SYNTHESE-L'exécutif lance le chantier sécuritaire de l'après-attentats

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* L'armée appelée en renfort pour parer aux menaces * Un complice potentiel toujours dans la nature * Vers une commission d'enquête parlementaire sur les événements * Valls veut renforcer l'arsenal antiterroriste PARIS, 12 janvier (Reuters) - Le gouvernement a lancé lundi le chantier du renforcement des mesures antiterroristes après les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière, au lendemain du rassemblement en hommage aux victimes, le plus grand jamais recensé en France. Sans attendre la conclusion de ce travail législatif, l'exécutif a annoncé le déploiement de 10.000 militaires dans le cadre du plan Vigipirate, maintenu à son niveau le plus élevé, et il y aura plus de soldats sur le terrain dans le pays que dans les nombreuses opérations extérieures de la France. "Le président de la République a demandé aux forces armées de participer à la sécurité des points sensibles du territoire en raison de l'ampleur des menaces qui existent", a dit Jean-Yves Le Drian à l'issue d'une réunion. ID:nL6N0UR0ZF Un préfet a été chargé de coordonner la sécurité des 717 écoles et lieux de culte juifs en France ainsi que des lieux confessionnels potentiellement menacés, comme les mosquées, cibles de plusieurs attaques la semaine dernière. Ces lieux seront protégés par 4.700 policiers et gendarmes. Le danger n'a pas disparu, insiste le gouvernement. Le Premier ministre, Manuel Valls, a dit lundi sur RMC et BFM TV qu'un complice potentiel d'Amedy Coulibaly, auteur des meurtres d'une policière et de quatre clients juifs d'une supérette casher, était toujours recherché par la police. Selon les éléments de l'enquête révélés dimanche soir, un joggeur se trouve entre la vie et la mort après avoir été touché mercredi par des tirs que l'expertise balistique relie à une arme retrouvée dans la supérette après la mort de Coulibaly. En outre, une vidéo montrant le tueur de la supérette casher revendiquer ses actes "Ça montre bien l'ampleur de l'attaque que nous avons subie", a déclaré Manuel Valls. CARICATURES DE MAHOMET MERCREDI En outre, le prochain numéro de Charlie Hebdo, qui paraîtra mercredi prochain, comprendra des caricatures du prophète Mahomet, a annoncé lundi l'avocat de la publication. C'était la justification donnée par les frères Saïd et Chérif Kouachi pour expliquer leur attaque de mercredi dernier contre l'heddomadaire satirique qui a fait 12 morts. Au-delà de la situation sur le terrain, l'heure est aux réponses à apporter aux failles révélées par l'affaire, les trois malfaiteurs tués par la police ayant un lourd passé judiciaire et, pour les Kouachi, djihadiste. Le Premier ministre a jugé "légitime" la demande UMP d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur les circonstances qui ont permis les attentats. Sa constitution devrait être décidée mardi, le groupe socialiste s'étant déclaré prêt à s'associer à la demande. ID:nL6N0UR1WM Il a évoqué lundi de premières pistes pour renforcer la lutte contre la menace terroriste en France, tout en se montrant prudent sur l'idée d'un "Patriot Act". ID:nL6N0UR1LD "Il faut (...) réfléchir vite, pas dans quelques mois, réfléchir très vite aux dispositifs qui doivent être améliorés pour renforcer la sécurité de nos compatriotes", a-t-il dit. Deux pistes de réflexion sont prioritaires : le renseignement et la prison, pour laquelle il est envisagé d'isoler les détenus radicalisés. "On sépare un certain nombre d'individus qui présentent un danger pour d'autres qui arriveraient en prison, puisqu'ils souhaiteraient les radicaliser", a proposé Manuel Valls. PAS DE PROCÉDURES D'EXCEPTION Le directeur de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) teste depuis la mi-octobre un regroupement des islamistes radicaux, pour voir si un tel "découpage" peut juguler la contagion. La chancellerie a lancé un appel d'offres pour entraver le discours radical et accompagner ses victimes. Ce travail irait de pair avec celui sur le renseignement, pour lequel Manuel Valls a promis "davantage de moyens" humains, ainsi que la prise en compte des "problèmes de lois ou des problèmes juridiques pour améliorer encore la possibilité des systèmes d'interception, d'écoutes". Il s'est toutefois montré réservé lundi sur l'idée d'un "Patriot Act" à la française proposé par la droite française, référence aux mesures prises par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. "Attention à toutes les procédures d'exception", a-t-il dit en invoquant "ce qui s'est passé quelques années après en Irak", pays envahi en 2003 par une coalition sous commandement américain et qui a ensuite sombré dans le chaos interreligieux. Il a enfin rappelé qu'il était nécessaire d'améliorer la "prévention", pour éviter que de jeunes gens soient tentés par un départ en Irak ou en Syrie, sans donner de mesure précise mais en définissant une priorité : "travailler sur internet". Sur le plan politique, François Hollande et son gouvernement peuvent se montrer satisfaits du succès de la manifestation de dimanche et la gravité de l'heure pourrait inciter la majorité à se montrer plus unie sur les textes économiques qui viennent au Parlement, comme la loi Macron portant notamment sur l'extension du travail du dimanche. ID:L6N0UR384 (Service France, édité par Yves Clarisse)

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