SYNTHESE-Raids aériens contre des raffineries dans l'Est syrien

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(Précisions, combats pour Kobani, PYD, groupe Khorasan) par Mariam Karouny et Ayla Jean Yackley BEYROUTH/ISTANBUL, 28 septembre (Reuters) - Trois petites raffineries de la région de Rakka, bastion des combattants de l'Etat islamique (EI) dans l'est de la Syrie, ont été visées dans la nuit de samedi à dimanche par des frappes aériennes attribuées à la coalition mise en place par les Etats-Unis, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon l'OSDH, les raids, menés juste après minuit, ont également frappé une usine de plastique. Les djihadistes de l'EI, qui contrôlent le pétrole produit dans l'Est syrien, se sont dotés de petites raffineries pour distiller leur brut, l'une de leurs principales sources de financement. Mais Rami Abdelraham, qui dirige l'OSDH, a déclaré à Reuters que les installations précaires visées dans la nuit n'étaient pas une cible véritable et que leur destruction n'affaiblissait pas l'EI. "Ce sont des camions équipés de dispositif séparant le diesel et l'essence utilisés par les civils", a-t-il ajouté. Leur destruction, a-t-il cependant noté, fait grimper fortement le prix du gazole, qui a plus que doublé dans certaines zones. "Le prix est passé de 9.000 à 21.000 livres syriennes à Alep", a-t-il dit. Une raffinerie provisoire de taille moyenne peut traiter chaque jour 200 barils de brut. Les installations de ce type, selon l'opposition syrienne, sont assemblées en Turquie et transportées ensuite en Syrie. Depuis le début des frappes de la coalition, de nombreux militants islamistes ont quitté le Front al Nosra, affilié à Al Qaïda, et d'autres groupes pour se rallier à l'EI. MENACES D'AL NOSRA Probablement pour prévenir de nouvelles défections, le Front al Nosra a dénoncé samedi les frappes menées par les Etats-Unis et leurs alliés en Syrie, estimant qu'elles constituaient des actes de guerre contre l'islam. Il a menacé de représailles tous les pays occidentaux et arabes membres de la coalition. "Nous sommes dans une guerre longue. Cette guerre ne se terminera pas dans quelques mois, ni quelques années: cette guerre durera des décennies (...) Ce n'est pas une guerre contre le Front al Nosra, c'est une guerre contre l'islam", a déclaré Abou Firas al Souri, porte-parole du groupe armé, dans un message audio diffusé sur internet. Les pays de la coalition "ont commis un acte méprisable qui les inscrit sur la liste des pays visés par les forces djihadistes partout dans le monde", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont entamé des frappes aériennes le 8 août en Irak et depuis mardi en Syrie, avec le soutien de plusieurs pays arabes pour "affaiblir et détruire" les forces djihadistes. Malgré les frappes aériennes, les djihadistes de l'EI poursuivent leurs attaques contre la ville syrienne de Kobani (Aïn al Arab), près de la frontière turque, peuplée en majorité de Kurdes. Depuis une semaine, plus de 150.000 civils ont fui le secteur pour chercher refuge en Turquie voisine. Samedi, la coalition a bombardé des positions de l'EI près de Kobani, une opération saluée par les responsables kurdes sur place. LES KURDES DEMANDENT DES ARMES À LA TURQUIE Asya Abdullah, une responsable du Parti de l'Union démocratique (PYD), principale formation politique kurde de Syrie, a déclaré être prête à collaborer avec la coalition pour combattre les djihadistes. "Nous sommes prêts à établir le dialogue avec tous ceux qui combattent l'EI, y compris avec les forces d'opposition en Syrie, notamment l'Armée syrienne libre", a-t-elle dit à Reuters par téléphone. "La Turquie devrait donner des armes au PYD (...) Les bandes de l'EI feront un jour beaucoup de mal à la Turquie. Kobani est juste à la frontière. Si ces bandits prennent la ville, plus rien ne les empêchera d'aller en Turquie", a-t-elle ajouté. Dimanche, 300 ou 400 Kurdes syriens qui s'étaient réfugiés en Turquie ont repassé la frontière pour aller combattre les djihadistes, a rapporté un soldat turc. Mais les autorités d'Ankara interdisent aux Kurdes de Turquie de se rendre à Kobani, a-t-il ajouté. La mort de Mohsin al Fadhli, considéré comme le chef du groupe Khorasan, unité d'Al Qaïda Central implantée en Syrie, a été confirmée par un membre du groupe islamiste sur son compte Twitter, a rapporté dimanche la société SITE qui surveille les publications islamistes sur internet. Fadhli a péri lors de la première vague de frappes américaines en Syrie, lancée dans la nuit de lundi à mardi, précise cette source que SITE ne nomme pas. ID:nL6N0RT0G4 (Avec Jonny Hogg et Humera Pamuk; Marc Angrand, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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