SYNTHESE-L'Iran veut la levée des sanctions le jour même d'un accord

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* Khamenei demande la levée des sanctions en cas d'accord final * Le président Hassan Rohani demande la même chose * Fabius : encore beaucoup de travail pour parvenir à un accord (Actualisé avec réaction du département d'Etat §14-15) par Parisa Hafezi ANKARA, 9 avril (Reuters) - Le dirigeant suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a exigé jeudi que toutes les sanctions frappant son pays soient levées dès la conclusion d'un accord définitif sur le programme nucléaire de la République islamique. Dans un discours diffusé en direct à la télévision, le guide de la révolution iranienne s'est exprimé pour la première fois sur l'accord-cadre conclu jeudi dernier à Lausanne après des mois de difficiles négociations entre l'Iran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Il a redit sa confiance dans l'équipe de négociateurs iraniens envoyée par le président Hassan Rohani mais, soucieux de ne pas heurter la frange la plus dure du régime, il a également mis en garde contre les intentions "diaboliques" des Etats-Unis. "Je ne soutiens pas cet accord et je ne m'y oppose pas. Tout est dans les détails et il se pourrait que l'autre partie cherche à nous tromper grâce à ces détails", a-t-il dit, réaffirmant que son pays ne cherchait pas à se doter de l'arme nucléaire. La publication, quelques heures après l'annonce de l'accord de Lausanne, d'un document américain témoignant de divergences avec la perception iranienne témoigne des intentions "diaboliques" des Etats-Unis, a-t-il estimé. "Ce qui a été réalisé pour l'instant ne garantit pas qu'un accord soit signé, ni même que les négociations aillent à leur terme", a poursuivi Ali Khamenei. "Les négociations avec les Etats-unis ne m'ont jamais rendu optimiste, cependant j'ai accepté les négociations et soutenu, et je continue de soutenir, les négociateurs." Le discours du guide suprême a été plusieurs fois ponctué par les cris de "Mort à l'Amérique". A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que les propos de Khamenei montraient qu'ils restaient encore beaucoup à faire pour parvenir à un accord définitif. "TRIOMPHE POUR L'IRAN" "Le guide suprême vient de faire des déclarations qui montrent qu'il y a encore beaucoup de travail à faire", a-t-il dit. "Nous allons maintenir la ligne que nous avons choisie dès le début -- une attitude constructive mais extrêmement exigeante." Le président Rohani, considéré comme un pragmatique et un modéré, a lui aussi demandé la levée immédiate des sanctions -- celles décidées par l'Onu, par les Etats-Unis et par l'Union européenne -- si un accord définitif est trouvé d'ici le 30 juin. "Nous ne signerons aucun accord si les sanctions ne sont pas levées le jour même (...) Nous voulons un accord gagnant-gagnant pour toutes les parties impliquées", a-t-il dit, également lors d'une allocution retransmise à la télévision. Depuis jeudi dernier, l'Iran et les Etats-Unis semblent avoir des interprétations différentes de certains points de l'accord, à commencer par le rythme et l'étendue de la levée des sanctions. "Notre objectif dans les discussions (avec les grandes puissances) est de préserver le droit au nucléaire de notre nation. Nous voulons un résultat qui profite à chacun", a déclaré Rohani lors d'une cérémonie organisée à l'occasion de la "journée nationale de la technologie nucléaire". Le département d'Etat américain a réaffirmé jeudi que la levée des sanctions ne pourrait s'accomplir que d'une manière progressive. "Compte tenu des paramètres sur lesquels nous nous sommes accordés, les sanctions seront levées en fonction des vérifications montrant que l'Iran respecte ses engagements particuliers", a déclaré Jeff Rathke, porte-parole du département d'Etat, refusant de commenter les déclarations des dirigeants iraniens. Les Etats-Unis ont déclaré lundi que le rythme de la levée des sanctions faisait encore partie des questions à négocier. ID:nL6N0X31P9 Notre principale avancée dans les discussions, a dit Hassan Rohani, a été le fait que le président américain Barack Obama ait reconnu que les Iraniens "ne céderaient pas au harcèlement, aux sanctions et aux menaces", ce qui "constitue un triomphe pour l'Iran". Les négociateurs iraniens, américains, allemands, français, britanniques, russes et chinois doivent reprendre leurs pourparlers dans les prochains jours. (Avec Sam Wilkin, William Maclean et Dan Williams; Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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