous 
pouvez en demander concernant Gülen", a déclaré le ministre de 
la Justice Bekir Bozdak, devant le parlement d'Ankara. "Tous les 
éléments montrent que la tentative de putsch découlait de sa 
volonté et de ses ordres", a dit Bozdak à la presse. 
    Binali Yildirim a indiqué que le gouvernement turc prendrait 
mercredi d'importances décisions visant à extirper le pays des 
"circonstances extraordinaires" dans lesquelles l'a plongé la 
tentative de putsch. 
    Dans un discours devant les députés de son parti AKP, il a 
assuré d'autre part que l'Etat turc garantirait "la sécurité à 
100%" à travers le pays, qui compte près de 80 millions 
d'habitants. Un peu plus tôt, mardi, Recep Tayyip Erdogan avait 
déclaré que le Conseil national de sécurité et le gouvernement 
se réuniraient mercredi pour prendre des décisions à même 
d'engager la Turquie sur une nouvelle voie. 
    A en croire Binal Yildirim, la Turquie va respecter l'Etat 
de droit et ne se laissera pas emporter par l'esprit de 
vengeance lors du procès des putschistes. S'exprimant au côté du 
chef de file du principal parti de l'opposition laïque, le CHP, 
il a assuré que le pays devait empêcher que certains 
n'exploitent la situation actuelle. 
    "Nous avons besoin de l'unité et de fraternité", a-t-il dit. 
    De son côté, le parti de la droite nationaliste MHP a 
indiqué qu'il soutiendrait le gouvernement si celui-ci 
s'efforçait de rétablir la peine de mort, abolie en 2004. 
    En visite au Portugal mardi, le président français, François 
Hollande, a déclaré que la Turquie ne pouvait introduire la 
peine de mort dans son droit tout en espérant pouvoir rejoindre 
un jour l'Union européenne et il a appelé à juger les auteurs du 
coup d'Etat raté conformément au droit. (voir  )   
 
 (avec Jean-Baptiste Vey à Lisbonne; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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  • M4763438 il y a 5 mois

    l adhésion à l' UE, même pas en rêve !!!