SYNTHESE-Syrie-Reprise des discussions, Poutine va retirer des troupes

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    * Poutine annonce le retrait du gros des troupes russes de 
Syrie 
    * Ce retrait débutera mardi 
    * Assad a accepté une "réduction" de la présence aérienne 
russe 
    * Washington n'avait pas été informé 
    * Reprise des discussions de paix à Genève 
 
    par Denis Dyomkin et Tom Miles 
    MOSCOU/GENEVE, 14 mars (Reuters) - Vladimir Poutine a 
annoncé lundi, quelques heures après la reprise à Genève des 
négociations de paix sur la Syrie, qu'il avait ordonné le 
retrait, à partir de mardi, du gros des forces russes déployées 
dans ce pays. 
    Le président russe, qui n'a pas donné d'autres précisions 
sur le calendrier de ce retrait, a estimé que les objectifs 
poursuivis lors de l'intervention militaire lancée fin septembre 
avaient été dans l'ensemble atteints. 
    La Russie est intervenue pour aider l'armée du président 
syrien Bachar al Assad, alors en grande difficulté, à contenir 
les forces rebelles. Cet appui s'est principalement traduit par 
des frappes aériennes contre les insurgés. 
    La base navale russe de Tartous et la base aérienne de 
Hmeymime, dans la province de Lattaquié, continueront à opérer 
normalement, a précisé Vladimir Poutine. 
    "Le travail effectué par nos soldats (en Syrie) a créé les 
conditions nécessaires au lancement du processus de paix", a 
souligné le président russe. "Je pense que la tâche assignée au 
ministère de la Défense et aux forces armées russes a été, dans 
l'ensemble, remplie." 
    "Avec l'appui des soldats russes, les forces armées 
syriennes ont été en mesure de renverser la situation dans le 
combat contre le terrorisme international et ont repris 
l'initiative dans presque tous les domaines", a poursuivi 
Vladimir Poutine. 
    Il a ajouté qu'il avait demandé au chef de la diplomatie 
russe, Sergueï Lavrov, d'intensifier les efforts de la Russie en 
vue de parvenir à un règlement négocié du conflit, qui dure 
depuis cinq ans et a fait plus de 250.000 morts. 
     
    "MOMENT DE VÉRITÉ" 
    Vladimir Poutine a téléphoné à Bachar al Assad pour 
l'informer de sa décision. Pour leur part, des responsables 
américains ont fait savoir que les Etats-Unis n'avaient pas été 
informés à l'avance de cette décision. 
    A Damas, la présidence syrienne a déclaré que Poutine et 
Assad étaient tombés d'accord sur une réduction de la présence 
de l'armée de l'air russe en Syrie "en tenant compte de la 
situation sur le terrain". Damas a souligné que Moscou s'était 
engagé à poursuivre son soutien à la Syrie dans le combat contre 
le "terrorisme". 
    Un porte-parole des insurgés de l'Armée syrienne libre 
(ASL), Fadi Ahmad, a fait part de sa "surprise" devant la 
décision de Poutine, "aussi surprenante qu'avait été l'entrée en 
guerre de la Russie en septembre". 
    A Genève, le médiateur de l'Onu Staffan de Mistura a ouvert 
un nouveau cycle de pourparlers en déclarant que la Syrie vivait 
un "moment de vérité" et qu'il espérait aboutir sinon à un 
accord de paix, du moins à une "feuille de route claire". 
    Le diplomate a néanmoins prévenu que s'il ne constatait pas 
de volonté de négocier parmi les représentants du régime de 
Damas et de l'opposition syrienne, il renverrait le dossier 
devant le Conseil de sécurité des Nations unies. 
    L'émissaire de l'Onu estime que trois séries ("rounds") de 
négociations indirectes permettront d'aboutir sinon à un accord, 
du moins à une feuille de route. Dans son esprit, la première 
série doit s'achever aux alentours du 24 mars. Suivra une pause 
de sept à dix jours avant un deuxième round, d'au moins deux 
semaines. Une nouvelle pause précédera un troisième round. 
    "D'ici là, nous pensons que nous aurons au moins une feuille 
de route claire, je ne dis pas un accord, mais une feuille de 
route claire, parce que c'est ce que les Syriens attendent de 
nous", a-t-il précisé. 
     
    "PAS DE PLAN B" 
    Toutes les parties acceptent le principe d'une transition 
politique mais les représentants du régime et de l'opposition 
sont en désaccord sur le sort du président Bachar al Assad. 
    Staffan de Mistura a souligné que le seul "Plan B" qu'il 
connaissait était une reprise de la guerre, encore pire que ce 
que les Syriens endurent depuis mars 2011. 
    "Si, durant ces discussions et les prochaines séries, nous 
ne voyons aucune volonté de négocier, nous renverrons la 
question auprès de ceux qui ont de l'influence, c'est-à-dire la 
Fédération de Russie, les Etats-Unis et le Conseil de sécurité", 
a-t-il ajouté. 
    Les négociations seront "inclusives", a ajouté De Mistura, 
assurant que tous les Syriens devaient avoir la possibilité 
d'être entendus, sans mentionner spécifiquement cependant une 
participation des représentants de la communauté kurde de Syrie, 
pour le moment exclue des discussions.  
    La reprise des négociations intersyriennes, suspendue début 
février avant même d'avoir véritablement débuté, a été rendue 
possible par la mise en oeuvre d'un "accord de cessation des 
hostilités", plus ou moins respecté depuis le 27 février, mais 
qui a permis globalement de baisser le niveau de violence. 
    Les positions du gouvernement de Damas et de l'opposition 
syrienne semblent cependant laisser peu de place à un règlement 
négocié. 
    Le gouvernement syrien a transmis au médiateur de l'Onu un 
document intitulé "éléments de base pour une solution politique" 
et le chef de sa délégation, Bachar Dja'afari, a dit avoir eu un 
entretien positif et constructif avec Staffan de Mistura. 
    L'émissaire de l'Onu a indiqué pour sa part que des idées 
avaient été évoquées lors de ces discussions préparatoires qui 
doivent se poursuivre par une deuxième entrevue avec la 
délégation syrienne mercredi. 
 
 (Avec Suleiman al-Khalidi, Tom Perry, Stephanie Nebehay, Phil 
Stewart et Arshad Mohammed; Henri-Pierre André, Pierre Sérisier 
et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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