SYNTHESE-Syrie-Pas de discussions pour l'opposition tant que frappe Moscou

le
0
    * L'opposition syrienne (HCN) rencontrera John Kerry samedi 
    * Les Kurdes du PYD veulent être représentés à Genève 
    * Le Kremlin dément avoir demandé à Bachar al Assad de 
partir 
    * Les avions russes pilonnent la province de Lattaquié-OSDH 
 
    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 22 janvier (Reuters) - L'opposition syrienne 
soutenue par l'Arabie saoudite a exclu vendredi des négociations 
de paix, même indirectes, avec le gouvernement de Damas tant 
qu'un certain nombre de mesures ne seraient pas prises et 
notamment l'arrêt des bombardements russes.  
    Dans ce contexte, et alors que la composition de la 
délégation de l'opposition devant se rendre en Suisse n'est 
toujours pas arrêtée, il semble de moins en moins certain que 
les discussions commencent lundi à Genève comme prévu. 
    Le gouvernement syrien a dit être prêt à s'y rendre. 
L'émissaire spécial des Nations unies, Staffan de Mistura, a dit 
qu'il ferait le point sur les progrès effectués pendant le 
week-end. 
    Les différends à régler dans le conflit syrien, qui dure 
depuis près de cinq ans, sont énormes, notamment en ce qui 
concerne l'avenir du président syrien Bachar al Assad et les 
tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran. Vendredi, la Russie 
a démenti avoir demandé fin 2015 à Bachar al Assad de 
démissionner.   
    Selon la Russie, principal allié, avec l'Iran, du président 
syrien, les discussions pourraient ne commencer que le 27 ou le 
28 janvier.   
    Pour Georges Sabra, une des figures de l'opposition à Bachar 
al Assad, qui a été nommé cette semaine membre de la délégation 
de l'opposition qui se rendrait aux discussions, il y a toujours 
des "obstacles" à surmonter pour que la conférence du 25 janvier 
puisse avoir lieu.  
    Dans un entretien téléphonique à Reuters, il a réitéré sa 
demande de levée du blocus des zones peuplées et la libération 
de détenus, toutes mesures mentionnée dans la résolution du 
Conseil de sécurité des Nations unies du 18 décembre dernier qui 
a avalisé le processus de paix. 
    "Les bombardements russes de civils doivent cesser et les 
sièges ou blocus doivent être levés", a-t-il déclaré. "Les 
modalités des discussions ne nous concernent pas mais les 
conditions doivent être réunies pour qu'elles aient lieu." 
    Le Haut comité des négociations (HCN) a été créé en Arabie 
saoudite le mois dernier. Il regroupe les opposants à Bachar al 
Assad, et notamment les groupes rebelles de l'ouest de la Syrie, 
principal théâtre des affrontements entre les rebelles et Damas. 
    Depuis septembre, les bombardements russes et les forces 
iraniennes sur le terrain ont conforté les positions du régime 
syrien dans cette partie du pays. 
     
    "BEAUCOUP DE PRESSION" 
    Vendredi, les avions russes ont poursuivi leurs frappes sur 
de nombreux secteurs de l'ouest et du nord de la Syrie, et 
notamment sur la région de Lattaquié, où le gouvernement a en 
cours une offensive contre les rebelles, a fait savoir 
l'Observatoire syrien des droits d del'homme (OSDH). 
    Les forces pro-gouvernementales se sont emparées d'un 
barrage situé à 10 km de Salma, reprise la semaine dernière.  
    Un des principaux groupes rebelles au sein du HCN, Djaïch al 
Islam (L'Armée de l'islam), a déclaré que l'opposition faisait 
l'objet de "beaucoup de pressions" pour faire des concessions, 
mais a souligné que l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie 
l'aidaient à "surmonter ces pressions". 
    Le principal négociateur choisi par le HCN  pour les 
négociations qui doivent se tenir à Genève est un membre de 
Djaïch al islam, ce qui complique les négociations parce que ce 
groupe est considéré comme terroriste par la Russie.  
    Le président du HCN, Riad Hidjab, doit rencontrer le chef de 
la diplomatie américaine John Kerry samedi. "Toutes les 
questions seront clairement exposées", a déclaré Georges Sabra. 
    La Russie considère le HCN comme une tentative de l'Arabie 
saoudite de dicter qui représente l'opposition. Le HCN a dit 
qu'il n'irait pas aux négociations si des tiers devaient y 
participer, alors que la Russie veut étoffer la délégation de 
l'opposition pour y inclure le PYD kurde et d'autres. 
    Les Kurdes ont pris le contrôle de territoires dans le nord 
et l'est de la Syrie où ils ont mis en place une administration 
autonome qui, expliquent-ils, doit servir de base pour régler le 
conflit syrien.  
    L'opposition accuse les Kurdes de coopérer avec Damas, ce 
qu'ils démentent. Jeudi, un des membres de l'opposition a 
suggéré que les Kurdes participent mais du côté gouvernemental. 
    De leur côté, les Kurdes du PYD affirment qu'ils doivent 
être représentés à Genève sous peine d'échec des discussions et 
accusent Djaïch al Islam de faire montre de la "même mentalité" 
qu'Al Qaïda et l'Etat islamique. 
    "Si certaines parties qui sont efficaces dans le dossier 
syrien ne sont pas autour de la table, il va se passer la même 
chose que ce qu'il s'est passé à Genève 2", a dit Saleh Muslim, 
qui codirige le Parti de l'union démocratique (PYD), en 
référence aux négociations de 2014 qui s'étaient terminées sans 
résultats concrets.   
 
 (Avec John Davision à Beyrouth, John Irish à Paris et Stephanie 
Nehebay à Genève; Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant