SYNTHESE-Les forces syriennes attaquent près d'Alep, tractations à Genève

le
0
    * Offensive de l'armée gouvernementale au nord d'Alep 
    * L'opposition rencontre de nouveau l'émissaire de l'Onu à 
Genève 
    * Elle menace de se retirer des discussions sans gages de 
bonne volonté 
 
    par Tom Miles, John Irish et Tom Perry 
    GENEVE/BEYROUTH, 1er février (Reuters) - Les forces 
gouvernementales syriennes ont lancé lundi une attaque au nord 
d'Alep pour s'emparer d'une route ravitaillant la grande ville 
du nord-ouest de la Syrie, alors que les tractations se 
poursuivent pour l'ouverture de pourparlers de paix à Genève.  
    En Suisse, les discussions ont repris vers 17h00 (16h00 GMT) 
entre une délégation de l'opposition et l'envoyé spécial des 
Nations unies Staffan de Mistura, qui espère toujours lancer des 
négociations entre le gouvernement du président Bachar al Assad 
et ses opposants. 
    Bachar al Djaafari, le chef de la délégation 
gouvernementale, s'est dit prêt dimanche à discuter de mesures 
humanitaires, cessez-le-feu ou libération de détenus, mais il a 
laissé entendre que ces mesures pourraient n'intervenir que 
comme résultat des négociations, et non avant leur lancement.  
    Les discussions en cours à Genève représentent la tentative 
la plus aboutie depuis deux ans pour relancer des pourparlers 
visant à faire cesser la guerre civile syrienne, qui a fait plus 
de 250.000 morts et des millions de déplacés.  
    L'opposition, qui a accepté vendredi soir de se rendre sur 
les rives du Léman après avoir reçu, dit-elle, des garanties de 
voir la situation s'améliorer sur le terrain, souligne cependant 
que le conflit n'a connu aucun répit depuis cette date.  
    Les forces gouvernementales et ses alliées, dont les milices 
chiites, ont ainsi intensifié leurs offensives sur plusieurs 
secteurs de l'ouest de la Syrie.  
    La région du nord d'Alep, ville dont rebelles et loyalistes 
se partagent le contrôle, n'avait plus connu de grande offensive 
gouvernementale depuis près d'un an.  
    "L'attaque a débuté à 02h00 du matin, par des raids aériens 
et des tirs de missiles", a déclaré Ahmed al Seoud, un 
commandant de l'Armée syrienne libre (ASL), joint dans la 
province voisine d'Idlib.  
    "Nous avons obtenu de l'Amérique et des Saoudiens des 
garanties pour participer aux négociations (...) (mais) le 
régime ne fait preuve d'aucune bonne volonté", a-t-il déploré.  
    Des renforts ont été envoyés par l'ASL près du village de 
Bachkoy, a-t-il précisé.  
    D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
les forces gouvernementales, appuyées par les milices chiites et 
l'aviation russe, gagnent du terrain dans ce secteur et elles 
ont capturé la majeure partie du village de Douweir al Zeitoune, 
proche de Bachkoy. Selon l'Observatoire, des dizaines de frappes 
aériennes ont visé la zone lundi matin.  
     
    ESCALADE 
    Farrah Atassi, une déléguée du Haut Conseil des négociations 
(HCN), principal organe de l'opposition à Genève, créé le mois 
dernier en Arabie saoudite par des partis politiques et des 
groupes armés de la rébellion, a estimé qu'il devenait difficile 
pour l'opposition de justifier sa présence à Genève dans le 
contexte d'escalade militaire des forces loyalistes.  
    "Aujourd'hui, nous allons encore et encore faire valoir 
auprès de M. De Mistura, pour la millième fois, que l'opposition 
veut mettre fin aux souffrances du peuple syrien", a-t-elle dit. 
"Nous ne pouvons demander à l'opposition syrienne d'engager une 
quelconque négociation avec le régime face à une telle 
escalade." 
    Selon un haut diplomate occidental, "l'opposition veut tout 
de suite des choses visibles et tangibles, mais il y a des 
choses qui ne peuvent pas être obtenues de manière réaliste, 
comme la cessation des bombardements. Il est évident que c'est 
trop difficile. Les compromis les plus faciles portent sur la 
libération des civils et des enfants." 
    Le HCN réclame l'arrêt des bombardements des populations 
civiles, la levée du blocus des villes assiégées et la 
libération de quelque 3.000 femmes et enfants qui seraient 
détenus dans les prisons syriennes, des points qui figurent dans 
la résolution 2254 adoptée à l'unanimité le 18 décembre par le 
Conseil de sécurité de l'Onu. 
    Selon un nouveau bilan publié lundi en début de journée par 
l'OSDH, le bilan de l'attentat suicide revendiqué par 
l'organisation de l'Etat islamique dimanche à Damas, dans un 
quartier abritant le mausolée chiite le plus sacré de Syrie, 
celui de Sayeda Zeïnab, s'élève à plus de 70 morts.   
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant