SYNTHESE-Poursuite de la reprise en main en Turquie, réouverture d'Incirlik

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    * Le commandant d'Incirlik arrêté pour complicité dans le 
putsch 
    * La base, située dans le Sud, rouvre aux vols militaires 
    * Pas de chèque en blanc à Erdogan après le putsch 
avorté-Ayrault 
    * La banque centrale fournira de la liquidité illimitée aux 
banques 
 
    par Humeyra Pamuk et Nick Tattersall 
    ISTANBUL/ANKARA, 17 juillet (Reuters) - Les autorités 
turques ont poursuivi dimanche la reprise en main après l'échec 
du putsch militaire de vendredi soir, le nombre d'arrestations 
au sein des forces armées et de l'appareil judiciaire atteignant 
les 6.000, et le gouvernement a dit contrôler totalement le pays 
et l'économie. 
    Dans la nuit de samedi à dimanche, les partisans du 
président Recep Tayyip Erdogan ont occupé les places publiques, 
les abords de l'aéroport international d'Istanbul et du palais 
présidentiel pour dissuader toute nouvelle tentative de coup de 
force. 
    Des responsables politiques européens ont prévenu le 
président Erdogan que l'échec du putsch ne lui donnait pas un 
chèque en blanc pour violer l'Etat de droit, et qu'il risquait 
d'isoler son pays sur la scène internationale en cherchant à 
renforcer son propre pouvoir. 
    "Pour l'avenir (..), nous voulons que l'Etat de droit 
fonctionne pleinement en Turquie, ce n'est pas un chèque en 
blanc à M. Erdogan", a déclaré dimanche Jean-Marc Ayrault, le 
chef de la diplomatie française, sur France 3. 
    Pour le commissaire européen Günther Oettinger, qui est 
politiquement proche de la chancelière Angela Merkel, toute 
répression dans les milieux de l'opposition turque contribuera à 
isoler Ankara sur la scène internationale. 
    "S'il (Erdogan) renforce son pouvoir sur le plan intérieur, 
il s'isolera sur la scène internationale", a-t-il dit dans les 
colonnes du Welt am Sonntag. 
    De son côté, le vice-président du parlement européen 
Alexander Lambsdorff estime dans le même journal que "L'échec du 
coup d'Etat sert à Erdogan à légitimer une accélération de la 
recomposition de la Turquie". 
    Recep Tayyip Erdogan a clairement juré dimanche de continuer 
à éliminer de toutes les institutions de l'Etat le "virus" à 
l'origine de la tentative de putsch, allusion à son adversaire 
de longue date, Fethullah Gülen, un prédicateur en exil aux 
Etats-Unis. 
     
    RÉOUVERTURE DE LA BASE D'INCIRLIK 
    De nouvelles arrestations vont avoir lieu en plus des 
quelque 6.000 déjà intervenues depuis l'échec du putsch, a dit 
le ministre de la Justice Bekir Bozdag, cité par la chaîne NTV. 
    Lors d'un rassemblement samedi soir, les partisans d'Erdogan 
ont réclamé l'exécution des meneurs du putsch manqué. 
"Pendez-les!", a scandé la foule place Kizilay, dans le centre 
d'Ankara. Erdogan leur a dit que le parlement pourrait envisager 
de rétablir la peine de mort, pour l'heure abolie. 
    Les autorités ont appréhendé près de 3.000 comploteurs dans 
les rangs de l'armée, du simple soldat jusqu'aux généraux, ainsi 
qu'un nombre équivalant parmi les juges et les procureurs. Parmi 
les personnalités arrêtées figure le général Bekir Ercan Van, 
commandant de la base aérienne Incirlik, base qui joue un rôle 
stratégique pour les Américains et Européens car c'est de là que 
sont lancées une partie des frappes aériennes visant le groupe 
djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak. 
    Le Pentagone a annoncé un peu plus tard, dimanche, que les 
autorités turques avaient rouvert Incirlik aux avions militaires 
et que les opérations américaines avaient repris contre l'EI. 
    "Le contrôle de la Turquie est rétabli et on ne note pas 
d'affrontements en ce moment", a dit un haut responsable turc en 
ajoutant que quelques groupes de comploteurs étaient toujours 
retranchés à Istanbul, sans poser cependant un danger. 
    Le Premier ministre, Binali Yildirim, a assuré dans une 
allocution télévisée que la vie avait repris un cours normal 
dans le pays. 
    Certains responsables européens s'inquiètent non seulement 
pour l'Etat de droit, mais aussi pour l'avenir de l'accord 
conclu en mars entre l'UE et Ankara, qui a permis de freiner 
drastiquement le nombre de migrants passant de Turquie en Grèce 
à bord d'embarcations. 
    Avant la réouverture des marchés lundi matin, le 
vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek s'est employé à assurer 
dimanche que le gouvernement turc avait le total contrôle du 
système économique. 
    La banque centrale de Turquie a annoncé qu'elle fournirait 
de la liquidité illimitée aux banques et qu'elle prendrait toute 
mesure qui s'imposerait pour préserver la stabilité financière 
le cas échéant. La banque centrale pourrait en particulier 
relever le plafond sur les dépôts en devises qui est 
actuellement de 50 milliards de dollars. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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