SYNTHESE-Le monde musulman manifeste contre Charlie Hebdo

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* La prière du vendredi, jour de manifestations contre Charlie * Les manifestations ont souvent dégénéré * Quatre morts au Niger, des blessés à Alger et Karachi PARIS, 16 janvier (Reuters) - De l'Algérie au Niger, du Pakistan à la Mauritanie, le monde musulman a manifesté vendredi, parfois violemment, contre la publication d'une nouvelle caricature du prophète Mahomet dans le dernier numéro de l'hebdomadaire français Charlie Hebdo. Au Niger, les violences ont fait quatre morts, trois civils et un gendarme, à Zinder, deuxième ville du pays. La une du dernier numéro de Charlie Hebdo paru mercredi, une semaine après l'attentat contre le journal qui a fait 12 morts, montre, sous la phrase "tout est pardonné", une caricature du prophète la larme à l'oeil. Mahomet tient une pancarte "Je suis Charlie", dessin considéré par certains comme une nouvelle provocation. A Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde contre l'islamophobie en train selon lui de se développer en Occident et évoqué la menace d'un "choc des civilisations". FLÈCHES ET GOURDINS Des manifestations pacifiques ont eu lieu après la prière du vendredi dans les capitales d'anciennes colonies françaises au Mali, au Sénégal et en Mauritanie. "Charlie Hebdo dans les toilettes", lisait-on sur une pancarte brandie par un manifestant dans la capitale mauritanienne, Nouakchott. Mais au Niger, la manifestation a dégénéré à Zinder, dans le sud, où des manifestants ont attaqué le centre culturel français, incendié des églises et saccagé des commerces tenus par des chrétiens, ont rapporté des habitants. "Il y a un gendarme et trois civils qui ont trouvé la mort", a dit un policier. "Il faut dire que certains manifestants avaient des arcs et flèches, des gourdins, et ils en ont fait usage. A certains endroits, les affrontements ont été vraiment très violents." Les manifestants criaient, en langue haoussa "Charlie est le diable", a rapporté Aboubacar Mamane, un commerçant joint par téléphone. (voir ID:nL6N0UV3ZV ) Les présidents du Niger, du Mali et du Sénégal ont défilé dimanche dernier à Paris avec de nombreux autres chefs d'Etat et de gouvernement aux côtés de François Hollande en solidarité avec les victimes des trois attentats qui ont touché la France la semaine dernière. Mais, signe d'un changement d'atmosphère, Macky Sall, le président du Sénégal, a déclaré jeudi soir: "La liberté de la presse ne doit pas, à notre avis, aller dans le sens d'une provocation inutile." A Alger, le défilé qui s'était déroulé dans le calme a également dégénéré mais sans faire de morts. A la fin du défilé, des manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles contre les forces de l'ordre dans le quartier du front de mer de la capitale algérienne. Des policiers ont été blessés et plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées dont deux dirigeants islamistes, Ali Belhadj et Hamadache Zeraoui. (voir ID:nL6N0UV3UC ) L'attaque contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts, a été perpétrée par deux frères Français d'origine algérienne, Chérif et Saïd Kouachi. ERDOGAN: "LA THÈSE DU CHOC DES CIVILISATIONS PREND VIE" Au Pakistan, environ deux cents personnes, pour la plupart des étudiants, ont manifesté en criant des slogans devant le consulat de France à Karachi. Selon un journaliste de Reuters, certains manifestants semblaient armés. Il les a vu tirer des coups de feu quand la police a commencé à utiliser des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour empêcher la foule de s'approcher du consulat. Un photographe travaillant pour l'AFP, Asif Hasan, a été blessé par les tirs des manifestants, a indiqué la police. (voir ID:nL6N0UV1R2 ) S'adressant à des hommes d'affaires dans la capitale turque Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a rappelé que Charlie Hebdo était connu pour ses dessins provoquants, mais a mis en garde contre l'islamophobie qui se développe dans les pays occidentaux. "Nous suivons avec une grande inquiétude les attaques contre l'islam dissimulées derrière l'attentat contre la publication satirique en France", a déclaré le chef de l'Etat, un pieux musulman sunnite. "Malgré nos efforts pour l'empêcher, la thèse du choc des civilisations est en train de prendre vie." Il a estimé que la décision d'imprimer le nouveau numéro de Charlie Hebdo à plusieurs millions d'exemplaires n'avait rien à voir avec la liberté d'expression mais que cela, au contraire, "terrorisait la liberté des autres". En Arabie saoudite, le Conseil des théologiens, seule institution saoudienne autorisée à donner des avis religieux et à émettre des fatwas, a condamné de son côté la publication des "dessins irrespectueux" du prophète Mahomet. "Cela profite aux extrémistes qui cherchent une justification au meurtre et au terrorisme", a déclaré un de ses membres, Fahad bin Saad al Madjid. (voir ID:nL6N0UV3FX ) (Abdoulaye Massalaki à Niamey, Akhtar Soomro et Syed Raza Hassan à Karachi, Patrick Markey à Alger et Orhan Coskun à Ankara; Danielle Rouquié pour le service français)

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  • margot99 le vendredi 16 jan 2015 à 22:17

    toujours les sectes ..... bouddhiste, juive, musulmane catholique (qui sont des sectes ayant réussi sans plus) ou autres...quand l'Homme se libérera t il de ses venins venu d'un autre age????