SYNTHESE-Syrie-Moscou reste inflexible malgré les pressions

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    * Le projet de résolution français inacceptable pour la 
Russie 
    * Le texte sera soumis samedi au Conseil de sécurité 
    * Kerry demande une enquête pour crime de guerre 
 
    par Jack Stubbs et John Davison 
    MOSCOU/BEYROUTH, 7 octobre (Reuters) - La Russie a réaffirmé 
vendredi son hostilité au projet de résolution présenté à l'Onu 
par la France et l'Espagne pour tenter de mettre fin aux 
bombardements aériens des quartiers de l'est d'Alep tenus par 
les insurgés. 
    Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi 
Gatilov, a jugé plusieurs points "inacceptables", notamment la 
"politisation" de l'aide humanitaire.  
    Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, s'est en 
revanche dit favorable à l'offre de Staffan de Mistura, 
émissaire de l'Onu pour la Syrie, qui s'est dit prêt jeudi à se 
rendre en personne à Alep pour procéder à l'évacuation du 
millier de combattants djihadistes qui s'y trouveraient. 
  
    Le président syrien, Bachar al Assad, avait proposé la 
veille une amnistie aux combattants qui accepteraient de quitter 
Alep-Est avec leurs familles et un sauf-conduit pour gagner 
d'autres secteurs de Syrie aux mains de l'opposition.  
    Les insurgés, bombardés depuis 15 jours avec une intensité 
sans précédent par l'aviation russe et l'armée syrienne, disent 
toutefois ne pas faire confiance au chef de l'Etat et jugent que 
son offre a pour but de purger la partie orientale de la ville 
de sa population sunnite.  
    En déplacement à Washington au lendemain d'une visite à 
Moscou, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a 
indiqué que le projet de résolution serait soumis samedi au vote 
du Conseil de sécurité des Nations unies.  
    Il a ajouté que le texte restait ouvert à la discussion mais 
qu'il n'était pas question de revenir sur les deux principaux 
points: l'instauration d'un cessez-le-feu et d'une zone 
d'exclusion aérienne au-dessus d'Alep et l'acheminement de 
l'aide humanitaire dans les villes assiégées.  
     
    "NOUS DEVONS FAIRE CESSER CETTE ATROCITÉ" 
    "J'ai encore l'espoir que la résolution soit votée et 
qu'elle puisse être mise en oeuvre (...) Demain (samedi), ce 
sera l'heure de vérité (...) pour les membres du Conseil de 
sécurité et (...) en particulier pour nos partenaires russes", 
a-t-il poursuivi.  
    "Le secrétaire général des Nations unies a parlé de crimes 
de guerre. C'est la réalité", a ajouté le ministre français, 
évoquant le sort des 250.000 habitants d'Alep-Est. Il 
participera à la réunion du Conseil de sécurité, a fait savoir 
le Quai d'Orsay dans la soirée.   
    "Nous devons faire cesser cette atrocité", a quant à elle 
déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, tandis que son 
gouvernement ouvrait la voie à des sanctions à l'encontre de la 
Russie.  
    Pour le secrétaire d'Etat américain, les bombardements 
répétés et délibérés d'hôpitaux par les armées russe et syrienne 
doivent faire l'objet d'une enquête pour crimes de guerre.  
    "La nuit dernière, le régime (syrien) a encore attaqué un 
hôpital, dans lequel 20 personnes ont été tuées et 100 
blessées", a déclaré John Kerry avant son entretien avec 
Jean-Marc Ayrault. 
    "La Russie et le régime doivent au monde davantage qu'une 
explication sur les raisons pour lesquelles ils continuent à 
frapper des hôpitaux, des structures médicales, des enfants, des 
femmes." 
    Sur le terrain, les forces gouvernementales ont poursuivi 
vendredi leur offensive au sol, mais les frappes aériennes 
restent moins nourries qu'au cours des deux dernières semaines. 
  
    Des combats ont notamment éclaté à Cheikh Saïd, un quartier 
du sud d'Alep proche de celui de Ramoussah, où ont eu lieu les 
affrontements les plus intenses de cet été.  
    Selon une source militaire syrienne, l'armée a pris 
plusieurs positions importantes sur la colline de Cheikh Saïd, 
mais des rebelles disent les avoir reprises. 
     
 
 (Avec Arshad Mohammed, Michelle Nichols et Angus McDowall; 
Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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