SYNTHESE-Les Kurdes syriens disent avoir été touchés par les frappes turques contre l'EI

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* Une milice kurde de Syrie dit avoir été bombardée par Ankara * La Turquie dit ne pas vouloir viser les Kurdes de Syrie * Nouvelle avancée des Kurdes de Syrie (YPG) face à l'EI * La Turquie, qui traque les "terroristes", a arrêté 900 personnes (Actualisé avec démenti turc §2-3, nombre d'arrestations §11) par Humeyra Pamuk et Suleiman Al-Khalidi ISTANBUL/BEYROUTH, 27 juillet (Reuters) - La milice kurde syrienne de l'YPG (Unités de protection du peuple) a accusé lundi l'armée turque d'avoir bombardé ses positions, illustration de la stratégie difficile choisie par la Turquie, qui a décidé à la foi de combattre l'Etat islamique en Syrie et les insurgés kurdes en Irak. Longtemps réticente à assumer son appartenance à la coalition menée par les Etats-Unis contre l'EI, la Turquie a changé de stratégie la semaine en se lançant dans des frappes à la fois contre l'EI en Syrie et contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak et tout en autorisant l'accès de ses bases aériennes aux avions de la coalition. La Turquie a ainsi à nouveau bombardé les camps du PKK dans le nord de Irak dans la nuit de dimanche. Avec cette reprise des actions militaires contre le PKK, dont l'insurrection contre l'Etat turc lancée il y a 30 ans était en partie menée à partir du nord de l'Irak, certains se demandent si le véritable objectif d'Ankara est de contrôler les ambitions territoriales kurdes plutôt que de lutter contre l'EI. Dans un communiqué, l'YPG a accusé des chars d'avoir tiré du territoire turc sur ses positions dans un village du nord de la Syrie proche de la ville de Djarablous, tenue par l'EI. L'YPG parle de plusieurs chars qui ont tiré du territoire turc au lieu de viser les "terroristes". "Cette agression doit cesser", ajoute l'YPG. Selon la version d'un haut responsable du gouvernement turc, l'armée turque a riposté après avoir été sous le feu de tirs en provenance de l'autre côté de la frontière dimanche soir. Mais il a dit qu'on ne savait pas quel groupe était concerné et a affirmé que l'YPG n'était pas une cible. "L'opération militaire en cours cherche à neutraliser les menaces imminentes pour la sécurité nationale de la Turquie et continue à viser l'Etat islamique en Syrie et le PKK en Irak", a dit ce responsable. Il a ajouté qu'Ankara menait une enquête sur cette affaire. "Le PYD (l'aile politique de l'YPG, NDLR), ainsi que d'autres, ne figure pas parmi les objectifs de l'effort militaire en cours", a-t-il ajouté. L'YPG a poursuivi son avancée contre l'EI dans le nord de la Syrie lundi, s'emparant d'une localité près de l'Euphrate, dans dans le but de couper ses voies d'approvisionnement, ont indiqué l'OSDH et le porte-parole des YPG, Redour Xelil. ID:nL5N1071P5 "UNE PLACE DANS LA NOUVELLE SYRIE" Le PYD apparaît pour l'instant comme le seul partenaire notable sur le terrain de la coalition internationale montée par les Etats-Unis contre l'EI dans le nord de la Syrie. Il reçoit l'appui aérien des Etats-Unis dans ses combats contre l'EI. Mais le groupe kurde a des liens avec le PKK, qui est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis. Les deux entités ne partagent pas seulement la même idéologie mais aussi leurs combattants, le PKK ayant attiré des combattants kurdes syriens dans ses camps du nord de l'Irak et des Kurdes turcs dans les rangs du PYD. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a déclaré lundi que le PYD pourrait "avoir une place dans la nouvelle Syrie" s'il ne porte pas atteinte aux intérêts de la Turquie, s'il rompt toute relation avec le gouvernement du président syrien Bachar al Assad et coopère avec les forces d'opposition. Les raids contre le PKK risquent de mettre un terme au délicat processus de paix engagé par le gouvernement et les séparatistes kurdes à la fin 2012 pour mettre fin à une insurrection qui a fait 40.000 morts depuis 1984. Le PKK a déclaré la semaine dernière que le processus de paix n'avait plus aucun sens. ID:nL5N10505M Les forces de sécurité turques ont interpellé ces derniers jours 900 personnes soupçonnées d'appartenir à l'Etat islamique, aux sympathisants kurdes du PKK et au DHKP/C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple). Selon la presse, la vaste majorité des personnes interpellées sont des Kurdes et des membres de l'extrême-gauche et non des membres de l'EI. Ces arrestations ont parfois été accompagnées de violences. Un policier a été tué à Gazi, dans un quartier instable d'Istanbul, dimanche, en proie à des violences depuis la mort d'un militant de gauche lors d'une opération de police. Selon le responsable du gouvernement turc, quelque 900 membres présumés de l'EI ont été interpellés ces jours derniers. Lundi, 500 policiers ont ratissé le quartier de Haci Bayram à Istanbul. Ils ont appréhendé 15 membres présumés de l'EI, dont 11 ressortissants étrangers, selon le quotidien Yeni Safak. Des opérations ont également été menées dans la ville d'Adiyaman, dans le Sud-Est à majorité kurde, où 19 personnes soupçonnées de liens avec le PKK ont été arrêtées, ajoute-t-il. (Suleiman Al Khalidi, avec Ayla Jean Yackley à Istanbul et Tulay Karadeniz à Ankara; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • M4358281 le lundi 27 juil 2015 à 15:33

    ils ont fait mal ..?