SYNTHESE-Syrie-Peu de percée à Vienne, des troupes US bientôt sur place

le
0

* Les discussions à Vienne n'ont pas tranché le sort d'Assad * Une nouvelle réunion multilatérale évoquée * L'Iran évoque une "transition" de six mois, puis un vote * Les USA vont envoyer pour la première fois des troupes au sol par Sabine Siebold, Parisa Hafezi et Arshad Mohammed VIENNE/WASHINGTON, 30 octobre (Reuters) - Les représentants 17 pays réunis vendredi à Vienne pour discuter de l'avenir de la Syrie après plus de quatre ans de guerre civile se sont bornés à appeler à un cessez-le-feu et à un processus menant à des élections libres, tandis que les Etats-Unis révélaient leur projet d'envoyer pour la première fois des troupes au sol dans la lutte contre l'Etat islamique. "Il n'y a toujours pas eu de percée mais cela n'était pas attendu pour aujourd'hui", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier à la presse à l'issue de la conférence à laquelle étaient également représentées l'Union européenne et les Nations unies. Il a ajouté que les participants avaient l'intention de travailler à l'établissement d'un gouvernement de transition et à un cessez-le-feu pour mettre fin aux violences après plus de quatre années d'une guerre qui a fait plus de 250.000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés. Tout en reconnaissant des "divergences substantielles", les participants affirment dans le communiqué publié à l'issue de la rencontre, qu'il est "impératif d'accélérer tous les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre". Une nouvelle réunion est prévue d'ici deux semaines. Le principal point de divergence, l'avenir du président syrien Bachar al Assad, soutenu par l'Iran et la Russie, mais dont les pays occidentaux veulent le départ, n'est pas évoqué dans le communiqué. Le texte se borne à déclarer que la décision concernant l'avenir de la Syrie "appartient au peuple syrien", un point notamment souligné par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue de la rencontre. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a redit qu'elle souhaitait le départ de Bachar al Assad. "Pour nous les choses sont claires, il est le principal responsable du désastre syrien et donc il n'est pas question qu'il soit le futur de la Syrie", a déclaré Laurent Fabius. "COÏNCIDENCE" Un semblant d'avancée est toutefois apparu du côté de l'Iran, qui participait pour la première fois aux discussions sur la Syrie. Téhéran a laissé entendre qu'il accepterait une période de transition politique de six mois en Syrie suivie d'élections pour décider du sort du président Assad. "L'Iran n'insiste pas pour maintenir éternellement Assad au pouvoir", a déclaré Amir Abdollahian, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, l'un des envoyés de Téhéran à Vienne vendredi, cité par des médias iraniens. Un haut responsable du Moyen-Orient familier des positions iraniennes a déclaré que Téhéran pourrait aller jusqu'à retirer son soutien à Assad au terme de la période de transition. "Toutes les discussions visent à aboutir à des compromis et l'Iran est disposée à conclure un compromis en acceptant qu'Assad reste six mois", a dit ce responsable à Reuters. Pour Abou Ghaith al Chami, porte-parole du groupe rebelle Alouiyat Saïf al Cham, qui combat dans le sud, la participation de Bachar al Assad a des élections n'est pas envisageable. "Le sort d'Assad et de tous les criminels est d'être traduit en justice après les massacres commis par lui et deux qui sont avec lui à l'encontre du peuple syrien", a-t-il déclaré. Quant à l'annonce le même jour que la conférence de Vienne, de la décision d'envoyer des forces spéciales américaines en Syrie pour appuyer les rebelles dans la lutte contre l'Etat islamique (EI), il s'agit d'une "coïncidence", a déclaré le secrétaire d'Etat John Kerry. COOPÉRATION Les Etats-Unis avaient ces derniers mois reconnu que leurs forces spéciales avaient mené des raids en territoire syrien mais n'y avaient jamais stationné de troupes. L'engagement armé russe depuis un mois aux côtés du régime Assad a obligé les Etats-Unis et leurs alliés à revoir leur stratégie, qui faisait jusqu'alors du départ d'Assad l'une des conditions préalables à un accord de paix durable. La décision d'engager les forces spéciales va rendre la coopération entre les forces armées américaines et russes d'autant plus importante, a déclaré Sergueï Lavrov. Le principal allié des Etats-Unis dans le nord de la Syrie sont les forces kurdes, qui ont pris à l'EI le contrôle d'une région frontalière de la Turquie avec l'appui de l'aviation américaine. Les forces spéciales arriveront dans le nord de la Syrie d'ici un mois, a déclaré vendredi un responsable américain de la défense, qui a requis l'anonymat. Il s'agira d'une mission de conseil très large mais qui n'ira pas jusqu'à accompagner des combattants sur le terrain pour lutter contre l'EI, Les Etats-Unis n'ont pas pour l'instant l'intention de fournir des armes directement aux milices kurdes YPG mais continueront à soutenir ce groupe et les autres formations qui luttent efficacement contre l'Etat islamique, a ajouté ce responsable. Des responsables américains ont expliqué que la mission des forces spéciales serait de coopérer avec des "rebelles modérés" locaux pour lutter contre l'EI, qui contrôle toujours une partie importante de l'est de la Syrie et du nord de l'Irak, malgré les frappes aériennes américaines lancées depuis un an. ID:nL8N12U45I (Avec Louis Charbonneau, Francois Murphy, Matt Spetalnick, Sabine Siebold et Vladimir Soldatkin à Vienne, Tom Perry à Beyrouth, Michelle Nichols à New York et Doina Chiacu à Washington; Marc Angrand et Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant