SYNTHESE-Syrie-Les combats à l'arrêt, première trêve en cinq ans

le
0
    * La trêve globalement respectée dans l'est du pays 
    * L'Onu pour des négociations le 7 mars si l'arrêt se 
maintient 
    * L'aide humanitaire doit pouvoir atteindre tous les Syriens 
 
    par John Davison 
    BEYROUTH, 27 février (Reuters) - Les combats sont 
globalement à l'arrêt dans l'ouest de la Syrie samedi après 
l'entrée en vigueur du plan russo-américain de cessation des 
hostilités, un calme sans précédent en cinq années de conflit. 
    C'est la première fois que les grandes puissances ont réussi 
à négocier une pause dans la guerre civile qui frappe la Syrie. 
Les Nations unies entendent saisir l'occasion pour reprendre des 
négociations entre le régime de Bachar al Assad et l'opposition. 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG 
basée à Londres, et les Nations Unies n'ont fait état que de 
tirs isolés dans l'ouest du pays depuis le début de la trêve, 
vendredi à 22h00 GMT.  
    Selon l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, 
Staffan de Mistura, des incidents constatés à Damas, la 
capitale, et Deraa, dans le sud-ouest du pays, quelques minutes 
après l'heure dite ont rapidement fait place au calme. Le calme 
est ensuite rapidement revenu dans les deux villes. 
    Le gouvernement syrien et son allié russe, ainsi que 
plusieurs groupes de l'opposition syrienne, avaient dit qu'ils 
se conformeraient au plan. 
    Le texte élaboré par Washington et Moscou exclut de son 
champ d'application l'Etat islamique et le Front al Nosra, 
émanation syrienne d'Al Qaïda. La Russie a d'ailleurs prévenu 
qu'elle ne cesserait pas ses opérations contre ces deux groupes. 
    Les Nations unies ont exhorté vendredi toutes les parties 
prenantes à respecter les termes du cessez-le-feu.  
    "Prions pour que cela fonctionne car, très franchement, 
c'est la meilleure opportunité qui se soit jamais présentée au 
peuple syrien depuis cinq années pour voir apparaître quelque 
chose de meilleur et, espérons-le, qui aura trait à la paix. Les 
faits le diront", a dit vendredi l'émissaire spécial des Nations 
unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. 
     
    LE CALME PRÉVAUT 
    L'émissaire a annoncé son intention d'organiser trois 
semaines de discussions de paix à partir du 7 mars. Le conflit 
syrien a fait 250.000 morts et onze millions de déplacés. 
    Les discussions auront lieu pour peu que le cessez-le-feu 
tienne sur le terrain, a précisé Staffan de Mistura et que 
l'aide humanitaire puisse être davantage distribuée. 
    Les combats ont fait rage dans l'ouest de la Syrie jusqu'à 
l'entrée en vigueur de la trêve, a indiqué l'OSDH. Mais, peu 
après minuit, le calme régnait dans une grande partie du pays. 
    "A Damas et dans les campagnes alentours (...) pour la 
première fois depuis des années, le calme prévaut", a déclaré le 
directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahman. "A Lattaquié, c'est 
calme, et à la base aérienne de Hmeimim, il n'y a aucune 
activité", a-t-il dit à propos de l'endroit d'où décollent les 
avions de guerre russes. 
    Dans le nord du pays, à Alep, des coups de feu ont été 
entendus peu après minuit et des explosions ont retenti dans le 
nord de la province de Homs, sans que leur origine soit connue, 
a dit Rami Abdoulrahman. 
    Dans la journée de vendredi, 40 militaires du gouvernement 
syrien et des forces alliées et 18 rebelles sont morts dans des 
combats et frappes aériennes dans la province Lattaquié, a 
annoncé l'OSDH. 
    Egalement dans les heures qui ont précédé l'arrêt des 
combats, six personnes ont été tués dans un raid aérien dans la 
province d'Alep. A Douma, dans la plaine de la Ghouta orientale 
près de Damas, cinq personnes ont été tuées. Deraya, ville 
assiégée près de la capitale, a été bombardée par des dizaines 
de frappes aériennes. 
     
    METTRE FIN À UN CONFLIT ATROCE 
    Vendredi, le Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, a 
dénoncé la trêve et a appelé tous les rebelles syriens à 
intensifier leurs attaques contre les forces du président Bachar 
al Assad et leurs alliés chiites libanais et iraniens. 
    Le plan russo-américain, qui n'a pas été signé par les 
parties prenantes, est moins contraignant qu'un accord formel. 
Il prévoit un arrêt des combats afin de permettre à l'aide 
humanitaire d'atteindre les populations assiégées et de 
reprendre les négociations. 
    Certaines mesures d'aide internationale ont été apportées 
cette année dans des villes assiégées à la suite d'accords 
ciblés mais les Nations Unies demandent un accès plus large à 
tous les Syriens qui en ont besoin. 
    La Croix rouge a appelé à mettre fin au conflit. 
    "Il est temps pour les belligérants de mettre un terme à ce 
conflit atroce et pour les puissances mondiales qui peuvent 
influencer la situation d'agir de manière décisive", a dit le 
président de la Croix-Rouge Peter Maurer dans un communiqué. 
    "La chose la plus urgente est d'augmenter l'aide humanitaire 
(...). La livraison de l'aide ne doit pas dépendre des 
négociations politiques", a-t-il dit. 
    Pour les Nations unies, la trêve est une étape préliminaire 
à un cessez-le-feu officiel à établir. Le gouvernement syrien a 
fait savoir que la trêve serait rompue si des Etats étrangers 
fournissaient les rebelles en armes ou si ces derniers 
profitaient du cessez-le-feu pour se réarmer. 
    La principale organisation d'opposition soutenue par Ryad, 
le Haut conseil pour les négociations (HCN), a dit qu'elle 
acceptait une trêve de deux semaines, tout en craignant que les 
forces gouvernementales ne poursuivent leurs attaques contre les 
rebelles sous couvert de viser le Front al Nosra. 
    Les YPG (unités de protection du peuple), qui constituent un 
partenaire important pour la coalition internationale contre 
l'Etat islamique conduite par les Etats-Unis, s'y sont également 
rallié, en se réservant toutefois le droit de riposter si elles 
étaient attaquées.  
    Ses combattants ont poursuivi leurs affrontements avec l'EI 
vendredi dans la province de Rakka, bastion des djihadistes, a 
fait savoir l'OSDH. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant