SYNTHESE-Syrie-Nouvelle courte trêve vers Damas et Lattaquié, pas à Alep

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    * Alep toujours sous les frappes aériennes et terrestres 
    * Elles ont tué 200 civils en une semaine 
    * Nouvelle trêve partielle vers Damas et Lattaquié 
    * Alep ne semble pas concerné par ce "régime de calme" 
    * Pas de nouvelle date pour la reprise des négociations 
 
 (Actualisé avec bilan mosquée et hôpital) 
    par Lisa Barrington et Jack Stubbs 
    BEYROUTH, 29 avril (Reuters) - Le gouvernement syrien a 
annoncé vendredi un bref arrêt des combats près de Damas et dans 
la province de Lattaquié à partir de samedi, sans faire mention 
d'une trêve à Alep, où les combats sont les plus intenses. 
    Le nouveau "régime de calme" commencera samedi à 01h00. Il 
durera 24 heures dans la capitale et dans ses faubourgs de la 
Ghouta orientale et 72 heures dans les zones rurales du nord de 
la province de Lattaquié, précise l'armée syrienne dans un 
communiqué. 
    Les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans ces 
deux secteurs. Le communiqué de l'armée ne parle pas d'Alep où 
les combats sont les plus meurtriers. Cette agglomération, qui 
était avant la guerre la plus grande ville de Syrie, est divisée 
en secteurs tenus par les rebelles et zones tenues par le 
gouvernement. Mercredi soir, une frappe aérienne sur un hôpital 
de la ville, l'hôpital Al Qods, a fait près de 30 morts. 
    D'après Kadri Djamil, un représentant de l'opposition 
syrienne cité par les agences de presse russes, la nouvelle 
trêve s'appliquera également à Alep. Aucune confirmation de 
cette information n'a pu être obtenue. 
    Le communiqué de l'armée syrienne n'explique pas ce qu'il 
faut entendre par "régime de calme". Selon un responsable russe 
cité par l'agence de presse Interfax, cela veut dire la 
cessation de toutes les activités militaires. 
    Damas décrit cette accalmie comme une tentative de sauver 
l'accord de "cessation des hostilités" mis en place en février 
qui ne concerne pas la lutte contre les djihadistes de l'Etat 
islamique et du Front al Nosra.  
    Le régime syrien affirme que cela doit permettre une 
nouvelle série de négociations de paix à Genève mais le 
processus de trêve s'est pratiquement effondré ces derniers 
jours, comme d'ailleurs les pourparlers en Suisse. 
    Le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, 
le prince Zeid Ra'ad Zeid al Hussein, a déclaré que le niveau de 
violence "était remonté aux niveaux constatés avant la cessation 
des hostilités". 
    "Il y a des informations très perturbantes de renforcements 
militaires indiquant des préparatifs d'escalade meurtrière", a  
déclaré le Haut Commissaire. Ces informations sont la preuve 
"d'une indifférence monstrueuse pour les vies civiles de la part 
de toutes les parties au conflit", a-t-il ajouté. 
     
    SOUS LES DÉCOMBRES 
    Les Nations unies ont appelé Moscou et Washington à 
travailler à restaurer l'accord de cessation des hostilités pour 
empêcher l'effondrement du processus de paix, qui a été 
interrompu cette semaine à Genève avec quasiment aucune avancée 
et le départ de l'opposition. 
    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc 
Ayrault a lui aussi évoqué "une offensive imminente pour 
reprendre Alep" de la part du gouvernement syrien et dénoncé "de 
graves violations du droit international humanitaire". Il a 
appelé la communauté internationale à faire "pression sur le 
régime syrien pour que la trêve soit respectée". 
    "Sans une amélioration significative de la situation sur le 
terrain, les conditions ne seront pas réunies pour permettre à 
l'opposition de revenir à Genève", ajoute le chef de la 
diplomatie française. 
    Après une brève accalmie à l'aube, les frappes aériennes 
dans les quartiers d'Alep tenus par les rebelles et le 
bombardement des secteurs aux mains de l'armée syrienne ont 
repris vendredi matin.  
    Au cours des sept derniers jours, les divers bombardements 
menés par l'armée syrienne dans les quartiers d'Alep tenus par 
les insurgés ont coûté la vie à 131 civils, dont 21 enfants, 
rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une 
ONG basée à Londres qui tente de dresser un bilan quotidien du 
conflit grâce à un réseau d'informateurs sur le terrain. 
    Sur la même période, les bombardements rebelles de zones 
sous contrôle des forces gouvernementales ont fait 71 morts, 
dont 13 enfants, poursuit l'OSDH. 
    Vendredi, les frappes aériennes de l'armée syrienne sur les 
zones rebelles ont fait au moins six morts et un nombre plus 
important de blessés et de personnes coincées sous les 
décombres, indique l'OSDH. 
    Selon Bebars Michal, un responsable de la Protection civile 
qui travaille dans les secteurs d'Alep tenus par les rebelles, 
une grande partie des frappes aériennes de ce vendredi matin ont 
visé des quartiers tenus par les rebelles autour de mosquées.  
    L'une d'elle a touché une clinique dans le quartier d'Al 
Mardja, a-t-il ajouté. 
    L'agence de presse syrienne Sana a, à l'inverse, évoqué des 
tirs rebelles contre une mosquée d'Alep située dans le quartier 
d'Al Faradj, tenu par les forces gouvernementales. Les tirs de 
mortier des insurgés ont fait trois morts et 25 blessés à la 
sortie de la prière du vendredi. 
 
 (Avec Omar Fahly; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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