SYNTHESE-La reprise des discussions syriennes repoussée au 9 mars

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    * De Mistura veut laisser à la trêve le temps de s'installer 
    * Assad parle d'une "lueur d'espoir" 
    * Il promet de respecter la trêve 
    * Damas et l'opposition s'accusent de la violer 
    * Le HCN pas informé de la reprise des discussions 
 
    par Tom Miles et Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 1er mars (Reuters) - L'émissaire de l'Onu Staffan de 
Mistura a repoussé au 9 mars, soit deux jours après la date 
prévue, la reprise des négociations sur le conflit syrien pour 
permettre la pleine mise en oeuvre de la trêve entrée en vigueur 
vendredi à minuit.  
    L'accord conclu sous l'égide des Etats-Unis et de la Russie 
a entraîné une nette accalmie, mais des violations ont été 
commises, selon les observateurs internationaux.  
    "Nous reportons (la reprise des discussions) à l'après-midi 
du 9 (mars)  pour des raisons logistiques et techniques et aussi 
pour laisser au cessez-le-feu le temps de s'installer", a 
déclaré Staffan de Mistura, interrogé par Reuters.   
    Parlant d'une "lueur d'espoir" cinq ans après le début de la 
guerre civile, le président syrien Bachar al Assad a promis de 
respecter la trêve, malgré les violations dont il accuse 
l'opposition. 
    "Nous remplirons notre part pour faire en sorte que tout 
cela fonctionne", dit-il lors d'un entretien accordé à la chaîne 
de télévision allemande ARD.  
    "Les terroristes ont enfreint cet accord dès le premier 
jour. L'armée syrienne s'abstient, elle, d'y répondre afin de 
donner à cet accord une chance de durer, mais il y a des limites 
et tout dépend de l'autre camp", avertit le chef de l'Etat. 
    Les négociations indirectes qui devaient s'ouvrir à Genève 
au début du mois ont été suspendues le 3 février avant même 
d'avoir commencé. Ajournées au 25 février, elles ont ensuite été 
repoussées une première fois au 7 mars.  
    Le Haut Comité des négociations (HCN), qui représente 
l'opposition, n'a pas été informé de la date de la reprise de la 
conférence de Genève et juge qu'aucune discussion sérieuse ne 
pourra avoir lieu tant que les clauses humanitaires de la 
résolution 2254 des Nations unies ne seront pas respectée, a 
déclaré mardi l'un de ses membres.  
    Son article 12 demande l'acheminement de l'aide humanitaire 
dans les zones assiégées et l'article 13 exige l'arrêt du 
bombardement des populations civiles. 
    Le HCN examinera l'offre de reprise des pourparlers sur la 
base de la situation sur le terrain, a poursuivi Riad Nassan 
Agha, qui dit avoir pris connaissance de l'échéance du 9 mars 
dans les médias.  
     
    DE MISTURA TROP "PRESSÉ" 
    "Quelque chose doit être accompli sur le terrain concernant 
la mise en oeuvre de la résolution du Conseil de sécurité pour 
que les négociations débutent sérieusement. Et, jusqu'ici, il 
semble que rien n'indique qu'elle soit bien appliquée", a-t-il 
déclaré à Reuters lors d'un entretien téléphonique.   
    Jugeant Staffan de Mistura trop "pressé", Riad Nassan Agha a 
lui aussi accusé les forces gouvernementales de violer la trêve. 
    Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, a rencontré mardi 
à Genève le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï 
Lavrov, avec qui il a évoqué la situation en Syrie. 
    Tous deux ont jugé "important d'avancer rapidement et de 
manière simultanée dans l'application de l'accord de cessation 
des hostilités, la fourniture d'une assistance humanitaire 
vitale aux civils, et la reprise des négociations politiques", 
dit l'Onu dans un communiqué. 
    Selon les Etats-Unis, aucune violation significative de la 
trêve n'a été signalée au cours de 24 dernières heures. "Les 
premiers résultats sont encourageants", a ajouté John Kirby, 
porte-parole du département d'Etat. 
    La veille, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc 
Ayrault, avait fait état d'"indications selon lesquelles les 
attaques, y compris aériennes, se poursuivent contre des zones 
contrôlées par l'opposition modérée".  
    L'accord de "cessation des hostilités" prévoit la poursuite 
de la lutte contre les mouvements djihadistes, notamment l'Etat 
islamique et le Front al Nosra, branche locale d'Al Qaïda, ce 
qui, aux yeux de Damas et de Moscou, justifie une bonne part des 
opérations militaires. 
    Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl 
Bogdanov a nié toute violation de l'accord. "Nous avons cessé de 
bombarder qui que ce soit depuis le début du cessez-le-feu", 
a-t-il assuré, ajoutant que les bombardements russes s'étaient 
poursuivis mais "pas sur des positions de l'opposition".  
     
 
 (Avec Lidia Kelly et Tom Perry, Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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