SYNTHESE-Migrants-Perturbations à Calais et Budapest, l'UE annonce un plan

le
0

par John Pullman et Marton Dunai CALAIS, France/BUDAPEST, 2 septembre (Reuters) - Le trafic des Eurostar fortement perturbé à Calais et de nouvelles manifestations devant la gare internationale de Budapest ont confirmé mercredi l'urgence de la crise des migrants à laquelle les pays de l'Union européenne cherchent à apporter une réponse commune. Face à cette situation sans précédent depuis la guerre des Balkans dans les années 90, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit présenter la semaine prochaine, lors de sa déclaration annuelle sur l'état de l'Union, de nouvelles mesures. Celles-ci devraient simplifier la procédure de demande d'asile mais également permettre aux autorités européennes de distinguer les réfugiés menacés en raison de la situation dans leur pays d'origine et les migrants économiques qui s'exilent non pour des motifs sécuritaires mais pour fuir la misère. Ces derniers pourraient être renvoyés chez eux tandis que les réfugiés devraient être répartis parmi les 28 Etats membres de l'Union européenne. A Calais, quatre Eurostar qui reliaient Paris à Londres ont été immobilisés dans la soirée de mardi avant de repartir dans la nuit. Un cinquième, qui avait été stoppé à l'entrée du tunnel sous la Manche, a été tracté jusqu'à la gare de Calais-Fréthun où il est resté toute la nuit avec ses 700 passagers. Des migrants ont pénétré par centaines sur les rails de la gare de Calais-Fréthun, provoquant l'arrêt du trafic. La SNCF a précisé que le trafic avait été totalement bloqué et le courant coupé afin d'évacuer les migrants. Ces incidents sont intervenus au lendemain d'une visite du Premier ministre Manuel Valls, au cours de laquelle il a estimé que la frontière franco-britannique était "pleinement contrôlée" après le renforcement récent des moyens de sécurité. A Budapest, des centaines de personnes expulsées de la gare internationale mardi ont manifesté pour la deuxième journée consécutive aux cris de "Liberté, liberté" et réclamé de pouvoir se rendre en Allemagne. Plus de 2.000 migrants, dont des familles avec enfants, sont rassemblés sur la place face à la gare de Budapest-Keleti. Les autorités hongroises, qui ont déployé des forces anti-émeutes dans l'après-midi, font valoir que ces personnes ne disposent pas de papiers en règle pour poursuivre leur voyage. RÉTICENCES Les autorités allemandes ont annoncé dans la journée que le nombre de demandes d'asile enregistrées au cours du mois d'août avait dépassé les 100.000 pour un total de 413.535 depuis le début de l'année. Au nom de la "dignité et des valeurs européennes", le gouvernement allemand a décidé d'accueillir les candidats à l'exil, adoptant une position peu partagée par ses partenaires européens. La police tchèque a décidé de ne plus arrêter les réfugiés syriens transitant sur son territoire, qui ont déposé une demande d'asile en Hongrie et tentent de se rendre en Allemagne. Suivant le Règlement de Dublin, les demandeurs d'asile doivent demeurer dans le pays où ils ont pénétré l'espace communautaire et déposer leur demande. Le Commissaire européen à l'immigration, Dimitris Avramopoulos, ancien ministre grec des Affaires étrangères, a indiqué mardi soir que le plan qui sera annoncé la semaine prochaine viserait à aider les pays d'entrée comme l'Italie, la Grèce et probablement la Hongrie à enregistrer les demandes d'asile. Avramopoulos a précisé que les discussions menées actuellement avec les gouvernements des Vingt-Huit laissaient espérer un assouplissement de certaines réticences provoquées par la proposition formulée en mai par Jean-Claude Juncker d'une répartition des migrants parmi les Etats membres. "La majorité des pays souhaitent contribuer. Certains pays qui étaient un peu réticents ont changé de position parce qu'ils se rendent compte que ce problème est le leur autant que celui des autres", a ajouté Avramopoulos. Les autorités grecques ont annoncé l'arrestation à Thessalonique de six personnes, quatre Bulgares et deux Turcs, soupçonnés d'avoir fait passer 103 migrants de Turquie en Grèce. Les passeurs exigeaient 2.000 par personne pour les conduire jusqu'en Macédoine dans un camion où ils ont été retrouvés. Une embarcation transportant 16 Syriens a coulé au large d'Arkyalar en Turquie en tentant de rejoindre l'île grecque de Kos. Sept passagers sont morts et cinq sont portés disparus tandis que quatre ont été sauvés. Un bateau transportant quarante ressortissants africains, 33 hommes, six femmes et une fillette, a atteint mardi soir les côtes de Grande Canarie, principale île de l'archipel espagnol située au large du Maroc. (Pierre Sérisier pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant