SYNTHESE-Syrie-L'accord de Munich laisse peu d'espoirs

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    * Une semaine pour parvenir à la cessation des hostilités 
    * La reprise des négociations toujours pas garantie 
    * Les raids russes se poursuivent 
    * Assad promet de reconquérir l'intégralité de la Syrie 
 
    par John Irish et Warren Strobel 
    MUNICH, 12 février (Reuters) - L'émissaire de l'Onu pour la 
Syrie, Staffan de Mistura, s'est félicité vendredi de l'accord 
de "cessation des hostilités" conclu la nuit précédente à Munich 
mais doute toujours de la reprise des négociations de paix, 
auxquelles Bachar al Assad se dit prêt à participer tout en 
promettant de reconquérir l'intégralité du territoire syrien.  
    Les Etats membres du Groupe international de soutien à la 
Syrie (GISS) réunis dans la capitale bavaroise se sont entendus 
sur la mise en oeuvre d'ici une semaine de cette trêve et sur 
l'acheminement rapide de l'aide humanitaire dans les zones 
assiégées.  
    Ils ne sont toutefois pas parvenus à un accord de 
cessez-le-feu en bonne et due forme ni sur la fin des 
bombardements russes, particulièrement intenses autour d'Alep, 
dans le Nord, où les forces syriennes ont lancé une vaste 
offensive qui a entraîné la suspension, le 3 février, des 
discussions entamées à Genève sous l'égide des Nations unies.  
    L'émissaire de l'Onu espère relancer les négociations le 25 
février mais rien n'indique que l'accord de vendredi garantisse 
leur reprise, a laissé entendre un porte-parole de 
l'organisation, parlant d'une situation "très nébuleuse".  
    Staffan de Mistura doit faire le point sur la situation le 
17 février devant le Conseil de sécurité, a-t-il ajouté. 
    Le Haut Comité pour les négociations (HCN) mis sur pied par 
l'opposition pour participer à la conférence de Genève se dit 
prêt à reprendre les discussions à condition que les frappes 
russes cessent et que l'aide humanitaire puisse être acheminée. 
  
    Dans un entretien accordé à l'AFP quelques heures avant 
l'accord conclu à Munich, Bachar al Assad se dit lui aussi prêt 
à négocier mais affiche également sa détermination à reprendre 
le contrôle de l'intégralité du territoire syrien. 
     
    UNE SEMAINE DÉCISIVE 
    La reconquête de tout le territoire syrien "est un but que 
nous cherchons à atteindre sans hésitation (...), que nous 
soyons capable de le faire ou non", dit le président.   
    "Depuis le début de la crise, nous croyons totalement aux 
négociations et à l'action politique. Cependant, négocier ne 
signifie pas qu'on arrête de combattre le terrorisme", 
ajoute-t-il.  
    L'accord conclu à Munich prévoit la poursuite des combats 
contre les mouvements djihadistes, notamment l'Etat islamique 
(EI ou EIIL) et le Front al Nosra, branche locale d'Al Qaïda, ce 
qui, aux yeux de Damas et de Moscou, justifie la poursuite des 
combats.  
    "Nos forces aériennes continueront à agir contre ces 
organisations", a promis Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie 
russe, laissant entendre que les raids se poursuivraient après 
l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités.  
    Côté occidental, on estime que les frappes russes visent 
davantage l'opposition jugée modérée et beaucoup, dont la France 
et la Grande-Bretagne, sont convaincus qu'il n'y a rien à 
espérer tant qu'elles se poursuivront. 
    "Si dans une semaine rien n'a changé à cause de leurs 
bombardements, ils (les Russes) en porteront la responsabilité", 
a commenté un diplomate français.  
     
    BOMBARDEMENTS RUSSES  
    "La Russie s'en est prise essentiellement à des mouvements 
d'opposition et pas à l'EIIL. Les raids des avions russes contre 
différents groupes d'opposants en Syrie ont en fin de compte nui 
aux efforts déployés pour parvenir à une solution pacifique 
négociée", a quant à lui déploré Jens Stoltenberg, secrétaire 
général de l'Otan.  
    Selon les rebelles, d'intenses bombardements russes ont visé 
vendredi Tal Rifaat, dans le nord de la province d'Alep, et 
l'Observatoire syrien des droits des droits l'homme a fait état 
d'autres raids aériens au nord de Homs.  
    Le délai d'une semaine fixé par l'accord de Munich pourrait 
laisser le temps aux forces syriennes et à leurs alliés russes, 
libanais et iraniens d'achever l'encerclement d'Alep, qui était 
la ville la plus peuplée de Syrie avant le conflit, et de priver 
les insurgés de tout accès à la frontière turque, par où 
transite l'essentiel de leurs approvisionnements.  
    De son côté, le secrétaire américain à la Défense Ashton 
Carter a souhaité que l'Arabie saoudite et les Emirats arabes 
unis déploient des forces spéciales en Syrie pour aider les 
insurgés. Officiellement, il s'agit de les aider à reprendre 
Rakka, capitale du califat proclamé par les djihadistes du 
groupe Etat islamique (EI ou EIIL).    
    Sur le front humanitaire, la "task force" formée à Munich 
par les Etats membres du GISS a formellement réclamé vendredi 
l'autorisation d'accéder aux villes assiégées. "Nous espérons 
obtenir cet accès sans délai", a déclaré son président Jan 
Egeland. Il a reconnu dans la soirée que c'était une tâche 
"difficile, compliquée", ajoutant que son groupe se réunirait de 
nouveau mercredi prochain. 
    Selon le vice-Premier ministre turc Yalcin Akdogan, près de 
40.000 réfugiés supplémentaires ont été accueillis dans les 
camps de Syrie situés à la frontière turque en raison des 
combats qui font rage autour d'Alep. 
 
 (Avec Denis Dyomkin, Shadia Nasralla et Robin Emmott à Munich, 
Suleiman al-Khalidi à Amman; Jean-Philippe Lefief pour le 
service français, édité par Guy Kerivel) 
 
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