SYNTHESE-Le secteur bancaire européen passe ses tests sans casse

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* 25 banques sur 130 n'ont pas réussi l'examen de la BCE * Un déficit de fonds propres résiduels de 10 mds seulement * Neuf banques italiennes parmi les 25 qui ont échoué * La BCE espère favoriser le crédit * La démarche ne convainc pas tous les observateurs (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée dimanche) par Laura Noonan et Eva Taylor FRANCFORT, 27 octobre (Reuters) - Vingt-cinq des 130 principales banques de la zone euro ont échoué à l'examen global de leur situation financière à la fin de l'année dernière mais la plupart ont depuis comblé leur déficit de fonds propres, a annoncé dimanche la Banque centrale européenne (BCE). Dressant un tableau du secteur bancaire européen moins sombre que beaucoup ne le redoutaient, la BCE a identifié les principaux problèmes en Italie, à Chypre et en Grèce mais elle a précisé que l'essentiel des besoins de fonds propres était déjà couvert, le déficit résiduel de fonds propres des banques à l'échelle européenne n'excédant pas 10 milliards d'euros. Une récente enquête conduite par Goldman Sachs auprès d'investisseurs montraient pourtant qu'ils estimaient que la BCE devait identifier un déficit de fonds propres de 51 milliards d'euros pour que l'exercice puisse être considéré comme crédible. Le système bancaire italien apparaît comme le principal point noir avec neuf établissements ayant raté les tests, selon l'Autorité bancaire européenne (ABE), qui a coordonné l'exercice avec la BCE. Banca Monte dei Paschi di Siena BMPS.MI affichait le déficit de fonds propres le plus important, à 2,1 milliards d'euros fin septembre, malgré l'augmentation de capital réalisée cette année. L'ABE a précisé que trois banques grecques, trois chypriotes, deux établissements en Belgique et en Slovénie respectivement et un seul en France, en Allemagne, en Autriche, en Irlande et au Portugal avaient échoué à l'examen à la fin de l'année dernière. ID:nL5N0SL0QR En France, toutes les grandes banques ont réussi les "tests de résistance" et l'examen de la qualité de leurs actifs, a dit la Banque de France. ID:nL5N0SL0GD Ce vaste "bilan de santé" du secteur, conjugué à une évaluation de sa capacité à résister à d'éventuels "chocs", réalisé par la BCE et l'ABE est destiné à tourner la page de la crise financière et à restaurer la confiance des investisseurs. 136 MILLIARDS DE PRÊTS DOUTEUX EN PLUS C'est aussi le préalable au passage à une supervision unique du secteur par la BCE à partir du 4 novembre. "Les résultats assurent qu'à l'avenir, la reprise économique ne sera pas pénalisée par des restrictions à l'offre de crédit", a dit le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, lors d'une conférence de presse dimanche. ID:nL5N0SL0OZ Les autorités de surveillance bancaires entendaient vérifier que les banques disposaient d'un ratio de fonds propres durs d'au moins 8% de leurs engagements pondérés des risques dans un environnement économique considéré comme normal sur une période de trois ans et d'au moins 5,5% dans un scénario plus sombre, dit "stressé". Cet examen approfondi et à grande échelle de la qualité et de la solidité des banques de la zone euro était jugé critique pour la crédibilité de la BCE mais aussi pour une relance du crédit, considérée comme un préalable nécessaire à la reprise de l'économie de la zone euro. Les résultats ont été accueillis avec prudence par les analystes qui y voient plus le début de l'assainissement du secteur bancaire européen que son aboutissement. "Je considère que les tests de résistance représentent un succès important mais partiel, qui aidera à réduire l'incertitude", a dit Marcel Fratzscher, président de l'institut économique allemand DIW. "Il reste cependant des défis importants non résolus. Les tests de résistance à eux seuls ne vont pas mettre un terme au rationnement du crédit aux petites et moyennes entreprises dans les pays du sud de l'Europe." POINT DE DÉPART Certains se sont montrés plus critiques encore. "Il semble que ces stress tests n'ont pas été très stressants", a ainsi commenté Karl Whelan, économiste à l'University College de Dublin. "Le vrai sujet est le montant du déficit de fonds propres et il est très, très faible. Je ne me sens pas beaucoup plus rassuré sur la santé du système bancaire aujourd'hui qu'il y a une semaine." L'exercice a toutefois obligé les banques à réaliser un vaste état des lieux et notamment à revoir à la hausse l'encours de leurs prêts douteux de 136 milliards d'euros, pour le porter à 879 milliards. Cette quatrième "opération vérité" des autorités européennes sur leur système bancaire depuis l'éclatement de la crise financière était considérée comme la plus rigoureuse. Les tentatives précédentes n'avaient pas été concluantes, les banques irlandaises ayant notamment obtenu un blanc-seing peu avant que leur effondrement n'oblige le pays à faire appel à l'aide financière internationale. "C'est crédible", a estimé Nicolas Véron, du cercle de réflexion sur les questions européennes Bruegel. "Mais c'est seulement le point de départ d'une séquence plus longue d'assainissement qui se poursuivra bien avant dans l'année 2015." Les établissements présentant un déficit de fonds propres ont deux semaines pour préciser comment ils vont le combler. Une fois leur plan approuvé par la BCE, ils disposeront de neuf mois pour le mettre en oeuvre. Aux termes de la revue de la qualité des actifs au 31 décembre 2013, la BCE a estimé que les bilans des banques devaient être revus à la baisse de 48 milliards d'euros (dont 11 milliards pour les banques ayant échoué). Elle n'exigera pas des établissements dont des actifs sont surévalués qu'ils prennent des mesures correctrices immédiates mais ils devront renforcer leurs fonds propres, ce qui limitera leur capacité à accroître la taille de leur bilan ou à rémunérer leurs actionnaires. Mais au total, le redémarrage du crédit reste avant tout suspendu à l'évolution de la demande dans une économie de la zone euro qui reste à la peine. * LE POINT sur les tests bancaires européens: ID:L5N0SL1GQ (Matthias Blamont et Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)


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