SYNTHESE-Les combattants kurdes irakiens sont arrivés à Kobani

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* Le siège de Kobani par l'EI dure depuis plus de 40 jours * C'est un test pour la coalition internationale * Les premiers peshmergas établissent la stratégie à suivre * Ils doivent être rejoints par d'autres par Humeyra Pamuk et Omer Berberoglu BEYROUTH, 30 octobre (Reuters) - Les premiers combattants kurdes irakiens sont entrés jeudi dans Kobani, la ville kurde du nord de la Syrie assiégée depuis plus de 40 jours par les djihadistes de l'Etat islamique (EI). Malgré plusieurs semaines de frappes aériennes de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les djihadistes tiennent toujours en étau cette ville frontalière de la Turquie devenue emblématique de la lutte contre l'EI en Syrie. Les Kurdes syriens assiégés espèrent que l'arrivée de leurs frères irakiens et des armes lourdes qu'ils apportent avec eux permettra de changer la donne. Ces peshmergas font partie d'un groupe de combattants envoyés en renfort par le gouvernement autonome du Kurdistan irakien via la Turquie, qui a fini par organiser ce transfert après s'être montrée réticente dans un premier temps. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition basée à Londres, les premiers peshmergas arrivés à Kobani, en provenance de Turquie sont au nombre de dix. Les autres devraient à leur tour franchir la frontière et gagner Kobani, appelée aussi Aïn al Arab en arabe, "dans les prochaines heures", précise l'OSDH. "Ce premier groupe, à ce qu'on m'a dit, est là pour mettre au point le planning de la stratégie que nous allons suivre", a déclaré Meryem Kobane, un commandant des Unités de protection du peuple (YPG), principal groupe kurde syrien qui défend la ville. Hemin Hawrami, haut responsable de Parti démocratique du Kurdistan (PDK) en Irak, a annoncé sur son compte Twitter que les peshmergas arrivés à Kobani étaient en train de voir où installer les armes lourdes. Une centaine de peshmergas irakiens sont arrivés par avion en Turquie dans la nuit de mardi à mercredi. Ils ont été ensuite rejoints par un convoi terrestre de véhicules transportant des armes lourdes dont un canon et des mitrailleuses montées sur camion. TENUES DE COMBAT Un journaliste de Reuters a pu voir ces combattants en train d'enfiler leurs tenues de combat et de préparer leurs armes, sur un site protégé par les forces de sécurité turques près de la ville de Suruc, à la frontière turco-syrienne. Parallèlement, les bombardements de la coalition internationale se poursuivent. Depuis mercredi, le commandement central américain a mené dix frappes aériennes sur des objectifs de l'EI près de Kobani, qui se sont soldées par la destruction de bâtiments et de positions de combat de l'EI. Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné la Turquie pour avoir autorisé les combattants étrangers et les "terroristes" à entrer en Syrie. Cela constitue, estime-t-il, une violation "honteuse" de sa souveraineté. La Turquie, qui, tout en étant méfiante vis-à-vis des Kurdes, soutient les rebelles qui veulent renverser son ennemi le président syrien Bachar al Assad, a estimé que le "régime syrien" n'était pas légitime. "De telles déclarations d'un régime qui a perdu sa légitimité sont stupéfiantes", a déclaré un responsable du gouvernement turc. Quelque 200 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) sont également entrés dans Kobani en provenance de Turquie pour aider à lutter contre l'EI, selon le commandant rebelle Abdoul Djabbar al Okaïdi et un autre responsable du gouvernement turc. Sous la bannière de l'ASL, sont regroupés des dizaines de groupes armés qui luttent contre Bachar al Assad, mais, sans pratiquement de commandement central, ils sont distancés par les autres groupes d'insurgés islamistes dans la guerre civile syrienne. A Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, le président Massoud Barzani s'est dit prêt à envoyer davantage de combattants en renfort à Kobani si on lui en faisait la demande. Le HDP, le parti pro-kurde, qui soupçonne le gouvernement turc de préférer l'EI aux Kurdes, a appelé à manifester samedi en solidarité avec Kobani. (Avec Alexander Dziadosz à Beyrouth, Isabel Coles à Erbil, Orhan Coskun, Gulsen Solaker et Ayse Sarioglu à Ankara; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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