SYNTHESE-Le FN échoue, droite et gauche se gardent de tout triomphalisme

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    * Le Front national ne gagne aucune région 
    * Participation en forte hausse 
    * Sept régions à la droite, cinq à la gauche 
    * La gauche perd l'Ile-de-France après 17 ans de règne 
    * Le "front républicain" a fonctionné 
    * Le danger du FN n'est pas écarté, dit Valls 
    * Sarkozy promet un débat et des réponses 
 
 (Actualisé avec résultats) 
    PARIS, 13 décembre (Reuters) - Le Front national a subi un 
échec dimanche au second tour des élections régionales où ses 
candidats, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen en tête, se 
sont heurtés au "front républicain" socialiste qui a profité à 
la droite dans trois régions clés. 
    La consécration espérée par la présidente du FN en vue de la 
présidentielle de 2017 n'est pas advenue : premier dans six 
régions à l'issue du premier tour, le parti fondé par Jean-Marie 
Le Pen est nettement distancé au second tour.  L8N1420QI  
    Toutefois, à gauche comme à droite, un mois après les 
attentats du 13 novembre, les responsables politiques ont dit 
mesurer la progression sans précédent du Front national et ont 
assuré avoir entendu le message des urnes. 
    "Il faut apporter la preuve que la politique ne reprend pas 
comme avant", a ainsi déclaré le Premier ministre, Manuel Valls. 
    La présidente du FN, battue en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, 
s'est réjouie qu'en "triplant" ses conseillers régionaux, son 
parti devienne "la première force d'opposition". 
    "Nous sommes bel et bien entrés dans un bipartisme. (...) 
Maintenant le clivage ne sépare plus gauche et droite, mais les 
mondialistes et les patriotes", a-t-elle jugé. 
    La gauche l'emporte dans cinq des treize régions 
métropolitaines : Bretagne, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Bourgogne-Franche-Comté, 
Centre-Val de Loire. 
    La droite s'impose dans sept régions, dont l'Ile-de-France 
où Valérie Pécresse, en battant le président de l'Assemblée 
nationale Claude Bartolone, met fin à 17 ans de règne de la 
gauche. Elle est victorieuse également en 
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Pays de la Loire, 
Auvergne-Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, PACA et 
Normandie. 
    En Corse, droite et gauche sont battues par les 
régionalistes. 
     
    BOND DE LA PARTICIPATION 
    Les appels à la mobilisation de l'exécutif socialiste ont 
été entendus puisque la participation a enregistré un bond de 
quelque neuf points (près de 59%) par rapport au 6 décembre, 
particulièrement dans les trois régions où le Premier ministre 
Manuel Valls, en accord avec François Hollande, avait appelé à 
voter à droite pour faire barrage au FN. 
    Marine Le Pen est battue par le candidat de la droite Xavier 
Bertrand mais la présidente du FN progresse toutefois d'un point 
par rapport au premier tour avec quelque 42% des suffrages. 
    "L'Histoire retiendra que c'est ici que nous avons stoppé la 
progression du FN", a dit Xavier Bertrand. 
    En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, la nièce de la présidente du 
FN, Marion Maréchal-Le Pen, est défaite par le sarkozyste 
Christian Estrosi, qui a dit avoir lavé "l'affront national". 
    "Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs. (...) 
Ne les écoutez pas, il n'y pas de plafond de verre", a lancé la 
députée FN du Vaucluse. 
    Dans ces deux régions, les candidats socialistes, arrivés en 
troisième position, s'étaient désistés. En 
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, où le candidat socialiste 
Jean-Pierre Masseret avait refusé de se plier aux consignes de 
la direction du PS, Philippe Richert (Les Républicains) est élu 
face au vice-président du FN Florian Philippot. 
    Le dénouement dans ces trois régions est un satisfecit pour 
Manuel Valls qui, face au "ni ni" contesté de Nicolas Sarkozy 
(ni désistement, ni fusion avec les listes PS au second tour), 
avait fait prévaloir la doctrine, il est vrai elle aussi 
écornée, du "front républicain". 
    "Cet élan très digne est une injonction à en finir avec les 
petits jeux politiciens, les invectives, les sectarismes", a 
déclaré le Premier ministre.   
    "Ce soir, aucun soulagement, aucun triomphalisme, aucun 
message de victoire, le danger de l'extrême droite n'est pas 
écarté, loin de là", a poursuivi Manuel Valls. "Tout cela nous 
oblige à entendre davantage les Français", a-t-il dit. 
    Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a 
pris acte pour sa part d'"un succès sans joie" et a réclamé une 
inflexion politique vers la gauche.  L8N1420T0  
     
    "AVERTISSEMENTS" 
    La droite, qui entendait prendre une revanche éclatante sur 
l'humiliation de 2010, lorsqu'une vague rose n'avait épargné que 
l'Alsace, obtient un résultat en deçà du succès des 
départementales de mars, mais sa victoire en Ile-de-France 
éclipse un bilan mitigé pour Nicolas Sarkozy.  
    Ces résultats ne doivent "sous aucun prétexte, faire oublier 
les avertissements qui ont été adressés à tous les responsables 
politiques, nous compris", a dit l'ancien président. 
  
    "Il nous faut maintenant prendre le temps de débattre au 
fond des choses des grandes questions qui angoissent les 
Français" et d'y apporter des réponses, a-t-il ajouté, en 
insistant sur "l'unité dans la famille des Républicains". 
    L'aggiornamento demandé dimanche dernier par plusieurs 
responsables des Républicains à un Nicolas Sarkozy fragilisé 
aura donc des accents plus diplomates, mais il n'en ébranlera 
pas moins le parti. 
    Ainsi l'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui avait 
appelé le premier au débat le 6 décembre, a estimé qu'un débat 
sur le positionnement de l'ex-UMP était "vain" mais il s'est 
inscrit sans attendre dans la perspective de la présidentielle. 
    "Nous avons à tirer les leçons de ce scrutin. (...) Nous 
avons tous un devoir de lucidité", a dit le maire de Bordeaux. 
    Principal rival de Nicolas Sarkozy pour la primaire de 2016, 
il a affirmé sa "détermination", dans un quasi discours de 
candidat présidentiel, à "changer de cap". 
    Autre prétendant en lice, François Fillon a estimé que les 
régionales constituaient "le dernier avertissement avant 2017". 
    "Ce sursaut est un réconfort mais il n'efface pas le 6 
décembre qui reste le véritable baromètre de l'état du pays." 
 
 (Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • Berg690 il y a 12 mois

    C'est la moindre des choses ils ont tout deux perdus beaucoup de sièges.