SYNTHESE-La Russie envoie des renforts en Syrie malgré l'indignation

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    * Une escadrille de bombardiers serait déjà sur place 
    * Obama et Merkel parlent de "frappes barbares" 
    * Près de 350 morts en une semaine à Alep, selon l'OMS 
    * Lavrov assure que l'accord de cessez-le-feu tient toujours 
    * Kerry juge la poursuite des discussions "absurde" 
 
    par Dmitry Solovyov et Ellen Francis 
    MOSCOU/BEYROUTH, 30 septembre (Reuters) - L'armée russe a 
envoyé plusieurs bombardiers supplémentaires en Syrie, 
rapportent vendredi les Izvestia, malgré le tollé soulevé par 
l'offensive en cours à Alep, qui a fait 338 morts en une 
semaine, selon l'OMS. 
    Le président américain Barack Obama et la chancelière 
allemande Angela Merkel ont condamné jeudi "les frappes 
aériennes barbares de la Russie et du régime syrien dans l'est 
d'Alep", lors d'un entretien téléphonique.   
    Les forces syriennes appuyées par l'aviation russe ont lancé 
une vaste offensive dans les quartiers est d'Alep aux mains des 
insurgés après l'expiration, le 19 septembre, du bref 
cessez-le-feu négocié par Moscou et Washington. 
    Pour les puissances occidentales, qui parlent de crimes de 
guerre, les forces russes ont depuis délibérément bombardé des 
cibles civiles, des hôpitaux et des convois humanitaires pour 
briser la résistance des 250.000 habitants de la zone assiégée, 
le dernier grand centre urbain tenu par les insurgés.  
    Dès ses premiers raids en Syrie, il y a un an jour pour 
jour, l'armée russe "a frappé des zones civiles et elle utilise 
de plus en plus d'armes aveugles, y compris des bombes à sous 
munitions et des bombes incendiaires", s'est indigné Gareth 
Bayley, représentant spécial de la Grande-Bretagne pour la 
Syrie.  
    "La réalité aujourd'hui en Syrie est un cauchemar. Alep est 
à nouveau assiégée, des centaines de milliers de personnes sont 
à court de produits vitaux comme l'eau, le carburant et les 
médicaments. Des infrastructures civiles telles que des écoles 
et des hôpitaux, sont pris pour cible..." 
    Les habitants parlent, eux, de bombardements d'une intensité 
sans précédent et d'armes à fort pouvoir de pénétration qui 
détruisent entièrement les constructions.  
    A Moscou comme à Damas, on jure ne rien viser d'autres que 
les positions de "mouvements terroristes". Les combattants 
islamistes se seraient rendus maîtres de la capitale si la 
Russie n'était pas intervenue au côté du gouvernement syrien, a 
du reste affirmé vendredi Dmitri Peskov, porte-parole du 
Kremlin. 
     
    VICTOIRE DÉCISIVE 
    Selon les Izvestia, qui citent une source militaire russe, 
un escadrille composée de bombardiers Su-24 et Su-34 est arrivée 
sur la base syrienne de Hmeymime. 
    "S'il le faut, l'armée de l'air sera encore renforcée en 
l'espace de deux, trois jours. Des avions d'attaque au sol Su-25 
ont été sélectionnés pour être envoyés à Hmeymime et les 
équipages attendent les ordres de leurs commandants", a-t-on 
ajouté, poursuit le quotidien.  Le Su-25, un biréacteur blindé 
qui peut également être utilisé comme bombardier, s'est illustré 
dans les années 80 en Afghanistan. 
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a 
estimé vendredi que les termes de l'accord de "cessation des 
hostilités" conclu le 9 septembre avec les Etats-Unis tenaient 
toujours et a ajouté qu'il s'entretiendrait dans la journée avec 
son homologue américain, John Kerry. 
    Le secrétaire d'Etat avait jugé "absurde", la veille, de 
continuer à négocier avec Moscou en raison des bombardements 
"aveugles" qui ont lieu sur le terrain.   
    A Washington, on estime que la Russie a renoncé à la voie 
diplomatique parce qu'elle est convaincue qu'une victoire 
militaire décisive se dessine à Alep. 
    De violents combats ont éclaté vendredi dans le centre et au 
nord de la ville, où l'armée a repris le camp de réfugiés 
palestiniens d'Handarat pour la deuxième fois depuis le début de 
l'offensive.   
    Les forces gouvernementales affirment en outre avoir pris 
position autour de l'hôpital de Kindi, voisin du camp, ce que 
les rebelles contestent. L'état-major fait également état de 
succès dans le quartier de Souleiman al Halabi, au centre-ville, 
mais les insurgés disent avoir repoussé l'assaut.   
    Dans l'est, une station du système de distribution d'eau a 
été détruite, rapporte l'OSDH, qui en impute la responsabilité à 
l'armée. De source militaire syrienne, on assure en revanche 
qu'elle a été plastiquée par les rebelles, qui s'apprêtent à 
battre en retraite.  
     
    VOIR AUSSI 
    CHRONOLOGIE de l'accord de cessez-le-feu de Genève à la 
bataille d'Alep   
 
 (Avec Tom Perry, Angus McDowall, Lisa Barrington à Beyrouth, 
Eric Beech à Washington et Dmitry Solovyov à Moscou; 
Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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