SYNTHESE-Six arrestations dans l'enquête sur les attentats de Bruxelles

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    * Aucun détail sur l'identité des six suspects interpellés 
    * Deux ministres ont remis leur démission, refusée par 
Charles Michel dans un contexte "de guerre" 
    * Nouveaux détails sur le réseau de Paris et Bruxelles 
    * Changement de stratégie pour Salah Abdeslam 
 
    par Alastair Macdonald, Ingrid Melander et Foo Yun Chee 
    BRUXELLES, 25 mars (Reuters) - L'enquête sur les attentats 
du 22 mars à Bruxelles s'est poursuivie jeudi soir avec 
l'arrestation de six personnes dans la capitale belge tandis que 
la classe politique accusait le coup, les ministres de 
l'Intérieur et de la Justice ayant proposé leur démission. 
    Aucun détail n'a été communiqué pour l'heure sur l'identité 
de ces six personnes.  
    Les forces de sécurité ont également procédé à des 
perquisitions dans les communes de Schaerbeek, dans le nord de 
l'agglomération bruxelloise, de Jette (ouest) ainsi que dans le 
centre de la capitale belge, écrit le parquet fédéral belge dans 
un communiqué diffusé en fin de soirée.  
    Selon la presse belge, ces opérations ont débuté peu avant 
21h00 (20h00 GMT) et ont mobilisé d'importants moyens avec 
déploiement d'unités spéciales d'intervention et d'un 
hélicoptère.  
    La Libre Belgique précise que trois des six personnes 
interpellées se trouvaient dans une voiture stationnée en face 
du bâtiment du parquet fédéral, en plein centre de la capitale. 
    Les autorités belges ont abaissé d'un cran le niveau 
d'alerte en vigueur, qui passe de quatre - le maximum - à trois, 
deux jours après les attentats qui ont fait au moins 31 morts et 
270 blessés. 
    Les trois membres du commando qui a attaqué mardi matin 
l'aéroport de Bruxelles-Zaventem sont partis de Schaerbeek. Deux 
d'entre eux, Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui, se sont 
fait exploser sur place. Le troisième homme, qui apparaît vêtu 
d'une veste claire et d'un chapeau sur les images filmées par 
les caméras de surveillance, est en fuite. Il aurait laissé sur 
place la charge la plus puissante, qui a explosé avec retard et 
n'a pas fait de victimes. 
    Un troisième kamikaze, Khalid El Bakraoui, frère d'Ibrahim, 
s'est fait exploser une heure plus tard à la station de métro de 
Maelbeek. Un autre homme, filmé à ses côtés dans le métro, est 
aussi recherché par les forces de sécurité. 
    Les auteurs des attentats de Bruxelles projetaient à 
l'origine de viser une centrale nucléaire en Belgique mais ont 
dû changer leurs plans après les arrestations de la semaine 
dernière, affirme le journal belge La Dernière Heure (DH) qui 
cite une source policière.   
    La famille de Najim Laachraoui, kamikaze soupçonné d'être 
aussi l'un des coordinateurs et artificiers depuis Bruxelles des 
attaques du 13 novembre, a évoqué jeudi "un garçon gentil" et a 
dit ne pas avoir décelé le moindre signe de radicalisation avant 
son départ pour la Syrie, début 2013.   
     
    COUP DE THÉÂTRE POLITIQUE 
    Les ministres belges de l'Intérieur et de la Justice, Jan 
Jambon et Koen Geens, ont offert leur démission jeudi, après les 
manquements révélés à la suite des attentats, mais le Premier 
ministre Charles Michel, évoquant "une situation de guerre", 
leur a demandé de rester à leur poste. 
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi 
qu'Ibrahim El Bakraoui avait été arrêté en juin près de la 
frontière syrienne et expulsé à sa demande le mois suivant aux 
Pays-Bas. Bruxelles et Amsterdam ont alors été informées qu'il 
s'agissait d'un djihadiste présumé, a-t-il souligné. 
    Les autorités belges, qui ne le considéraient pas comme tel, 
n'ont pas demandé son extradition. Il n'avait pourtant pas 
respecté les règles de la libération conditionnelle dont il 
avait bénéficié après une condamnation à neuf ans de prison pour 
des faits de grand banditisme, ce qui aurait justifié son retour 
en prison. Deux autres responsables turcs ont indiqué qu'il 
avait été expulsé une deuxième fois. 
    "Si l'on aligne tous les faits, on peut se poser de grandes 
questions sur un certain nombre de choses, tant en ce qui 
concerne la justice que les développements ensuite au niveau 
policier", a reconnu jeudi Jan Jambon. 
    "En d'autres circonstances, je n'aurais pas accédé à la 
demande du Premier ministre de rester", a-t-il ajouté. 
     
    UN RÉSEAU EUROPÉEN 
    Les Pays-Bas se sont également défendus face aux annonces 
turques. Le ministre de l'Intérieur Ard van der Steur a dit 
qu'Ibrahim El Bakraoui "n'était enregistré nulle part et les 
autorités turques n'ont pas dit pour quelle raison il avait été 
expulsé". Il a en outre reproché à Ankara de ne pas avoir suivi 
"la procédure normale". 
    De sources américaines proches du dossier, on affirme en 
revanche que les frères Bakraoui figuraient bien sur la liste 
noire des Etats-Unis avant les attentats. 
    Les enquêteurs sont convaincus que les auteurs des attentats 
de Bruxelles appartiennent au même réseau que celui qui a 
organisé les attaques du 13 novembre à Paris. 
    Le parquet belge a ainsi confirmé qu'il avait lancé en 
décembre dernier un mandat d'arrêt international contre Khalid 
el Bakraoui, dans le cadre de l'enquête sur les attentats de 
Paris.    
    La presse belge affirme qu'il avait, à l'instar de son 
frère, enfreint en mai les règles de sa remise en liberté 
conditionnelle après une condamnation pour des faits de droits 
commun.   
     
    RÉPONSE COMMUNE 
    Les ministres européens de l'Intérieur et de la Justice, 
réunis dans l'urgence hier à Bruxelles à deux pas de l'attentat 
contre la station de métro de Maelbeek, ont à nouveau plaidé 
pour la conclusion rapide d'un accord sur l'échange de 
renseignements stratégiques, et notamment de données concernant 
les passagers des compagnies aériennes (Passenger Name Record, 
PNR). 
    Koen Geens, ministre belge de la Justice, s'est félicité de 
progrès dans "l'échange d'informations et les enquêtes 
conjointes", ajoutant que plusieurs de ses homologues avaient 
promis jeudi de lui fournir des éléments. 
    Signe supplémentaire de l'étendue de la menace en Europe, la 
France a annoncé jeudi avoir déjoué un projet d'attentat "à un 
stade avancé" et interpellé un individu de nationalité française 
soupçonné d'appartenir à un réseau terroriste. Le ministre de 
l'Intérieur Bernard Cazeneuve a précisé qu'"à ce stade, aucun 
élément tangible ne relie ce projet aux attentats de Paris et de 
Bruxelles".  ID:nL5N16W5K5  
    Autre lien crucial entre les attentats de Paris et 
Bruxelles, Salah Abdeslam a brusquement changé de stratégie 
judiciaire. Il veut désormais rentrer en France "le plus vite 
possible", a déclaré jeudi son avocat à la presse. 
    Après sa capture, vendredi à Molenbeek, ce Français 
d'origine marocaine de 26 ans avait dans un premier temps fait 
savoir qu'il refusait d'être remis aux autorités françaises. 
     
    VOIR AUSSI 
    L'ENCADRE sur les principaux suspects:  ID:nL5N16V4ZN  
    LE POINT sur les attentats de Bruxelles:  ID:nL5N16V04G      
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Henri-Pierre 
André) 
 
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