SYNTHESE-Syrie-Kerry dit espérer une extension de la trêve à Alep

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    * John Kerry à Genève pour des discussions sur la Syrie 
    * La trêve étendue de 48 heures dans la banlieue de Damas 
    * L'Arabie saoudite demande à Assad de démissionner 
 
    par Suleiman Al-Khalidi et Lesley Wroughton 
    GENEVE, 2 mai (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain 
John Kerry a dit lundi travailler à l'obtention d'un arrêt des 
combats à Alep, la grande ville divisée du nord de la Syrie où 
l'intensification de la guerre entre les forces gouvernementales 
et les rebelles ces dernières semaines a provoqué l'interruption 
des pourparlers de paix. 
    Le chef de la diplomatie américaine a fait le voyage de 
Genève pour y rencontrer ses alliés et tenter de rétablir 
l'accord de "cessation des hostilités", mis en place le 27 
février avec le soutien des Etats-Unis et de la Russie, mais 
qui, désormais, n'est pratiquement plus respecté. 
    L'armée syrienne a annoncé vendredi un "régime de calme", 
c'est-à-dire une accalmie dans les combats, qui s'applique à 
Damas et à sa banlieue orientale, ainsi qu'à certaines parties 
de la province de Lattaquié, fief du président Bachar al Assad, 
mais pas à Alep.   
    Dans ce qui était autrefois la plus grande ville de Syrie, 
les frappes des forces gouvernementales du président Bachar al 
Assad et les tirs de mortier des rebelles ont fait plus de 250 
morts en une dizaine de jours, selon une estimation de 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 
    En conséquence, les difficiles négociations de paix qui se 
tiennent à Genève entre les parties en guerre ont été 
interrompues et aucune date n'a été fixée pour leur reprise. 
    "Nous approchons d'un point d'entente, mais nous avons 
encore du travail à faire, c'est pourquoi nous sommes ici", a 
dit le secrétaire d'Etat américain au début d'un entretien avec 
le chef de la diplomatie saoudienne, Adel Al Djoubeïr, à Genève. 
    Après avoir rencontré Adel Al Djoubeïr et l'émissaire 
spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, 
John Kerry a dit espérer que la situation puisse être clarifiée 
dans les heures à venir, le but étant de rétablir un 
cessez-le-feu dans toute la Syrie. 
     
    CHAOS 
    Les Etats-Unis et la Russie se sont mis d'accord pour 
maintenir du personnel supplémentaire à Genève pour travailler 
sur le sujet, a précisé le secrétaire d'Etat. 
    "Les deux camps, l'opposition et le régime, ont contribué à 
ce chaos. Nous travaillerons intensément dans les prochaines 
heures pour tenter de restaurer la cessation des hostilités", a 
déclaré le chef de la diplomatie américaine. 
    Staffan de Mistura a annoncé qu'il s'envolait pour Moscou 
pour y avoir des discussions. 
    Les Etats-Unis et la Russie ont pris les commandes au niveau 
diplomatique dans le dossier syrien, après l'entrée en guerre de 
Moscou à l'automne dernier via une campagne de frappes aériennes 
qui a fait basculer l'équilibre des forces en faveur de son 
grand allié Bachar al Assad. 
    "Le régime de calme" entré en vigueur samedi matin concerne 
la Ghoutha orientale, la banlieue est de Damas et les zones 
rurales du nord de la province de Lattaquié. La trêve de 
Lattaquié était d'emblée prévue pour trois jours. Celle de 
Damas, initialement de 24 heures, a été prolongée de 48 heures. 
    Les combats ont été très durs dans ces deux secteurs. Mais 
ils le sont aussi à Alep, dont Bachar al Assad et ses alliés 
veulent reprendre le contrôle total. La campagne environnante 
est la dernière bande de terre à la frontière turco-syrienne 
dans les mains des rebelles sunnites. 
    A Moscou, le général russe Sergueï Kouralenko a déclaré pour 
sa part que les discussions visant à englober la province d'Alep 
dans un "régime de calme" se poursuivaient. 
     
    "DÉLOGÉ PAR LA FORCE" 
    La télévision publique syrienne a annoncé lundi qu'un 
missile avait touchés les environs de l'hôpital général de 
l'université d'Alep et que plusieurs civils avaient été touchés 
par des tirs de mortiers des rebelles dans les quartiers 
résidentiels de Djamiyat Hay al Zahra dans la partie ouest 
d'Alep. 
    En raison des bombardements intenses, le conseil municipal 
d'Alep aux mains des rebelles a annoncé l'état d'urgence dans 
les zones sous son autorité. On estime à environ 350.000 à 
400.000 le nombre de personnes restant dans les quartiers tenus 
par les rebelles dans ce qui fut autrefois une ville de deux 
millions d'habitants. 
    Dans la campagne au nord d'Alep, d'autres groupes rebelles 
combattent contre l'Etat islamique (EI), qui n'est concerné par 
aucun des cessez-le-feu. 
    Selon Amak, l'agence de presse affiliée à l'EI, les 
djihadistes ont pris les villages de Doudayan, Tel Chaer et 
Likda aux rebelles. Ces villages sont situés au nord d'Alep près 
de la frontière avec la Turquie. 
    L'armée turque a pour sa part annoncé avoir bombardé des 
positions de l'Etat islamique par delà la frontière, notamment à 
l'aide de drones qui ont décollé de la base aérienne d'Incirlik, 
et avoir tué 34 membres de l'EI, a annoncé lundi l'armée turque. 
    Ces frappes, menées en riposte à des tirs de roquettes de 
l'EI contre la province de Kilis, dans le sud-est de la Turquie, 
ont détruit six véhicules et cinq positions de tir du groupe 
djihadiste, a ajouté l'armée d'Ankara. 
    A Genève, le chef de la diplomatie saoudienne, Adel Al 
Djoubeïr, a dit voir dans l'escalade des combats ces derniers 
jours une "violation de l'ensemble du droit humanitaire" et a 
demandé au président syrien de démissionner. 
    "Il peut s'en aller via un processus politique, ce que nous 
espérons le voir faire, sans quoi il sera délogé par la force", 
a ajouté le ministre saoudien aux côtés de John Kerry. 
 
 (Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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