SYNTHESE-La Fed prépare le terrain à une hausse de taux en décembre

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WASHINGTON, 12 novembre (Reuters) - Plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine se sont employés jeudi à préparer le terrain à une hausse de taux en décembre, avec notamment William Dudley, un proche allié de la présidente Janet Yellen, qui pense que les conditions d'une normalisation de la politique monétaire seront "bientôt remplies" après sept années de taux proches de zéro. "Pour moi, le risque d'aller trop vite et celui d'aller trop lentement s'équilibrent pratiquement", a dit le président de la Fed de New York lors d'un discours prononcé devant l'Economic Club of New York. Dudley, qui a un vote permanent au sein du comité de politique monétaire (Fomc) de la Fed, a reconnu que la banque centrale devait "réfléchir soigneusement" avant de décider quel serait le bon moment pour commencer à relever ses taux. Mais sa petite phrase sur les risques "pratiquement équilibrés" traduit une évolution chez ce poids lourd de la Fed qui jusqu'ici disait, comme d'autres de ses collègues et Janet Yellen elle-même, qu'il valait mieux attendre et prendre le risque d'un regain d'inflation plus important que prévu plutôt que de relever les taux trop tôt et de casser la reprise. "Je ne suis pas partisan d'attendre de voir l'inflation dans le blanc des yeux", a-t-il dit, estimant qu'il était dans l'intérêt de la banque centrale d'agir vite pour ne pas être brusquée ensuite. A Washington, deux autres présidents d'antennes régionales qui s'étaient déjà prononcés en faveur d'une hausse de taux ont réaffirmé leur position. James Bullard, de la Fed de St. Louis, et son homologue de Richmond Jeffrey Lacker ont dit adhérer au consensus voulant que le rythme des hausses de taux ne soit que très progressif après leur envol ("lift-off") initial. "Le comité a été très clair sur le fait que le rythme de normalisation serait plus lent" que lors des cycles précédents, au début des années 2000 et au début des années 1990, a souligné James Bullard, qui n'a pas voté lors des réunions monétaires de cette année mais le pourra en 2016 à la faveur de la rotation habituelle des droits de vote au sein du Fomc. Plus prudent mais clairement minoritaire, Charles Evans, le président de la Fed de Chicago, a redit sa crainte de voir un resserrement monétaire menacer la reprise économique comme cela a pu se produire en Europe ou ailleurs par le passé. "Il est arrivé que certaines régions du monde aient cru pouvoir faire cavalier seul. Cet espoir d'être plus fort que les autres se termine souvent par une traînée de larmes, et cela me rend nerveux', a-t-il dit à Chicago. Janet Yellen a pris la parole de son côté lors d'une conférence à Washington mais elle ne s'est exprimée ni sur le calendrier du resserrement monétaire ni sur la situation de l'économie américaine. La semaine dernière, la présidente de la Réserve fédérale avait jugé possible une hausse de taux lors de la prochaine réunion du Fomc, les 15 et 16 décembre. (Howard Schneider, avec Ann Saphir à Chicago, Rodrigo Campos à New York et Lindsay Dunsmuir à Washington ; Juliette Rouillon et Véronique Tison pour le service français)

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