SYNTHESE-Syrie-Frappes aériennes sur un marché, la trêve fragilisée

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    * Douze morts dans une frappe aérienne à Idlib-OSDH 
    * Le président de l'opposition syrienne parle de massacre 
    * Selon la Russie, huit violations de la trêve en 24 heures 
    * Des islamistes ont lancé une attaque près d'Alep 
 
    par Tom Perry et Tom Miles 
    BEYROUTH/GENEVE, 7 mars (Reuters) - Une frappe aérienne, 
syrienne ou russe, aurait fait au moins 12 morts lundi sur un 
marché du gouvernorat d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, 
fragilisant l'accord de cessation des hostilités mis en place 
pour préparer les négociations de paix. 
    Dans la province voisine, les hommes du Front al Nosra, la 
branche syrienne d'Al Qaïda, et du groupe Djound al Aksa, autre 
groupe ne faisant pas partie de l'accord russo-américain de 
cessation des hostilités, ont attaqué les forces 
gouvernementales près du village d'Al Aïs, dans la campagne au 
sud d'Alep, et ont gagné du terrain dans les combats qui ont 
suivi, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme 
(OSDH). 
    L'accord de cessation des hostilités, accepté par le 
gouvernement du président Bachar al Assad et une grande partie 
de ses ennemis, a toutefois permis de réduire le niveau de 
violence en Syrie depuis son entrée en vigueur le 27 février. La 
guerre, qui entre dans sa sixième année, a fait plus de 250.000 
morts et entraîné une très grave crise migratoire. 
    Les grandes puissances espèrent que la relative pause dans 
les combats pourra permettre la tenue d'une nouvelle série de 
discussions à Genève pour mettre fin au conflit. L'accord de 
cessation des hostilités, qui n'a pas été signé directement par 
les parties en guerre et est moins contraignant qu'un 
cessez-le-feu formel, est très fragile. Chaque camp a accusé 
l'autre de ne pas le respecter. 
    Damas et Moscou ont fait savoir qu'ils continueraient à 
combattre les groupes qui ne sont pas partie à l'accord, et 
notamment l'Etat islamique et le Front al Nosra.  
    Le Front al Nosra est très présent dans l'ouest de la Syrie 
et se trouve sur le terrain à proximité des groupes qui ont 
accepté l'accord de cessation des hostilités. Nombre de ces 
groupes estiment que le gouvernement syrien et son allié russe 
sont susceptibles d'utiliser la présence de ces djihadistes sur 
le terrain comme une excuse pour continuer les combats. 
     
    TRÈS DISCRÈTE 
    Le bilan de l'attaque sur le marché, où se vendait du 
diesel, est susceptible de s'alourdir, a précisé l'OSDH, qui a 
dit ne pas avoir pu déterminer qui, du gouvernement syrien ou de 
son allié russe, était responsable de l'attaque. 
    Le coordinateur de l'opposition syrienne, Riad Hijab, a 
parlé de "massacre" et de "dizaines de morts".   
    Le gouvernement syrien n'a pas réagi. 
    Riad Hijab, qui préside le Haut Comité des négociations 
(HCN), a ajouté que l'opposition déciderait "avant la fin de la 
semaine", si elle participe ou non aux négociations de paix, que 
les Nations unies espèrent enclencher cette semaine. 
    Un autre membre du HCN a indiqué que le HCN penchait plutôt 
pour une participation.   
    Selon le ministère russe de la Défense, huit violations du 
cessez-le-feu ont été enregistrées en Syrie ces dernières 24 
heures. 
    L'armée syrienne est très discrète que les opérations 
qu'elle mène dans les zones ouest de la Syrie couvertes par 
l'accord de cessation des hostilités. Elle s'est bornée à dire 
que les opérations contre le Front al Nosra se poursuivaient.   
    La localité touchée par une frappe aérienne lundi dans la 
province d'Idlib est proche d'une base aérienne prise par le 
Front al Nosra et d'autres groupes en septembre dernier. 
    Toujours dans la province d'Idlib, les forces 
gouvernementales ont bombardé la ville de Djisr al Choughour, 
tenue par les rebelles, a indiqué l'OSDH. 
    Par ailleurs, un responsable de la milice kurde syrienne des 
YPG a indiqué que le bilan de l'attaque menée dimanche par des 
insurgés sur un quartier résidentiel d'Alep qu'elle contrôle 
était désormais de 16 morts, dont des enfants. 
    Selon l'OSDH, il s'agit du bilan le plus lourd pour une 
seule attaque depuis l'entrée en vigueur de la trêve 
russo-américaine.  
    Les YPG (unités de protection du peuple) ont également 
indiqué que les insurgés du groupe islamiste Failak al Cham 
s'étaient "infiltrés" dans les parages d'un village proche de la 
ville d'Afrin, contrôlée par les YPG dans la province d'Alep et 
avaient tiré sur les habitants.  
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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