SYNTHESE-Obama invite les Américains à ne pas céder aux divisions

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    * Le président écourte sa visite en Europe pour se rendre à 
Dallas 
    * Vente d'armes: Obama prône à nouveau une réforme 
    * Dalles en Etat d'alerte 
    * Les manifestation contre les violences policières se 
poursuivent 
 
    par Ayesha Rascoe et Ernest Scheyder 
    DALLAS, Texas, 10 juillet (Reuters) - "L'Amérique n'est pas 
aussi divisée que certains le suggère", a assuré samedi Barack 
Obama Barack Obama, deux jours après la mort de cinq policiers 
de Dallas, tués par un ancien réserviste noir de l'armée. 
    "On ne peut pas prétendre qu'il y a une énorme polarisation 
et qu'on est revenu à la situation des années 60. On ne voit pas 
d'émeutes. On ne voit pas la police s'en prendre à des gens qui 
manifestent pacifiquement", a-t-il poursuivi, s'adressant à la 
presse à Varsovie, en marge du sommet annuel de l'Otan. 
    Le président des Etats-Unis, qui a écourté sa visite en 
Europe, doit se rendre à Dallas où la tension reste vive, trois 
jour après la fusillade.   
    L'accès au quartier général de la police de la ville ainsi 
qu'aux bâtiments alentours a été fermé samedi et les forces 
spéciales ont été déployées après des menaces anonymes à 
l'encontre des forces de l'ordre, mais aucun suspect n'a été 
arrêté et l'alerte a été levée.  
    Les tirs de jeudi ont été imputés à Micah Johnson, un 
Afro-Américain de 25 ans, réserviste de l'armée qui a servi en 
Afghanistan. Avant d'être à son tour tué par la police, il a dit 
avoir agi pour venger la mort de deux Noirs tués par des 
policiers dans le Minnesota et en Louisiane, quelques jours 
auparavant.   
    "Quelles que soit leur race et leurs origines, les 
Américains sont à juste titre scandalisés par les inexcusables 
violences commises à l'encontre de la police, que ce soit à 
Dallas ou ailleurs", a poursuivi Obama.  
    Ils le sont également par le problème "plus large et 
persistant de la différence de traitement dont les 
Afro-Américains et les Latinos font l'objet dans notre système 
judiciaire".  
     
    "COMPLIQUER LA TÂCHE" DES MALFAITEURS 
    "L'individu atteint de démence qui a commis les attaques de 
Dallas n'est pas plus représentatif des Afro-Américains que le 
tireur de Charleston ne l'était des Américains blancs, pas plus 
non plus que ceux d'Orlando ou de San Bernardino ne l'étaient 
des Américains musulmans", a souligné le président, évoquant des 
fusillades récentes, avant de prôner à nouveau une réforme de la 
législation sur les ventes d'armes, dont les républicains, 
majoritaires dans les deux chambres du Congrès, ne veulent pas. 
    "Pour ce qui est de la question des armes, je vais insister 
sur le fait qu'on ne peut pas dissiper du jour au lendemain 
toutes les tensions raciales de notre pays. Nous n'allons pas 
pouvoir identifier et neutraliser, en amont, tous les 
déséquilibrés qui voudraient s'en prendre à des innocents, mais 
nous pouvons leur compliquer la tâche", a ajouté Barack Obama. 
    Il semble toutefois peu probable qu'il propose un nouveau 
projet de loi limitant sur le sujet avant la fin de son mandat, 
en janvier. Les élus se sont déjà opposés à trois mesures 
proposées après la tuerie du 12 juin dans un club gay d'Orlando 
qui a coûté la vie à 49 personnes.  
    Les inquiétudes suscitées par celle de Dallas n'ont pas mis 
fin aux manifestations contre les violences policières, qui ont 
débuté après la mort de Philando Castile, mercredi soir à Saint 
Paul, dans la banlieue de Minneapolis, dans le Minnesota, et 
celle d'Alton Sterling, mardi à Bâton-Rouge, capitale de la 
Louisiane.  
    Les deux villes ont été le théâtre de défilés tendus, 
samedi. A Minneapolis, les manifestants se sont vus interdire 
l'accès à un festival de musique, puis ont bloqué un grand axe 
de circulation en début de soirée pendant environ deux heures. 
    Trois membres des forces de l'ordre ont été blessés par des 
jets de pierres, de bouteilles et de cocktails Molotov à Saint 
Paul. Plusieurs personnes ont été arrêtées et la police a fait 
usage de fumigènes et de cartouches de marquage pour disperser 
la foule. 
    Selon plusieurs manifestants, la police a fait usage de gaz 
lacrymogène et des balles en caoutchouc ont été tirées. 
    Des heurts ont également éclaté à Bâton-Rouge, où une 
trentaine de personnes ont été arrêtées.  
   D'autres manifestations ont eu lieu à Washington, à San 
Francisco, à Nashville, à Indianapolis et à New York, un millier 
de personnes ont bloqué la circulation sur la Cinquième Avenue.  
 
 (Carlo Allegri avec Laila Kearney à New York; Julie Carriat 
pour le service français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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