SYNTHESE-Syrie-Déluge de feu sur Alep, peu d'espoir d'une nouvelle trêve

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    * Raids aériens les plus violents depuis des mois selon 
l'OSDH 
    * Un médecin parle d'au moins 45 morts à Alep 
    * Réunion de la "dernière chance" du GISS à New York 
    * L'Onu reprend la livraison de l'aide humanitaire 
    * Des combattants rebelles évacués de Homs 
 
    par Tom Perry et Ellen Francis 
    BEYROUTH, 22 septembre (Reuters) - Des raids aériens d'une 
intensité sans précédent depuis des mois ont visé les quartiers 
rebelles d'Alep dans la nuit de mercredi à jeudi dans ce qui 
s'apparente à une réponse de Damas et Moscou à la volonté 
affichée par les Etats-Unis de relancer le cessez-le-feu en 
Syrie. 
    Des responsables de l'opposition armée et les services de 
secours ont déclaré qu'un déluge de feu s'était abattu sur Alep, 
dont des bombes incendiaires. Hamza al Khatib, directeur d'un 
l'hôpital des quartiers Est d'Alep, a fait état de 45 morts. 
    "C'est comme si les avions voulaient se rattraper de tous 
ces jours où ils n'ont pas largué de bombes", a commenté Ammar 
al Semmo, qui dirige les "casques blancs" de la Défense civile 
syrienne à Alep. Selon lui, les bombardements aériens et les 
tirs d'artillerie étaient coordonnés pour pilonner les mêmes 
positions. 
    Ces raids massifs menés par l'aviation syrienne, russe, ou 
les deux en même temps, ont constitué une fin de non recevoir 
explicite à l'appel du secrétaire d'Etat américain John Kerry à 
un arrêt des bombardements aériens pour permettre la livraison 
de l'aide humanitaire et un rétablissement du cessez-le-feu. 
    Pendant un échange tendu avec son homologue russe Sergueï 
Lavrov aux Nations unies, John Kerry a estimé mercredi que 
l'immobilisation des avions constituait la dernière chance de 
"mettre fin au carnage".  
    Le président Bachar al Assad lui a indirectement répondu 
jeudi en déclarant à l'agence AP News que la guerre en Syrie 
n'était pas prête de finir parce qu'il s'agit d'un "conflit 
mondial" dans lequel les "terroristes" sont soutenus par 
l'Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats-Unis. 
  
    Moscou et Washington avaient annoncé il y a deux semaines 
avec emphase avoir conclu un accord de cessez-le-feu mais cette 
initiative diplomatique, sans doute la dernière avant que Barack 
Obama ne quitte la Maison blanche en janvier prochain, aura à 
peine vécu une semaine et ne semblait jeudi plus très loin 
d'être définitivement enterrée. 
    Dans son interview, Bachar al Assad accuse Washington 
d'avoir délibérément bombardé ses soldats à Daïr az Zour le 
week-end dernier, un incident qui a planté un premier clou dans 
le cercueil de la trêve. 
     
    L'ONU VEUT ENCORE Y CROIRE 
    Le bombardement d'un convoi d'aide humanitaire organisé par 
l'Onu et le Croissant-Rouge lundi a sans doute apporté le coup 
de grâce même si l'Onu, après avoir suspendu ses opérations en 
signe de protestation, a annoncé jeudi leur reprise avec l'envoi 
d'un convoi "clairement identifié" dans une zone assiégée de la 
banlieue de la capitale syrienne.   
    Moscou et Damas ont nié toute responsabilité dans le raid de 
lundi et n'ont fait aucun commentaire sur les bombardements de 
la nuit de mercredi à jeudi à Alep. 
    "C'était les raids aériens les plus lourds depuis des mois à 
Alep. C'était très intense. Il n'y avait pas eu de combats aussi 
intenses dans ce secteur récemment", a déclaré le directeur de 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami 
Abdoulrahman. L'OSDH est une ONG basée à Londres qui fait un 
point quotidien sur la guerre en Syrie. 
    Au moins 15 raids ont visé les deux quartiers d'Alep où le 
Front du Levant est présent, a déclaré un représentant de cette 
composante de l'opposition armée à Alep. "Les Russes veulent une 
reddition. Ils n'ont pas d'autre solution", a-t-il ajouté. 
    Le gouvernement syrien, qui entend reprendre le plus de 
territoires possibles avant d'éventuelles négociations de paix 
sous l'égide de l'Onu, a évacué jeudi environ 120 combattants et 
leurs familles du dernier quartier tenu par les rebelles dans la 
ville de Homs, transformée en champs de ruines, dans le centre 
du pays.   
    Selon l'OSDH, il resterait quelques milliers d'insurgés dans 
le quartier d'Al Waer, qui fut au début du conflit un des 
épicentres du soulèvement contre Bachar al Assad. 
    Conforté par le soutien indéfectible de la Russie et de 
l'Iran, le président syrien est apparu de moins en moins enclin 
au compromis ces derniers mois. 
    Malgré cela, un responsable de l'Onu a dit jeudi son espoir 
qu'une nouvelle réunion du Groupe de soutien international à la 
Syrie (GISS), co-présidé par les Etats-Unis et la Russie, prévue 
dans la journée à New York, puisse déboucher sur une nouveau 
cessez-le-feu et entrouvrir la porte à la reprise des 
négociations de paix. 
    "A l'évidence, la reprise des pourparlers (de paix) serait 
grandement aidée par la relance de la cessation des hostilités", 
a déclaré Ramzy Ezzeldin Ramzy, l'émissaire spécial adjoint des 
Nations unies pour la Syrie. "C'est l'objectif de la réunion du 
GISS."   
    La France a exposé mercredi au Conseil de sécurité de l'Onu 
les modalités d'un nouveau mécanisme de surveillance d'un futur 
cessez-le-feu en Syrie afin que la cessation des hostilités y 
soit "effective et durable".    
 
 (Avec Lisa Barrington et Angus McDowall à Beyrouth, Marouane 
Makdesi à Homs, Michael Nienaber à Berlin, et Stéphanie Nebehay, 
Marina Depetris et Tom Miles in Genève; Tangi Salaün pour le 
service français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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