SYNTHESE-Syrie-La Russie doute de la cessation des hostilités

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    * L'accord de Munich a 49% de chances de réussir, selon 
Lavrov 
    * Valls et Kerry réclament l'arrêt des bombardements russes 
    * L'armée syrienne aux portes de la province de Rakka 
    * Les forces fidèles à Assad progressent vers Alep 
 
    par Paul Carrel, Shadia Nasralla, Tom Perry et Jean-Baptiste 
Vey 
    MUNICH, 13 février (Reuters) - Moscou a semé le doute samedi 
sur l'accord de "cessation des hostilités" conclu la veille par 
le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) auquel elle 
appartient, tandis que les forces gouvernementales soutenues par 
l'aviation russe gagnaient à nouveau du terrain autour d'Alep, 
dans le Nord, et vers Rakka, dans l'Est.  
    Outre cette trêve censée entrer en vigueur d'ici une 
semaine, l'accord adopté dans la nuit de jeudi à vendredi à 
Munich prévoit l'acheminement d'aide humanitaire mais aussi la 
poursuite de la lutte contre les mouvements djihadistes, ce qui, 
aux yeux de Damas et de Moscou, justifie celle des offensives en 
cours.  
    Manuel Valls, chef du gouvernement français, et le 
secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui assistent à Munich à 
la conférence annuelle sur la sécurité internationale, ont tous 
deux réclamé l'arrêt des bombardements russes dans les zones 
civiles. 
    "La France respecte la Russie et ses intérêts, mais nous 
savons que, pour retrouver la voie de la paix, de la discussion, 
les bombardements des populations civiles doivent cesser", a 
déclaré le premier, s'adressant à son homologue russe Dmitri 
Medvedev. Le président français, François Hollande, avait tenu 
des propos identiques jeudi.   
    L'accord sur la cessation des hostilités en Syrie est une 
étape qu'il faut désormais "d'urgence concrétiser. Seuls les 
faits pourront parler", a ajouté Manuel Valls.  
    "Il n'y a pas de preuve de bombardements russes contre les 
civils, même si tout le monde nous en accuse. (Ce n'est) tout 
simplement pas vrai", lui a répondu le Premier ministre russe.  
    Pour John Kerry, "la vaste majorité des raids russes a visé 
des branches de l'opposition légitime".  
    "Pour adhérer à l'accord qu'elle a conclu, la Russie doit 
changer de méthode de ciblage", a-t-il souligné. 
    Interrogé sur les chances de succès de l'accord de Munich, 
son homologue russe Sergueï Lavrov les a évaluées à 49%. Pour le 
ministre allemand des Affaires, Frank-Walter Steinmeier, auquel 
la même question a été posée, les chances sont de 51%. 
     
    ALEP ET RAKKA, DEUX ENJEUX MAJEURS     
    Il ne s'agit pas d'un cessez-le-feu dans la mesure où ni les 
insurgés ni les forces gouvernementales ne l'ont signé. Dans un 
entretien accordé jeudi à l'AFP, Bachar al Assad a même affiché 
sa détermination à reprendre le contrôle de l'intégralité du 
territoire syrien. Le président syrien "se trompe s'il pense que 
le conflit peut être résolu par la force", a répliqué vendredi 
un porte-parole du département d'Etat.  
    Les forces gouvernementales ont néanmoins poussé leur 
avantage et se trouvent désormais aux portes de la province de 
Rakka, dans l'Est, dont elles ont été chassées en 2014 par les 
djihadistes de l'Etat islamique (EI), rapporte l'Observatoire 
syrien des droits de l'homme (OSDH). Elles chercheraient ainsi à 
prévenir une intervention au sol de l'Arabie saoudite contre 
l'EI, qui a fait de Rakka la "capitale" de son califat. 
    L'armée syrienne a par ailleurs annoncé la reconquête de 
nouvelles zones de la région d'Alep. Sa progression, soutenue 
par l'aviation russe, le Hezbollah libanais et des combattants 
iraniens, a permis de couper la principale voie 
d'approvisionnement des rebelles en provenance de la Turquie 
voisine. 
    La reprise d'Alep, ville la plus peuplée de Syrie avant le 
conflit, et la fermeture de la frontière turque serait une 
cuisante défaite pour les insurgés qui, avant l'intervention 
russe entamée le 30 septembre, avaient le vent en poupe. 
    Deux chefs rebelles interrogés vendredi ont dit avoir reçu 
de l'étranger d'"excellentes quantités" de roquettes Grad d'une 
portée de 20 km, ces derniers jours, pour faire face à 
l'offensive du régime syrien dans la région d'Alep. 
    Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a par 
ailleurs annoncé que l'Arabie saoudite allait envoyer des avions 
sur la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, pour 
mener des frappes contre les positions de l'EI en Syrie. 
    De son côté, le secrétaire américain à la Défense Ashton 
Carter a souhaité vendredi que l'Arabie saoudite et les Emirats 
arabes unis déploient des forces spéciales en Syrie pour 
soutenir les insurgés. Officiellement, il s'agit de les aider à 
reprendre Rakka.      
 
 (Avec Denis Dyomkin à Moscou, Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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