SYNTHESE-Raids aériens en Syrie, l'otage français tué en Algérie

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* L'otage Hervé Gourdel avait été kidnappé dimanche en Kabylie * Deux otages allemands risquent d'être exécutés aux Philippines * "Kobani est en danger", dit un commandant militaire kurde * Des djihadistes évacuent leurs bases en Syrie * A l'Onu, Obama promet de ne pas relâcher la pression sur l'EI par Kinda Markieh et Jonny Hogg DAMAS/MURSTIPINAR, Turquie, 24 septembre (Reuters) - Des avions américains ont continué de bombarder mercredi des positions du groupe Etat islamique, en Irak et en Syrie, mais les opérations aériennes n'ont pas stoppé la progression des djihadistes vers la ville kurde de Kobani, dans le nord de la Syrie. Dans le nord de l'Algérie, les ravisseurs d'Hervé Gourdel, qu'ils menaçaient de tuer si Paris ne mettait pas fin à ses frappes aériennes dans le nord de l'Irak, ont dit l'avoir décapité, mais le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré ne pas pouvoir à ce stade confirmer la mort de cet homme de 55 ans, qui avait été enlevé dimanche. Deux Allemands risquent de connaître eux aussi un sort funeste, aux Philippines, où les islamistes qui les détiennent depuis avril menacent de les exécuter si Berlin continue de soutenir la coalition. L'Etat islamique, déclarent des Kurdes syriens, a répliqué aux dernières attaques aériennes en envoyant davantage de blindés et de combattants participer à l'offensive contre Kobani, aussi appelée Aïn al Arab. Cette ville se trouve à la frontière avec la Turquie, où près de 140.000 civils ont fui ces derniers jours. Les djihadistes, à en croire un responsable de Kobani, ne sont plus qu'à 10 km au sud de la ville, et 15 km à l'est. "Kobani est en danger", a résumé Ocalan Iso, commandant en second des forces kurdes défendant la ville. Si les djihadistes accentuent leur pression sur Kobani, d'autres semblent en revanche se redéployer en d'autres points de Syrie dans le but de parer aux bombardements. Les combattants de deux organisations islamistes, le Front al Nosra (affilié à Al Qaïda) et Ahrar al Cham, ont évacué certaines de leurs bases, à en croire l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et un message diffusé sur internet (voir ID:nL6N0RP391 ). Une cinquantaine de membres du Front al Nosra et huit civils avaient péri dans les premiers raids aériens menés mardi par la coalition en Syrie, indique l'OSDH. Les Etats-Unis, selon un responsable de l'administration Obama, pensent que leurs avions ont tué Mohsin al Fadhli, présenté comme le chef de Khorasan, une unité d'Al Qaïda installée en Syrie. Originaire du Koweït, cet homme dont la tête était mise à prix par Washington aurait, d'après le département d'Etat, appartenu au cercle très restreint des chefs d'Al Qaïda avertis à l'avance des attentats du 11 septembre 2001. Le Pentagone s'est dit cependant dans l'incapacité de confirmer sa mort. (voir ID:nL6N0RP49K ). APPROBATION DE DAMAS L'armée américaine a confirmé que ses avions avaient de nouveau bombardé dans la nuit de mardi à mercredi des positions djihadistes en Syrie au nord-ouest d'Al Qaïm, située du côté irakien de la frontière, d'Albou Kamal, son pendant côté syrien. Les avions ont également mené des raids à l'ouest de Bagdad et près d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien autonome. Albou Kamal est un site stratégique car il commande la voie reliant Rakka, la "capitale" de l'EI en Syrie, aux lignes de front de l'ouest de l'Irak et des environs de Bagdad. Un djihadiste à Albou Kamal a parlé d'au moins neuf frappes aériennes mercredi menées par les "forces des croisés". Autre front où l'EI est attaquée, le nord de la Syrie où l'armée de Bachar al Assad a déclaré avoir détruit plusieurs positions de l'organisation au nord-est de la grande ville d'Alep. L'armée est passée à l'attaque entre les villes d'Al Bab et d'Al Kabassein. A la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, Barack Obama s'est engagé mercredi à maintenir la pression militaire sur l'EI et a estimé que cette organisation devait être anéantie. Dans son discours de 40 minutes, il a affirmé que "le seul langage que comprennent les assassins de ce genre est celui de la force, aussi les Etats-Unis vont-ils oeuvrer de concert avec une large coalition à démanteler ce réseau de la mort". Les opérations aériennes de la coalition contre l'EI n'ont pour ainsi dire pas soulevé de réelle objection, et ont même suscité des signes d'approbation du régime syrien. Le ministre syrien de la Réconciliation nationale, Ali Haïdar, a estimé ainsi que les raids aériens contre l'Etat islamique (EI) en Syrie allaient "dans la bonne direction" (voir ID:nL6N0RP3BD ). Les opérations de la coalition brouillent quelque peu les clivages régionaux dans la mesure où la Jordanie, Bahrein, les Emirats arabes unis, le Qatar et l'Arabie saoudite, qui ont pris part aux raids aériens, sont dirigés par des sunnites farouchement hostiles au régime de Bachar al Assad, lui-même membre d'une communauté - alaouite - issue du chiisme. Seule la Russie, alliée du régime Assad, s'est interrogée sur la légitimité des raids en Syrie, déclarant qu'ils ne pouvaient être menés "qu'avec l'approbation des Nations unies et la permission sans équivoque des autorités du pays où elles ont lieu". (Eric Faye pour le service français)

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