SYNTHESE-Les trois kamikazes de Bruxelles identifiés

le , mis à jour à 13:29
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 (actualisé avec précisions sur El Bakraoui, déclaration de 
l'avocat d'Abdeslam) 
    * Les deux frères Bakraoui parmi les kamikazes 
    * Le troisième kamikaze identifié comme Najim Laachraoui 
    * Tous trois sont impliqués dans les attentats de Paris 
    * Réunion extraordinaire des ministres européens de 
l'Intérieur et de la justice cet après-midi 
    * Dix Français parmi les 300 blessés 
 
    par Jan Strupczewski, Julia Fioretti et Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 24 mars (Reuters) - Trois kamikazes ont été 
identifiés par les autorités belges dans les attentats qui ont 
fait au moins 31 morts et 300 blessés à l'aéroport et dans le 
métro de Bruxelles tandis qu'un quatrième homme toujours en 
fuite reste recherché jeudi par les forces de sécurité. 
    Les frères Ibrahim et Khalid el Bakraoui ont été identifiés 
officiellement mercredi. Le troisième kamikaze, qui s'est fait 
sauter à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem avec Ibrahim al 
Bakraoui, serait Najim Laachraoui, 25 ans, ont rapporté des 
sources sécuritaires citées par la presse belge.  
    Ces trois hommes étaient liés aux attentats de Paris, qui 
ont en partie été préparés à Bruxelles. Ils sont également 
soupçonnés d'avoir participé à la cavale de Salah Abdeslam, 
suspect-clef dans l'enquête sur les attaques du 13 novembre 
capturé vendredi dernier dans la capitale belge. 
    Jeudi, l'avocat de Salah Abdeslam, Me Sven Mary, a annoncé 
que son client souhaitait se rendre en France "le plus vite 
possible", alors qu'il semblait jusque là s'opposer à sa remise 
à la justice française.   
    "Il souhaite repartir en France le plus vite possible parce 
que je pense (...) qu'il veut s'expliquer en France. C'est une 
bonne chose", a dit l'avocat à la presse, assurant au passage 
que son client n'avait pas été informé des attentats de mardi. 
    Ce double attentat a suscité un élan de solidarité 
internationale mais a aussi relancé le débat sur l'efficacité 
des services de sécurité belges et la capacité des  Européens à 
apporter une réponse concertée. 
     
    UNE MÊME CELLULE DJIHADISTE 
    L'identité des frères Bakraoui et leur rôle dans les 
attaques contre l'aéroport et le métro ont été révélés par le 
procureur fédéral Frédéric Van Leeuw. 
    L'aîné, Ibrahim, 29 ans, de nationalité belge, était l'un 
des deux kamikazes qui se sont fait exploser dans le hall des 
départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem vers 08h00 mardi 
matin, a déclaré le magistrat lors d'une conférence de presse.  
    Son frère cadet, Khalid, 27 ans, est le kamikaze de la 
station de métro Maelbeek, dans le quartier européen de la 
capitale belge. L'explosion s'y est produite environ une heure 
plus tard. Khalid al Bakraoui a activé sa bombe à l'intérieur de 
la deuxième rame alors que celle-ci était toujours dans la 
station. 
    Le troisième kamikaze identifié par des sources 
sécuritaires, Najim Laachraoui, s'est fait exploser à Zaventem.  
    La police belge est toujours à la recherche d'un autre homme 
visible sur les images des caméras de surveillance de 
l'aéroport. Il aurait laissé sur place la plus forte charge, qui 
n'a explosé que plus tard sans faire de victimes. 
     
    "TESTAMENT" 
    Le témoignage d'un chauffeur de taxi a conduit la police 
belge à un appartement de Schaerbeek, commune du nord-est de 
l'agglomération bruxelloise. Le chauffeur, qui s'est présenté 
mardi à la police, a dit y avoir pris en charge, mardi matin rue 
Max Roos, les trois auteurs présumés de l'attentat contre 
l'aéroport. 
    Une perquisition menée dans une habitation de cette rue a 
permis de découvrir par la suite "15 kilos d'explosif de type 
TATP, 150 litres d'acétone, 30 litres d'eau oxygénée, des 
détonateurs, une valise remplie de clous et de vis ainsi que du 
matériel destiné à confectionner des engins explosifs", a 
indiqué le procureur Van Leeuw. 
    Les enquêteurs ont par ailleurs découvert dans une poubelle 
de cette même rue Max Roos "un ordinateur contenant le testament 
d'Ibrahim el Bakraoui dans lequel il déclare 'être dans la 
précipitation, ne plus savoir quoi faire, être recherché de 
partout, ne plus être en sécurité'" et "risquer de terminer à 
côté de lui dans une cellule". 
    Selon TF1, l'aîné des frères Bakraoui y explique avoir voulu 
venger Salah Abdeslam et Mohamed Belkaïd, tué lors d'une 
perquisition la semaine dernière dans la commune bruxelloise de 
Forest. 
     
    LES SERVICES BELGES À NOUVEAU EN QUESTION 
    Une polémique est apparue mercredi entre la Turquie et la 
Belgique. D'après le président turc Recep Tayyip Erdogan, 
Ibrahim el Bakraoui avait été arrêté en juin dernier dans la 
province de Gazantiep, près de la frontière syrienne, et expulsé 
le mois suivant mais les autorités belges, pourtant informées, 
l'ont par la suite jugé "sans lien avec le terrorisme" et 
relâché. 
    Le ministre belge de la Justice Koen Geens a répondu 
mercredi soir en assurant que Bakraoui avait été renvoyé vers 
les Pays-Bas, et non pas extradé vers la Belgique.   
    Jeudi, un haut responsable turc a réitéré le propos du 
président turc, affirmant même qu'Ibrahim el Bakraoui avait été 
expulsé de Turquie à deux reprises l'été dernier, en juillet 
puis en août.   
    Ces propos ont relancé le débat sur la capacité des services 
de sécurité belges à endiguer la menace djihadistes. On estime 
que 300 djihadistes sont partis en Syrie depuis la Belgique, le 
pays compte la proportion la plus forte de combattants, par 
rapport à sa population de 11 millions.  ID:nL5N16V09T  
     
    "PACTE EUROPÉEN DE SÉCURITÉ" 
    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude 
Juncker, et le Premier ministre français, Manuel Valls, qui 
s'est rendu mercredi à Bruxelles, ont souhaité un renforcement 
des mesures de sécurité en Europe.  
    Ils ont demandé le déploiement rapide de gardes-frontières 
européens, la mise en oeuvre des contrôles systématiques aux 
frontières de l'espace Schengen et de la directive sur les armes 
qui doit encore être adoptée. 
    Lors d'un point de presse, ils ont à nouveau pressé les 
députés européens de voter le PNR, le fichier des voyageurs 
aériens en Europe, Manuel Valls expliquant que "le Parlement 
européen doit montrer pleinement son engagement dans la lutte 
contre le terrorisme" en l'adoptant en avril.  
    "Tout ça doit former un pacte européen de sécurité qui aura 
comme pendant une Europe de la défense capable d'intervenir 
vraiment sur les théâtres extérieurs", a-t-il ajouté. 
  
    Les ministres européens de l'Intérieur et de la Justice se 
retrouveront ce jeudi après-midi à Bruxelles pour une réunion 
extraordinaire à la suite de ces attentats. 
    La Commission européenne organisera par ailleurs le 31 mars  
une réunion d'experts de la sécurité aérienne. Une autre réunion 
sur la sécurité dans les transports terrestres aura lieu le 11 
avril. 
    En visite en Argentine, le président Barack Obama a assuré 
que les Etats-Unis allaient vaincre l'Etat islamique (EI). Il a 
ajouté que son pays ferait tout pour aider la Belgique à arrêter 
et à juger tous les responsables des attentats de Bruxelles, qui 
ont été revendiqués par l'EI.     
    Son secrétaire à la Défense, Ashton Carter, a invité 
mercredi les pays européens à renforcer la lutte contre les 
djihadistes de l'EI en Syrie et en Irak. "Ce qui s'est passé à 
Bruxelles va faire comprendre un peu plus aux Européens que, 
tout comme nous (Américains) avons intensifié notre campagne 
pour vaincre l'EI en Syrie, en Irak et ailleurs, ils doivent 
aussi multiplier leurs efforts et nous rejoindre", a-t-il dit 
sur CNN. 
    "Il ne suffit pas de les vaincre en Irak et en Syrie. Ce que 
Bruxelles nous dit, c'est qu'ils ont des sympathisants, des gens 
qui sont Belges ou Français, qui vivent déjà là. Par conséquent, 
une part importante de la lutte portera aussi sur la sécurité 
intérieure, le renseignement et la sécurité", a-t-il ajouté. 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra vendredi 
à Bruxelles, où les hommages spontanés se sont poursuivis devant 
la Bourse. 
    Le dernier bilan, encore provisoire, fait état d'au moins 31 
morts et quelque 300 blessés de 40 nationalités différentes. Dix 
Français figurent au nombre des blessés, quatre sont dans un 
état grave. 
     
    VOIR AUSSI 
    ENCADRE Principaux suspects liés aux attaques de Paris et 
Bruxelles   
    LE POINT sur les attentats de Bruxelles:  ID:nL5N16V04G  
 
 (avec Jean-Baptiste Vey et Sophie Louet; Guy Kerivel et Julie 
Carriat pour le service français, édité par Henri-Pierre André) 
 
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