SYNTHESE-Nouveau front contre l'Etat islamique dans le nord de la Syrie

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    * Les FDS à moins de 15 km de Manbij, selon l'OSDH 
    * Les FDS se sont emparées de 16 villages-OSDH 
    * Trêve de 48 heures à Daraya, dans la banlieue de Damas 
    * Le HCN (opposition) propose une trêve pour le ramadan 
    * Réunion de l'Onu vendredi sur l'accès humanitaire 
 
    par Phil Stewart et John Davison 
    WASHINGTON/BEYROUTH, 2 juin (Reuters) - Plusieurs milliers 
de combattants syriens soutenus par les Etats-Unis ont ouvert un 
nouveau front d'importance dans la guerre en Syrie, dans le but 
de reprendre à l'Etat islamique la poche de Manbij, une zone clé 
située dans le nord de la Syrie, que le groupe utilise comme 
base logistique. 
    Par ailleurs, dans les faubourgs de Damas, une trêve de 48 
heures a été instaurée à Daraya, où de l'aide humanitaire est 
arrivée mercredi pour la première fois depuis 2012.   
    Le Conseil de sécurité de l'Onu doit tenir vendredi une 
réunion d'urgence sur l'accès des organisations humanitaires aux 
zones assiégées en Syrie.   
    Le Haut Comité des négociations (HCN) mis sur pied par 
l'opposition syrienne a pour sa part proposé une trêve pendant 
le ramadan, dans une lettre adressée à l'Onu.   
    L'opération sur Manbij, qui a commencé mardi après plusieurs 
semaines de préparatifs discrets, vise à couper l'accès de l'EI 
au territoire syrien le long de la frontière turque, que les 
djihadistes utilisent comme une base pour assurer la circulation 
des combattants étrangers venant d'Europe ou y repartant. 
    Daech contrôle une bande frontalière de 80 km de long qui 
s'étend à l'ouest de Djarablous. Djarablous est elle-même située 
au nord de Manbij. 
    "C'est important, dans le sens que c'est le dernier passage 
qu'il leur reste" vers l'Europe, a déclaré un responsable 
militaire américain à Reuters, qui a révélé l'information. 
    L'offensive est appuyée sur le terrain par quelques membres 
des forces spéciales américaines. Le président américain Barack 
Obama a autorisé 300 militaires des forces spéciales à opérer 
sur le terrain à partir de lieux tenus secrets en Syrie pour 
aider à organiser la lutte contre l'EI. 
     
    A DISTANCE DE LA LIGNE DE FRONT 
    Ceux qui sont à Manbij le sont en tant que conseillers et 
restent à distance de la ligne de front, précisent les 
responsables américains qui ont requis l'anonymat. 
    "Ils seront aussi près qu'il est nécessaire pour que 
l'opération puisse se faire. Mais ils ne s'engageront pas 
directement dans les combats", explique-t-on. 
    La coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui 
appuie l'offensive, a pilonné les positions de l'EI près de 
Manbij avec un total de huit frappes mardi sur six unités 
tactiques de djihadistes, deux quartiers généraux et une base 
d'entraînement. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, ces 
frappes aériennes ont tué quinze civils, dont trois enfants, au 
cours des vingt-quatre heures. 
    L'OSDH, qui dispose d'un réseau d'informateurs sur le 
terrain, précise que les Forces démocratiques syriennes (FDS), 
l'alliance qui mène l'assaut pour prendre la poche de Manbij, 
s'est emparée de 16 villages et se trouve désormais à moins de 
15 kilomètres de Manbij. 
    A Washington, on avait auparavant précisé que l'opération 
serait essentiellement menée par des Arabes syriens et non pas 
par les combattants kurdes des Unités de protection du peuple 
(YPG), qui ne représenteront qu'un cinquième ou un sixième des 
forces totales. C'est important pur la Turquie qui s'oppose à 
l'extension de la présence des Kurdes syriens à la frontière. 
    L'OSDH estime elle que les combattants YPG constituent la 
majorité des forces participant à l'offensive sur Manbij. 
     
    APRES LE DÉPART DE L'EI 
    Les YPG contrôlent une bande frontalière de 400 km de long, 
dans interruption. Ankara les considère comme un groupe 
terroriste et voit d'un mauvais oeil le soutien que leur apporte 
les Etats-Unis dans leur combat contre l'EI.  
    Les responsables américains assurent que les YPG ne 
combattront que pour faire partir l'EI de la zone autour de 
Manbij et que les combattants arabes syriens seront les seuls à 
stabiliser et à sécuriser la zone après le départ de l'EI. 
    "Après la prise de Manbij, l'accord prévoit que les YPG ne 
resteront pas (...) Aussi, vous aurez des Arabes syriens 
occupant la terre traditionnelle arabe syrienne", a expliqué un 
membre de l'administration américaine. 
    Un responsable américain a dit que l'armée turque soutenait 
l'offensive. Un autre a précisé qu'elle ne participait pas 
militairement. 
    De source militaire turque, on explique qu'Ankara a été 
informé de l'opération par Washington et que la Turquie ne peut 
y participer en raison de la participation des YPG kurdes et 
parce que la poche de Manbij est au-delà de la portée de 
l'artillerie stationnées en Turquie. 
    Pourtant, l'armée turque a bombardé les positions de l'EI 
dans le nord de la Syrie ces dernières semaines. 
    De source kurde, on prédit que les milices syriennes 
atteindront Manbij en quelques jours. On ajoute que les défenses 
de l'EI stationnées sur la rive occidentale de l'Euphrate se 
sont effondrées au début de la campagne. 
    L'opération pourrait annoncer une offensive à Rakka, 
capitale autoproclamée de l'Etat islamique en Syrie et objectif 
numéro un de l'armée américaine sur le terrain. 
 
 (Avec Tom Perry à Beyrouth, Tulay Karadeniz à Ankara et John 
Walcoot à Washington; Danielle Rouquié, Henri-Pierre André et 
Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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