SYNTHESE-Séoul sonne l'alarme après l'essai nucléaire nord-coréen

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    * Kim Jong-un "hors de contrôle", dit la Corée du Sud 
    * La Russie appelle à une réponse "plus créative" 
    * Les USA demandent à la Chine d'utiliser son influence 
 
    par Jack Kim 
    SEOUL, 10 septembre (Reuters) - La Corée du Sud a fait part 
samedi de son inquiétude face à l'augmentation "considérable" de 
la capacité nucléaire de son voisin nord-coréen, faisant écho 
aux inquiétudes qui se sont exprimées un peu partout dans le 
monde après le cinquième essai nucléaire de la Corée du Nord, 
mené en dépit des sanctions internationales dont fait l'objet le 
régime communiste. 
    En procédant vendredi à son cinquième essai nucléaire, le 
jour du 68e anniversaire de sa fondation, la Corée du Nord a 
annoncé maîtriser désormais le montage d'une ogive sur un 
missile balistique, faisant monter d'un cran une menace que les 
Nations unies se sont montrées impuissantes à contenir. 
    L'essai de vendredi montre que le dirigeant nord-coréen Kim 
Jong-un n'est pas près de changer de cap et qu'une pression et 
des sanctions renforcées sont nécessaires de façon à faire peser 
"une douleur insupportable sur le Nord pour qu'il n'ait d'autre 
choix que de changer", a déclaré le ministre sud-coréen des 
Affaires étrangères Yun Byung-se. 
    "La capacité nucléaire de la Corée du Nord se développe et 
s'accélère à un niveau considérable, compte tenu du fait que le 
cinquième essai nucléaire a été le plus fort en intensité et que 
la fréquence s'est fortement accélérée", a ajouté le ministre, 
lors d'une réunion convoquée pour discuter du test. 
    Sous la direction de son jeune dirigeant de 32 ans, Kim 
Jong-un, la Corée du Nord a testé différents types de missiles à 
un rythme sans précédent cette année, malgré le renforcement des 
sanctions des Nations unies décidé en mars qui ont encore un peu 
plus isolé le pays. La capacité de la Corée du Nord de monter 
une ogive nucléaire sur un missile est particulièrement 
inquiétante pour ses voisins sud-coréen et japonais. 
     
    ÊTRE PLUS "CRÉATIFS" 
    Les Etats-Unis ont dit vouloir travailler avec leurs alliés 
pour imposer de nouvelles sanctions et ont appelé la Chine à 
utiliser son influence, en tant que principale alliée de la 
Corée du Nord, pour faire pression de façon à ce que le régime 
communiste mette fin à son programme nucléaire. 
    La Russie se demande pour sa part si un accroissement des 
sanctions constitue la bonne réponse. La Chine n'a rien dit 
quant à la perspective d'une nouvelle résolution du Conseil de 
sécurité des Nations unies, mais les médias officiels ont 
rapporté des propos critiquant le voisin communiste. 
    Le Conseil de sécurité a condamné le test nord-coréen et a 
annoncé se mettre immédiatement au travail pour s'accorder sur 
une résolution en conséquence. Les Etats-unis, le Royaume-Uni et 
la France poussent pour que les 15 membres de cette instance 
imposent de nouvelles sanctions à la Corée du Nord.   
    Le président américain Barack Obama a déclaré après s'être 
entretenu vendredi par téléphone avec son homologue sud-coréenne 
Park Geun-hye et avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe 
qu'ils étaient d'accord pour travailler avec le Conseil de 
sécurité et d'autres puissances pour faire en sorte que les 
sanctions déjà en vigueur contre la Corée du Nord soient mises 
en oeuvre avec rigueur et pour prendre "des mesures 
supplémentaires importantes, telles que de nouvelles sanctions". 
    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a 
déclaré que des sanctions supplémentaires ne seraient sans doute 
pas suffisantes pour résoudre la crise, semblant dire qu'il sera 
peut-être difficile pour le Conseil de sécurité de se mettre 
d'accord sur de nouvelles sanctions. 
    "La situation actuelle montre que les diplomates devraient 
être plus créatifs, plutôt que de répondre à coup de sanctions 
(...) à l'aggravation de la situation", a-t-il dit à la presse. 
     
    "UN POISON QUI ÉTOUFFE LENTEMENT LE PAYS" 
    Il a notamment évoqué une reprise des "discussions à six" 
entre les États-Unis, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, la 
Chine et la Corée du Nord qui visent à mettre fin au programme 
nucléaire de Pyongyang et qui sont dans l'impasse depuis 2008. 
    Son homologue américain John Kerry a déclaré que les 
Etats-Unis avaient offert à plusieurs reprises à la Corée du 
Nord de discuter, mais que celle-ci devait accepter le principe 
de la dénucléarisation, ce qu'elle a refusé de faire. 
    "Nous avons fait ouverture sur ouverture au dictateur de la 
Corée du Nord", a déclaré le secrétaire d'Etat américain, tout 
en disant espérer à terme une issue similaire aux discussions 
qui se sont tenues sur le programme nucléaire iranien. 
    La Chine s'est dite résolument opposée au test nucléaire de 
son voisin mais la porte-parole de son ministère des Affaires 
étrangères Hua Chunying n'a pas voulu répondre aux questions des 
journalistes qui demandaient si la Chine soutiendrait un 
renforcement des sanctions contre son voisin. 
    Samedi, l'influent tabloïd Global Times, qui suit la ligne 
éditoriale du Quotidien du Peuple, le journal officiel du Parti 
communiste chinois, écrit que la Corée du Nord a tort de penser 
que la construction d'armes nucléaires lui fournira plus de 
sécurité ou de prestige dans le monde. 
    "Posséder des armes nucléaires n'assurera pas la sécurité 
politique de la Corée du Nord", écrit le quotidien dans un 
éditorial. "Au contraire, c'est un poison qui est en train 
d'étouffer lentement le pays." 
    La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a estimé vendredi 
soir que Kim Jong-un était "mentalement hors de contrôle", sourd 
à toutes les mises en garde dans le but de se maintenir au 
pouvoir. "La patience de la communauté internationale a atteint 
ses limites", a-t-elle déclaré. 
 
 (Avec Ju-min Park à Seoul, Ben Blanchard à Pékin, Michelle 
Nichols aux Nations unies, Phil Stewart à Oslo, David Brunnstrom 
à Genève; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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